La vieille affaire du réseau pédophile de Westminster fait depuis quelque temps à nouveau la une des médias britanniques, mais cette fois c’est à propos de la condamnation à 18 ans de prison d’un faux accusateur. Nous avions plusieurs fois évoqué en 2015 dans Présent cette sombre affaire de crimes pédophiles qui auraient été commis sur de jeunes garçons par des membres de l’establishment britannique des années 1970 aux années 1990. La police avait été accusée à plusieurs reprises d’avoir couvert les agissements de ces homosexuels des hautes sphères portés sur les mineurs. De grands médias, tels la BBC et Sky, avaient publié des reportages mettant en cause des gens importants et montrant comment ils avaient pu être protégés. En novembre 2014, Scotland Yard avait ouvert une nouvelle enquête, l’opération Midland, portant même sur des cas d’enlèvement, de torture et de meurtre d’enfants. Cette enquête était motivée par les accusations d’une victime supposée, désignée par le pseudonyme de Nick, qui affirmait avoir été sexuellement exploitée par ce réseau dans les années 1975-1984 et avoir assisté à trois meurtres d’enfants. Nick accusait nommément des personnages aussi importants que Leon Brittan, ancien ministre de l’Intérieur de Margaret Thatcher et ancien commissaire européen, et Lord Bramall, héros du débarquement de Normandie et ancien chef d’état-major. Dans les 18 mois qui ont suivi, les contradictions de « Nick », Carl Beech de son vrai nom, n’ont pas arrêté la police du Grand Londres chargée de l’affaire. Des perquisitions ont été menées, et de grands noms traînés dans la boue, y compris celui d’un Leon Brittan alors mourant et d’un Edwin Bramall que l’on sait aujourd’hui complètement innocent. Le 26 juillet dernier, Carl Beech était condamné par un juge à 18 ans de prison pour avoir perverti le cours de la justice car il avait en fait inventé son histoire de toutes pièces. Il a également été condamné pour possession de photographies à caractère pédophile. Des voix s’élèvent de toutes parts pour demander des comptes aux enquêteurs incroyablement crédules de Scotland Yard, et l’on se demande aujourd’hui si les scandales mettant au contraire en cause le manque de réaction de la police face à l’exploitation sexuelle de mineures blanches par des réseaux pakistanais n’ont pas joué un rôle en créant chez les autorités une culture du culte de la victime, qui doit forcément être crue. Et puis cette fois, les personnes visées par les accusations étaient des hommes blancs, et c’était donc plus facile. La question plus gênante Peu de médias britanniques posent aujourd’hui une autre question, peut-être plus gênante : puisque la condamnation de cette fausse victime semble enterrer définitivement le scandale du réseau pédophile de Westminster, les policiers n’ont-ils pas été sciemment encouragés à croire le fameux « Nick » justement pour discréditer toutes les autres accusations très gênantes et tordre le cou à cette affaire qui refaisait régulièrement surface depuis les années 1980 ? Ainsi, par exemple, si le fils de Lord Janner, un ancien député travailliste mis en cause par Carl Beech et décédé en décembre 2015, exige du ministre de l’Intérieur Priti Patel un rapport d’enquête public sur les erreurs commises par la police dans l’opération Midland, son père était en fait accusé par au moins 30 hommes pour des abus sexuels qu’il aurait commis sur eux quand ils étaient garçons entre les années 1950 et 1980. Janner n’a échappé à un procès que grâce à son diagnostic de maladie d’Alzheimer posé en 2009, ce qui ne l’empêchait pourtant pas de continuer de siéger et voter au Parlement ! Et quid de la photographie qui aurait été prise en 1986 dans le cadre de l’Operation Orchird menée par Scotland Yard, sur laquelle on voyait paraît-il Leon Brittan et Cyril Smith, pédophile notoire du Parti libéral-démocrate, entrer dans une maison où se tenaient, selon la police, des orgies homosexuelles avec des garçons mineurs ? Des accusations qui n’avaient rien à voir avec le fameux « Nick ». Quid des nombreux dossiers curieusement perdus, soit 114 dossiers concernant des affaires de pédophilie compromettantes pour les élites du royaume dont la disparition a été constatée lors d’un contrôle interne du ministère de l’Intérieur en 2013, parmi lesquels un dossier confié à Leon Britton lui-même en 1984 quand il était ministre de l’Intérieur ? Et l’enquête officielle toujours en cours, mais qui ne semble pas vouloir avancer, sur la couverture passée des affaires de pédophiles impliquant les élites politiques ? • Photo : La condamnation de Carl Beech met-elle un point final à l’affaire du réseau pédophile de Westminster ?
