"Big bang de la gauche" : Clémentine Autain défie Jean-Luc Mélenchon

E&R
05/06/2019
28:44

"Big bang de la gauche" : Clémentine Autain défie Jean-Luc Mélenchon

C’est la position de Mélenchon sur Israël et le CRIF qui lui vaut cette mauvaise image dans les médias et la fronde de la tendance sioniste – ou antipopuliste ou antisouverainiste ou antinationale ou procommunautaire – de La France insoumise :

Mélenchon à 4’28 : « Si vous interrogez la bonne personne je suis hostile à tous les communautarismes, celui du CRIF est particulièrement agressif parce que non seulement il a des prétentions communautaristes que je ne supporte pas, que ce soit pour le CRIF ou n’importe quelle autre communauté. Conseil représentatif de quoi ? De rien du tout, des institutions qui n’existent pas. Bon c’est une association communautaire qui en plus manie un rayon paralysant, dès que quelqu’un ose dire quelque chose qui lui plaît pas, pouf vous voilà repeint en antisémite et on dit “vous n’êtes pas invité au dîner” ! Mais je m’en fous moi, j’ai pas envie d’y aller ! »

- La Rédaction d’E&R -

 

Après avoir critiqué la ligne populiste de La France insoumise, la députée plaide pour « un big bang de la gauche » dans une tribune au Monde.

Dans l’univers si discipliné de La France insoumise (LFI), cela ressemble à une déclaration de guerre. Ce mardi 4 juin, la députée « insoumise » Clémentine Autain appelle dans une tribune au Monde à un « big bang de la gauche » afin de « construire une espérance capable de rassembler et de mobiliser ».

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Formellement, cet appel ne fait aucune mention de Jean-Luc Mélenchon. Mais, un peu plus d’une semaine après la déroute de La France insoumise aux européennes (6,3 %), sa publication est bien une pierre jetée dans le jardin de l’ex-candidat à la présidentielle.

Au soir du dimanche 26 mai, alors que consigne avait été donnée d’éviter toute autocritique, Clémentine Autain avait déjà commencé à mettre en cause sur TF1 la stratégie de son mouvement. Le lendemain, dans un entretien à l’Obs, l’élue de Seine-Saint-Denis avait encore plus clairement critiqué la ligne politique de La France insoumise. Sur la forme : en critiquant la stratégie du « clash permanent et du ressentiment » et le recours au registre de « la haine » plutôt qu’à celui de « l’espérance ». Et sur le fond : en déplorant la ligne populiste et l’accent mis sur le clivage entre un « eux » et un « nous », un clivage « injuste et inefficace ». Autant de postures et de choix politiques expliquant selon elle pourquoi et comment Jean-Luc Mélenchon a pu chuter de 19,6 % des voix au premier tour de la présidentielle de 2017 à 6,3 % aux européennes du 26 mai.

Depuis cette interview, le débat s’est durci entre cadres et militants « insoumis ». D’un côté, les partisans d’une attitude plus ouverte à l’égard des autres formations de gauche ; de l’autre, les tenants de la ligne populiste et dégagiste pour qui l’usage du mot « gauche » n’est plus pertinent. Chaque camp étant bien sûr convaincu que sa ligne est à l’origine du joli score de 2017.

Le parti choqué par l’ampleur de la défaite

Dans un billet de blog publié le 1er juin, Jean-Luc Mélenchon a annoncé prendre un peu de temps pour analyser sa défaite et promis qu’il s’exprimerait sur son rôle futur après le jeudi 6 juin. Il a aussi souligné la vitesse avec laquelle sa collègue Clémentine Autain a soufflé sur les braises encore chaudes de la déroute du 26 mai : « Il est normal que chacun veuille vivre sa vie, faire entendre ses conclusions et déployer ses calculs si vite que ce soit. » Très critiquée ces derniers jours, la députée du 93 s’est elle aussi fendue d’une note de blog pour se défendre d’avoir « trahi » sa famille.

Une semaine après son constat, Clémentine Autain passe en tout cas à l’offensive en affichant ses soutiens. [...] On y retrouve des intellectuels comme le politologue Gaël Brustier, la journaliste Rokhaya Diallo ou le philosophe Etienne Balibar ainsi que les écrivains Annie Ernaux et Gérard Mordillat. Tout ce beau monde devrait se rassembler lors d’une réunion le 30 juin au cirque Romanès à Paris.

On remarque au passage qu’aucun des 16 autres députés de La France insoumise et des six eurodéputés « insoumis » fraîchement élus n’a souhaité apporter sa caution à l’initiative de Clémentine Autain.

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Le député PCF des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon est l’invitée de BFM TV :