Capitaine Marleau, série lesbienne progressiste pour public masochiste On va encore dire qu’on n’aime rien

E&R
15/04/2019
05:10

Capitaine Marleau, série lesbienne progressiste pour public masochiste On va encore dire qu’on n’aime rien

Ça s’appelle Capitaine Marleau, c’est une série française, ça passe sur France 3, et ça a fait des scores indécents, des scores à la TF1. Pourquoi parler de ça, la plupart des ERnautes se foutant de la télé (même s’ils regardent les émissions que l’on analyse) ? Ce qui est intéressant, politiquement parlant, c’est le contenu sémantique de la série, et plus précisément de l’épisode diffusé le 9 avril 2019.

7,7 millions de téléspectateurs. La direction a dû sabrer le champagne, au vu de l’audience moyenne maison. Le principe de Capitaine Marleau est simple : on mélange l’inspecteur Columbo (le gars qui a l’air d’un clochard mais qui assure en enquête) avec la gouaille parisienne (ou picarde), on injecte une dose de trash, une dose d’humour dans le scénario, on secoue, on rajoute des « guests » (invités), c’est-à-dire le carnet d’adresse de la réalisatrice, on filme vite, comme toujours avec la lesbienne de choc Josée Dayan, et on diffuse.

« Femme flanquée de grigris autour du cou, qu’elle triture avec des ongles rongés jusqu’au sang, en bonne anxieuse superstitieuse : “Normal, je suis un quart juive, un quart napolitaine.” Dans sa légende qui s’écrit, d’aucuns la comparent à Orson Welles, d’autres à Depardieu. » (Dayan par Libé)

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Jeanne & Josée cul et chemise

Résultat, entre 6 et 8 millions de téléspectateurs à chaque coup, soit un carton pour France Télévisions à faire baver la Une. On s’est donc intéressés au dernier épisode où de jeunes bimbos, des miss France locales, se font dessouder. Les invités de l’épisode 1 de la saison 3 sont l’actrice Jeanne Balibar (César de la meilleure actrice 2018 pour son rôle dans le biopic de Barbara), le chanteur Benjamin Biolay et la chanteuse Camille (récemment chopée en flag de plagiat ).

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Corinne, en chemise bûcheron Butch, ose engueuler la chanteuse Camille

On a relevé des répliques de Marleau, incarnée par Corinne Masiero, sur 10 minutes, soit une carotte de dialogues. On a étudié le jeu des personnages, le rythme de l’action, l’originalité des scènes, la dramaturgie. Il ressort de cet ensemble une très forte impression de faiblesse multi-caractéristiques, mais ça semble paradoxalement être volontaire. On s’explique : le jeu totalement « amateur », déglingué de l’actrice principale, qui semble en permanence n’en avoir rien à foutre de son job, reflète la série qui assume sa clochardisation scénaristique et réalisatrice. C’est du mauvais théâtre et ça pourrait se comparer à du Didier Super, qui fait de la mauvaise musique mais qui l’assume : Je chante mal et je vous emmerde.

Eh bien Corinne Masiero c’est la Didier Super de la série, elle joue mal, elle parle mal et elle nous emmerde. Le problème, c’est que ce foutage de gueule professionnel plaît aux Français, qui prouvent par là qu’ils sont devenus assez masochistes ou tout simplement incultes. Tout est branlant, faible, lent, mal écrit, mal joué (sauf Stéphane Debac, qui mérite mieux, et qui était excellent dans La Proie), ça sent le « c’est bien assez pour cette bande de ploucs », et ça marche, pire, ça court, ça vole !

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Stéphane Debac se demande ce qu’il fait dans ce naufrage esthétique

Il y a autant de différence entre une série de prestige – mettons Les Soprano – et Capitaine Marleau qu’entre une toile de Monticelli et une merde (au vrai sens du terme) d’art contemporain. On n’est pas en train de dire que Capitaine Marleau c’est de la merde, on compare.

Les scénaristes sont deux femmes pour cet épisode. Le pilote a été créé par une femme, Elsa Marpeau (Marleau/Marpeau, étrange non ?), qui écrit des polars pour la Série noire. Marpeau est souvent interrogée sur France Culture.