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Parmi les docteurs juifs, Gamaliel était le chef d’une école (Hillel) plutôt libérale. Il reprochait aux juifs les abus dans le recours au divorce, il les encourageait à entretenir de bons rapports avec les étrangers et s’intéressait même aux lettres grecques. Ouverture d’esprit à relativiser cependant : l’un de ses disciples était Saul et il brillait dans la persécution des chrétiens. Lorsque les apôtres furent une nouvelle fois arrêtés à Jérusalem il eut la sagesse et le courage d’intervenir : « Ne vous occupez plus de ces hommes et laissez-les, car si cette entreprise ou cette œuvre est des hommes, elle se dissipera ; si elle est de Dieu, vous ne pourrez la détruire et prenez garde que vous ne soyez trouvés faisant la guerre à Dieu. » Il était pharisien, il pouvait sans risque le dire. D’ailleurs, il ne se compromettait pas. Après cet épisode, on perd sa trace. Il meurt avant le sac de Jérusalem en 70. La tradition chrétienne affirme qu’il s’est converti. On retrouva ses reliques avec celles de saint Etienne, le martyr de Saul, et de saint Nicodème, son parent, chassé par les juifs. •
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Suite au courrier des lecteurs publié le 30 juillet, voici quelques références communiquées par Olivier Pichon. Wikipédia, page « Démographie de l’Allemagne » : Au 31 décembre 2018, l’Allemagne comptait environ 83 019 200 d’habitants, soit 227 000 de plus sur un an. C’est le solde migratoire positif de 387 000 personnes qui est, comme depuis des décennies, le principal facteur de la hausse démographique. Ce niveau de population est un record dans l’histoire du pays malgré un solde naturel qui continue d’être négatif, et ce malgré un sensible rebond de la natalité. Le pays est caractérisé depuis des décennies par un taux de fécondité très bas et une dénatalité chronique ; néanmoins 2016, 2017 et 2018 confirment une tendance à la remontée de la fécondité observée depuis 2014, le pays semblant avoir enclenché une dynamique ascendante. Ce regain de natalité est surtout dû aux mères étrangères qui avaient, en 2016, une fécondité de 2,28 enfants par femme, contre 1,46 pour les mères de nationalité allemande. Site de l’OFCE : D’après les projections démographiques retenues par la Commission européenne, l’Allemagne devrait perdre plus de 15 millions d’habitants d’ici 2060 et la France en gagner un peu moins de 9. Vers 2045 les deux pays devraient avoir des populations identiques (un peu moins de 73 millions d’habitants) et en 2060 la France compterait environ 7 millions d’habitants de plus que l’Allemagne (73 millions contre 66). La Croix: Au creux de la vague en 1995, [le taux de natalité] était tombé à 1,25. En 2011, il était encore à 1,34. « Mais, il s’agit d’une progression durable », se réjouit Sebastian Klüsener, de l’Institut Max-Planck pour la recherche démographique. L’une des principales raisons provient de l’immigration. Sur les 792 100 enfants nés en 2016 (+ 7 % par rapport à 2015), près de 185 000 avaient une mère étrangère. Cela représente une progression de 25 % par rapport à l’année précédente. Parmi elles, les Syriennes, nationalité fortement représentée chez les réfugiées, ont mis au monde trois fois plus de bébés qu’en 2015. Du côté des femmes allemandes, si les chiffres sont plus modestes, ils sont également en augmentation de 3 % (607 500 naissances). En effet, depuis une dizaine d’années, le pays a mis en place une politique familiale volontariste. Une nouveauté outre-Rhin où, depuis la Seconde Guerre mondiale et les traumatismes du nazisme, l’Etat s’interdisait toute incitation à la natalité. Ce sont les statistiques démographiques qui, au tournant des années 2000, ont provoqué une onde de choc : si rien n’était fait, le pays risquait de perdre deux millions d’habitants à l’horizon 2020. •