On a écouté toute l’émission du 10 juin 2017 et on s’est demandé comment on pouvait écrire une histoire avec aussi peu de matière, aussi peu de travail préparatoire. Le discours pauvre de Marpeau enfonce des portes de château, avec des gros symboles comme « les portes des enfers ». Et l’animateur qui relance ce néant scénaristique, comme s’il avait affaire à David Simon

« Y a l’idée en effet de créer un thriller mais qui est totalement psychologique… »

Ah, c’est donc ça : la psychologie remplace le travail. Astucieux !

Marpeau résume la vie de l’héroïne de son livre Les Corps brisés :

« Elle va se réinventer grâce à une autre femme… »

Bon, on a compris, c’est un film de femme comme on dit aujourd’hui à Cannes, et on rajoute paresseuse. C’est donc un film de femme paresseuse. D’ailleurs, l’espace lesbien Bagdam sur Facebook ne s’y est pas trompé : c’est un film cryptolesbien !

« Une enquêtrice totalement improbable dans le paysage audiovisuel, tellement hors genre, et qui nous est tellement familière… C’est plein de réparties marrantes, de clins d’œil, notamment lesbiens, c’est pas violent, c’est même tendre, c’est clairement féministe, l’hétérosexualité se fait discrète, ça couche pas (quel repos !), une belle complicité entre femmes dans l’épisode du 3 octobre ("Chambre avec vue"), et en plus, notre espiègle capitaine est une tronche cultivée qui résout ses enquêtes façon Agatha Christie, bref MERCI à Josée Dayan, la réalisatrice, à Corinne Masiero, formidable Marleau, et à Elsa Marpeau, la créatrice de la série, qui nous régalent (volontairement ?) d’une héroïne cryptolesbienne. »

Eh ben voilà, même pas la peine de se casser les noix à prouver que la série est bien une production progressiste qui applique à la lettre les injonctions (féminisme, antiracisme...) du mondialisme destructeur. Destructeur de la beauté (tout est moche dans Capitaine Marleau), de l’intelligence, de la finesse, de la transcendance… C’est une série au ras des touffes dont l’intrigue ne décolle pas et qui fait croire qu’elle est révolutionnaire par le ton relâché, on a failli écrire relâché comme un vieux sphincter du Marais mais c’est moche. Une révolution qui est surtout synonyme de dégradation esthétique. On brise les vieux repères artistiques, c’est bien de l’art contemporain appliqué à la fiction télé. Nous dirons de la fiction contemporaine.

Conclusion de l’analyse

La gauche sociétale (anciennement gauche caviar) essaye de s’approprier la gouaille populaire, celle d’Audiard (mais pas Boudard et encore moins Céline), le problème c’est que cette gouaille, ce parler populaire qui a fait le succès du cinéma français et qui le fait ressembler à aucun autre, eh bien ce franc-parler qui sent le bitume et l’esprit n’est pas de gauche, enfin pas de cette fausse gauche, et pas de droite non plus. La gouaille est de gauche mais de gauche du travail, et de droite des valeurs. C’est Gabin, c’est Blier, c’est Marielle.

Ça c’est d’l’écriture !

Or Capitaine Marleau met tout l’inverse en avant : la droite du travail (mépris de classe) et la gauche des valeurs (progressisme). Et pourquoi ça marche alors ? Par nostalgie et parce que pour le grand public, mieux vaut un mauvais ersatz que rien du tout, ou que Camping Paradis sur TF1.

Maintenant, passons à la gouaille foireuse de la gauche sociétale lesbienne.

La carotte de dialogues

Masiero  : « Et moi j’aurais aimé être belle et conne à la fois. »
« Mais les mots bleus, c’est pas censé rendre les gens heureux ? »
« Alors Didier, c’est quoi l’embrouille ? »
« Ah ouais, méchant trou de balle... »
« Donc vous vous ne croyez pas du tout à la thèse du suicide... »
« Tu sais pourquoi les belles meufs se font jamais péter l’caisson ? C’est pour éviter qu’y ait des dégâts sur la figure. »
« 4 000 euros ! Si c’est un braquage qu’a mal tourné ça veut dire qu’on a affaire non pas à des braquos mais à des branques. »

Debac, qui joue le subalterne de Marleau : « Capitaine, y a un gros problème, il y a 6 mois une fille a été retrouvée violée et étranglée dans un fossé près de Villemeureur [ville introuvable, NDLR]... »
Masiero : « Tous les trois jours y a une meuf qui meurt sous les coups de son mari... »

Pause ! Pour cette réplique Masiero-Marleau ne plaisante plus, on sent que ça fait partie du cahier des charges des fictions de France 3 que de dénoncer la violence des hommes. On est bien dans un film de propagande féministe.