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Le gouvernement des juges ne cesse de renforcer son pouvoir. Notamment, de façon spectaculaire, au niveau européen, comme l’a démontré, dans un éclat impérial, le récent arrêt de la Cour de Justice de l’Union européenne, censurant, « pour la première fois de son histoire » un arrêt du Conseil d’Etat. Il s’agit, estime l’avocat spécialisé en contentieux fiscaux Jérôme Turot dansLe Figaro du 25 juillet, « d’un tournant majeur de l’histoire de L’Union européenne ». Un tournant qui constitue un pas de plus, mais celui-ci particulièrement décisif, vers l’installation de la Cour de Justice de l’Union européenne en instance suprême des Etats européens. L’aboutissement d’un processus subreptice mais progressif. De la Cour suprême aux tribunaux d’arbitrage On amuse les peuples avec le spectacle électoral et bavard du Parlement européen, efficace entreprise de diversion. Mais derrière ce décor en stuc et trompe-l’œil aux lignes fuyantes, les vrais constructeurs de l’UE supranationale s’activent en toute discrétion. Avec, en pointe de cet escadron de taupes subversives creusant les soubassements des nations avec leurs textes de loi, les juges de la Cour de Justice et leurs arrêts destructeurs. Grâce à l’active complicité de magistrats français, vecteurs zélés de la même idéologie, le mal rongeur des campagnols en hermine s’étend irrémédiablement sur notre pays. Cette décision bruxelloise nous ramène bien sûr à bride abattue au Ceta et autres traités mercantiles du libre échangisme. Dans cette affaire, nous explique Maître Turot, « la Cour de Justice s’est érigée en juridiction d’appel, devant laquelle des sociétés multinationales ont pu intenter un recours, relayé par la Commission européenne… ». Grâce aux fameux tribunaux d’arbitrage tant prisés par les multinationales. Des tribunaux dont les verdicts, le plus souvent en faveur des intérêts privés, battent en brèche et bafouent la souveraineté des Etats nations. Un pouvoir abandonné aux juges par des hommes politiques pusillanimes et velléitaires, de plus en plus affaiblis par leurs promesses non tenues, leurs manques de résultats, leurs frasques mensongères, leur démagogie, leur pitrerie médiatique et désormais la formidable défiance qu’ils inspirent, amenuisant ainsi de façon mortelle l’autorité initialement attachée à leurs fonctions. C’est cette UE mercantiliste, tout entière dans la globalisation libérale, dont rêve Emmanuel Macron et qu’incarne désormais la cavalière Ursula Von der Leyen, très à cheval sur « l’ordolibéralisme » cher à Angela Merkel. Macron peut se targuer d’avoir largement contribué à faire élire la nouvelle présidente de la Commission européenne et celle-ci l’en a remercié mardi 23 juillet, en lui consacrant sa première visite officielle. « Nous avons un chemin commun pour l’Europe ». Celui, semé de roses (quoiqu’un peu défoncé ces dernières années), de la mondialisation heureuse ? Et son raccourci plus abrupt vers le fédéralisme à l’allemande ? Vers l’impérialisme chinois ? Mais il y a aussi les fameuses routes de la soie sur laquelle notre président n’enregistre pas les mêmes succès. Ce même 23 juillet où il paradait euphorique au côté de la très classieuse Mme Von der Leyen en haut des marches de l’Elysée, une autre de ses candidates, Catherine Geslain-Lanéelle, moins heureuse, essuyait un revers plutôt humiliant dans sa tentative ratée de présider la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture). Donnée largement favorite, Mme Geslain-Lanéelle a pourtant été finalement sévèrement battue par le représentant chinois, Qu Dongyru : 104 voix contre 71. Une « raclée » ont estimé certains éditorialistes de la presse étrangère. L’enjeu n’était pas négligeable puisque la FAO joue un rôle déterminant dans l’élaboration des normes sanitaires. « Pour l’Empire du Milieu, qui a l’impérieux besoin d’importer une partie de ses denrées alimentaire, la “signature” d’unestructure de l’ONU constitue un atout majeur. » Et pour emporter le morceau, les Chinois n’ont pas hésité à tordre le bras des pays qu’ils ont financièrement vassalisés. Cette nouvelle victoire rentre dans la stratégie de conquête des organismes internationaux conduite par Pékin. Il y a quelques mois, lors de son emprisonnement – accusation de corruption portée contre lui par les autorités de son propre pays –, le grand public découvrait avec ahurissement que le directeur d’Interpol, dont le siège se trouve à Lyon, était un Chinois : l’honorable monsieur Meng Hongwei. Il en est ainsi pour bien d’autres organismes internationaux. L’enchanteur pourrissant Du péril jaune, passons aux gilets de la même couleur. Même très essoufflé, même embourbé dans d’innombrables contradictions, même numériquement décimé, le mouvement des Gilets jaunes bouge encore. Après plus de huit mois de manifestations – première mobilisation le 17 novembre 2018 – combien seront-ils ce samedi 3 août à descendre dans la rue pour un trente huitième épisode ? Quelques poignées d’irréductibles sans doute, mais encore suffisants pour que le feu allumé en novembre dernier ne s’éteigne pas complètement et garde sous la cendre brûlante une possibilité de repartir à l’automne prochain. Macron l’a prudemment constaté lui-même : « Je ne pense pas que cette crise soit derrière nous. » Certes, il l’a plus ou moins bien maîtrisée en lâchant du lest (17 milliards à bon ou mauvais escient) et en jouant surtout la carte du pourrissement. Mais le pourrissement d’un conflit qui se prolonge, quand il n’est pas totalement éradiqué, peut aussi, à terme, contaminer le pourrisseur. L’Enchanteur pourrissant,œuvre de Guillaume Apollinaire, écrite par le poète à l’âge de dix-huit ans : un titre pouvant aussi devenir celui de l’acte II du macronisme ? Les voleurs d’avenir Au sein du mouvement désormais groupusculaire (avant de redevenir masse ?), les crépusculaires black blocs continuent néanmoins leur violence nihiliste, de plus en plus souvent renforcée ces derniers jours par la colère de certains agriculteurs et éleveurs. Ces derniers, pour protester contre le Ceta et autres Mercosur, prennent pour cible les permanences d’élus LREM ayant majoritairement voté ces traités. Neuf d’entre eux ont toutefois voté contre et 52 se sont abstenus. Dissension en vue ? Pour les autres, « Un vote de merde, une benne de merde » proclamaient samedi dernier des banderoles « déployées autour d’un tas de fumier déversé à Thuir » devant la permanence d’un élu macroniste des Pyrénées-Orientales. Et plus radical encore : « Ils cassent nos fermes et notre avenir, nous cassons leurs boutiques. » Dangereux processus d’exaspération et de désespoir. Vous avez dit désespoir ? 44 policiers se sont suicidés depuis le début de l’année, dont cinq en une semaine le mois dernier. Le record de 2018 – 32 chez les policiers, 9 chez les gendarmes – est d’ores et déjà battu. Des représentants de l’ordre devant affronter une criminalité exponentielle avec toujours moins de moyens et toujours plus de contraintes. Faire face à des délinquants toujours plus protégés par des lois scélérates formatées dans la matrice des droits de l’homme, donc rendus toujours plus audacieux, n’hésitant plus à agresser, parfois de façon meurtrière, des forces de l’ordre affaiblies elles par ces mêmes textes de loi destinés à les mettre sous haute surveillance. Des policiers et des gendarmes trahis par les législateurs, abandonnés par leur hiérarchie, diffamés par les médias, en proie à la vindicte idéologique d’une partie de la magistrature, et maintenant au lynchage des justiciers masqués et hystériques des réseaux sociaux. Exemple à Nantes, l’affaire Steve Maia Caniço où l’on voit une gauche qui n’a plus rien à dire se joindre de manière méprisable aux lyncheurs de flics pour essayer d’exister. Une vague de suicide dans laquelle le gouvernement des juges, en réduisant les défenseurs de l’ordre au rôle de punching-ball, porte sa part de responsabilité. Tout comme, dans l’inexorable montée d’une violence désormais endémique, revenant en boomerang dans la figure de ceux qui l’ont laissée se développer. Fureurs suicidaires d’une société hurlant son agonie ? Un suicide organisé et assisté par des hommes de loi qui, forts de ces succès, veulent maintenant délivrer les arrêts de notre destin politique. •