Reprenons les répliques, toujours dans la bouche de Masiero...

« Tu vas me faire une liste de toutes les nanas qui étaient au concours de miss Mes couilles là ! »

Quelle audace dialoguistique !
Nous voici maintenant dans le studio radio où officie Jeanne Balibar. Guy Carlier joue le producteur de l’émission d’écoute psychologique (clin d’œil à Allô Macha). Masiero s’adresse au mâle blanc qui a un nom à rallonge ridicule, un sale noble quoi :

« C’est pas Radio Caca vous ? »
« Ça tombe bien qu’vous soyez là parce que j’y bite que dalle dans les podcasts. »

Si Marleau se moque allègrement des hommes, tous dominés dans la série, elle ne va pas au bout de son humour antimasculin avec tous : elle ne se moque pas du jeune gendarme noir par exemple.

Au bout de 9’53, la moisson de clichés est telle qu’on a du mal à se dire qu’on va pouvoir finir les 1’34’26, comme en montagne lorsqu’on en chie dès le départ et qu’on n’a pas fait le 10e de la course… Tout le dur reste à faire !

Autre preuve de féminisme outrancier : Marleau ne déconne plus – elle souffre d’empathie féministe – quand le médecin légiste dévoile le corps de la jeune femme assassinée. Y a des choses qu’on peut railler, d’autres pas. Verstanden ?

Scène où Marleau fait de la gym ridicule sur la plage. Le guest Benjamin Biolay prend des photos. Le chanteur soporifique n’est pas là par hasard : c’est lui qui a insulté Nicolas Dupont-Aignan pendant l’entre-deux tours de la présidentielle 2017 :

« À tes risques et périls petite teupu. Tu vas le payer cher #ToutSaufLeFN »

Tout est cliché, vulgarité. On entend deux extraits en off de l’émission de radio : d’abord l’appelant qui s’est coincé la queue dans la braguette, puis un homme qui quitte sa famille pour vivre avec un homme qui bosse dans les moissonneuses batteuses... Rions de la castration masculine et encourageons l’homosexualité !

À 13’03 on a relevé cette phrase de Marleau, qui achève la démonstration :

« Non mais oh, et l’budget ? On n’est pas dans une série télévisée américaine là hein ! »

On s’en était rendu compte. On n’est pas non plus dans une série française, on est dans une abominable série progressiste, médiocre dans la forme, médiocre dans le fond. Populaire n’est pas vulgaire !
Pauvre service public audiovisuel, affaibli par le virus mondialiste, et pauvre public, qui assiste sans gueuler à la mort de la Culture nationale. Mais n’accablons pas le public, qui n’a droit qu’à une offre en magasin : la gauche caviar lui a volé le roman populaire, et l’a plié à ses projets infects. C’est parce que le mal-pensant, ce synonyme de populaire, est interdit de service public, que les coucous de la maison France tiennent le haut du pavé. Un pavé que nous leur envoyons dans la face et dans la fesse avec toute notre affection.

Marie-Christine Desandré, présidente de Cinéo, l’association des cinémas privés indépendants, est interrogée le 9 avril 2019 par Le Figaro :

« Il est urgent de produire des films de meilleure qualité et de vérifier que suffisamment d’argent soit investi dans le développement et dans l’écriture. »

C’est valable pour le cinéma mais aussi pour la télé. Pourvu qu’Elsa Marpeau, Josée Dayan et Corinne Masiero lisent Le Figaro, rien qu’une fois, une fois seulement...

Cliquez ici pour atterrir sur le site de France 3 qui diffuse l’épisode miracle jusqu’au 14 mai gratuitement. Après, c’est payant (alors qu’on a déjà tout payé avec la redevance).