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Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères du gouvernement Macron, est présentement en tournée en Amérique latine. Lundi 29 juillet, il devait rencontrer le président populiste brésilien Bolsonaro. Cependant, peu avant sa tenue, le rendez-vous fut annulé par le président brésilien, « pour des raisons d’agenda ». Stupéfaction du Quai d’Orsay quand il découvrit par les images des réseaux sociaux que Bolsonaro avait remplacé son entretien avec Le Drian par une séance chez son coiffeur. Bolsonaro avait montré plus tôt dans la journée son peu d’enthousiasme et un certain cynisme en évoquant cet entretien : « Le Premier ministre français, si je ne me trompe pas, vient pour traiter de problèmes tels que l’environnement. Il ne devra pas me manquer de respect. Il devra comprendre que le gouvernement au Brésil a changé. La soumission des précédents chefs d’Etat envers le premier monde n’existe plus. » Il est certain qu’à force de traiter le président brésilien de monstre d’extrême droite et de destructeur de la planète, l’attitude du bouillant Bolsonaro envers le représentant du gouvernement français était à prévoir. Une attitude choquante du point de vue français, certes. Pour autant, devons-nous nous sentir solidaires des représentants de cette France-là ? Cette France mondialiste et méprisante, aussi bien des Français que des autres nations, des Macron, Castaner, et autres bras cassés qui l’entourent ? Photo : Jean-Yves Le Drian ne comprend pas qu’on passe du temps chez le coiffeur.
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Rien de plus naïf que certains chasseurs d’autographes. Qui ne connaît les lettres que Vrain-Lucas a fournies à Chasles au XIXe siècle ? Le célèbre mathématicien collectionna ainsi des lettres de Molière, de Racine, de Pythagore, d’Alexandre le Grand à Aristote, de Lazare à saint Pierre ou de Cléopâtre à Jules César, et même une lettre de menace de Caïn à Abel ! Celles que concocte Lee Israël (Melissa McCarthy) dans Les Faussaires de Manhattanne sont pas du même acabit, tant s’en faut. Elles dénotent même un indéniable talent, qui explique sans doute pourquoi le spectateur se laisse prendre au jeu de cette femme désagréable, mal embouchée, dont l’alcoolisme ne fait qu’aiguiser l’esprit caustique. Enfin, elle aime les chats, elle ne peut être totalement mauvaise ! Ce n’est pas d’emblée que Lee, auteur de biographies qui a eu son heure de gloire mais voit son public la lâcher, en arrive là. Elle perd son job alimentaire de journaliste, n’arrive plus à payer ni son loyer ni le vétérinaire pour sa chatte malade. Son agent – car nous sommes aux Etats-Unis, où tout passe par un agent littéraire – ne lui donne plus signe de vie. Lui vient alors l’idée de vendre une lettre qu’elle a reçue de Katharine Hepburn, et le prix qu’elle en tire est une bonne surprise. Le sort veut qu’elle trouve une autre missive signée dans un livre qu’elle compulse à la bibliothèque : elle la subtilise et la vend également. Elle est sur la mauvaise pente… et se refait une santé financière en écoulant une « production » de lettres d’auteurs célèbres, comme Dorothy Parker ou Noël Coward, tous deux connus dans le monde anglo-saxon pour leur humour et leur esprit. Elle se fait aider dans son entreprise par un ami homosexuel comme elle, Jack (Richard E. Grant), lui aussi dans la dèche. Mais comment ne pas se faire prendre ? L’histoire s’inspire de faits vrais. A sa manière, Lee « honore l’écrit » par ses pastiches piquants et avoue y avoir pris un véritable plaisir. Le film s’amuse à montrer l’envers d’un monde littéraire new-yorkais peu reluisant, certes, mais le fait sans outrance ni lourdeur. • Photo : Lee en plein « travail ».
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Normandie 1944 Normandie 1944, ce superbe numéro qui tient de l’album est consacré à « Utah, la plage stratégique ». C’est ce qu’on appelle un mook (contraction de « M » pour « magazine » et de book pour « livre »). Au sommaire de ce numéro 2 – le numéro 1 avait pour thème : « Bastogne à la veille du choc » –, le Cotentin en feu, Utah Beach, secteur clef de l’assaut général, la Royale devant Utah Beach, les batailles de Carentan et de Cherbourg, etc. Dire qu’on a là, avec une profusion de documents, de cartes, de photos rares, tout ce qu’il faut savoir sur le sujet, serait encore peu dire. Un retour sur le terrain, au ras des pâquerettes, des enquêtes, des reportages, des témoignages. Vous pensiez tout savoir ou presque sur ce qui a précédé le D-Day, le D-Day lui-même et ce qui a suivi le D-Day ? Lisez ce numéro de Normandie 1944, procurez-vous le numéro 1 précédemment paru et retenez dès à présent le numéro 3 à paraître à la rentrée. (Normandie 1944, Weyrich, mook1944.com.) Le Figaro hors série Centenaire du Goncourt de Proust oblige : le dernier Figaro hors série est dévolu à ce géant de la littérature qui fait partie du club des trois, James Joyce et Céline : on n’avait jamais écrit « comme ça » avant eux, on n’a plus jamais écrit « comme ça » après eux. On a parfois l’impression que tout a été dit – et surtout écrit – sur Proust. On se trompe. Et on aimera ce hors-série qui montre combien la recherche du temps perdu est aussi une recherche de l’art sous toutes ses formes. Quand on lit Proust, par-delà la petite musique inimitable, on se promène avec Botticelli, Poussin, Giotto, Bellini, Véronèse, Vermeer, Carpaccio, et aussi Reynaldo Hahn, Léon Delafosse, Halévy, Bizet, Morand, Montesquiou, Anna de Noailles, Lacretelle, Cocteau, Léon Daudet (qui ferrailla dur pour que A l’ombre des jeunes filles en fleurs ait le Goncourt 1919), etc. Avant de partir pour Cabourg pour goûter aux délices du restaurant du Grand Hôtel (avec ses madeleines au miel d’acacia), un saut – avec le mag dans mes impedimenta – à Illiers-Combray où continue de battre le cœur d’un enfant qui gravissait le grand escalier de Tante Léonie en ravalant ses larmes… (En vente en kiosque.) Synthèse nationale A signaler d’entrée de jeu, un grand entretien avec Jean Raspail, ce qui est toujours un événement et un moment de haute intelligence. Il y a d’ailleurs dans ce numéro, en grande partie consacré à cette Europe qui nous veut du mal, nombre de personnalités, outre notre Raspail donc, qui ne se sont pas couchées hier et qui ne se couchent pas aujourd’hui devant l’idéologie dominante, Alphonse de Châteaubriant, Guillaume Faye, les Brigandes, Docteur Merlin, etc. Toujours délectables, les « Pages du Marquis », concoctées par Jean-Paul Chayrigues de Olmetta, fin observateur de l’écume des jours (et parfois des êtres…). On pourra regretter en revanche, mais ce n’est que mon avis et sur ces points-là je ne bougerai jamais, la recension complaisante d’un livre du sinistre – à tous les sens du mot – Edouard Limonov, étiqueté « national-bolcheviste » mais qui n’est rien d’autre qu’un bolcho de la pire espèce qui rêve – et c’est un cauchemar pour les peuples libres – de reconstituer l’URSS. A combattre sans états d’âme ! (Synthèse nationale, 9, rue Parrot, 75012 Paris.) La Nouvelle Revue universelle « Pierre Debray est de retour » annonce en une la dernière livraison de La Nouvelle Revue universelle. Je ne suis pas sûr que ce nom parle encore à beaucoup de gens et encore moins que ce retour supposé ait un quelconque intérêt. Mais, direz-vous peut-être, bonne occasion de découvrir ce Debray dont la revue semble faire grand cas. Comme nombre des contributeurs de ce dossier (Gérard Leclerc par exemple qui montre à l’égard des mairies naguère administrées par les communistes une complaisance surréaliste), j’ai connu et côtoyé Pierre Debray. Et alors ? Je dois avouer que je n’ai jamais « accroché » avec ce personnage, qui postillonnait beaucoup, mais qui, infiniment plus rédhibitoire à mes yeux, avait été membre de deux officines communistes, le Mouvement de la paix et l’association France-URSS. Il était revenu enthousiaste d’un voyage en Union soviétique et énamouré de Staline. Ce que je n’ai jamais digéré, c’est qu’il ait témoigné à charge, avec toutes les crapules rouges contre Kravchenko, l’auteur de J’ai choisi la liberté. Debray est devenu maurrassien par la suite ? Bof… (La Nouvelle Revue universelle, 1, rue de Courcelles, 75008 Paris.)
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Les dents de la mort ! Si, comme ma copine Caroline Parmentier, vous aimez les films dans lesquels des grosses – ou petites – bêtes ont la gnaque et vous rétament en un temps record tout ce qui bouge, vous êtes à la bonne place avec ce film survival de l’été signé par le français Alexandre Aja. Quand un ouragan de force 5 s’abat sur sa ville natale de Floride, Hayley (Kaya Scodelario), ignorant les conseils de précaution, part à la recherche de son père qu’elle retrouve grièvement blessé dans le sous-sol de la maison familiale. Un sous-sol où l’eau monte à la vitesse d’un TGV. Mais ça, à côté de ce qui les attend, c’est de la gnognotte. Et pour cause… L’eau ne cessant de monter et d’envahir la cave, voilà-t-il pas que des alligators au cuir dur et plus affamés que des piranhas anorexiques se pointent, tout « sourire » et tous chicots dehors aiguisés comme des lames de rasoir et prêts à vous découper comme un gigot-haricots. Et la fiesta commence. « Acré bon sang de bonsouer », comme on dit dans le Berry. Plus surpris qu’un bébé à qui on vient de piquer sa tétine, Hayley et son père, piégés comme des cerises dans un clafoutis, n’en mènent pas large. De quoi être figé comme un confit refroidi, d’autant qu’en moins de temps qu’un battement de cils, ils sont sur vous les bestiaux. Inutile de vous dire que pour le père et la fille, ça ne va pas être de la tarte ni du billard et qu’il va y avoir des cris à fêler une plaque de blindage. Dents pour dents ! Dans ce huis clos de série B à vous retourner comme une chaussette au fond de votre fauteuil, Alexandre Aja joue avec les codes du genre. Quant au spectateur – averti –, il en a pour son argent question frissons, émotions et sursauts à foison. Le cahier des charges est bien rempli, comme un estomac d’alligator. • Photo : La jeune fille et la mort en eau trouble.
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Le ministre de l’Enseignement supérieur algérien, Bouzid Tayeb, souhaite faire de l’anglais la première langue étrangère à l’université, au détriment du français. Pour de nombreux Algériens, la décision n’est pas que linguistique. «Le français ne mène nulle part», a déclaré, début juillet, Bouzid Tayeb. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique algérien […]
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Une étude pointe le manque de diversité au sein de certaines institutions culturelles, révèle « Le Figaro ». Bill de Blasio envisage des sanctions. Fier de la diversité des habitants de sa ville, Bill de Blasio compte bien l’étendre aux postes d’importance. Le New York Times, relayé par Le Figaro, révèle que le maire de […]
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