Dans Looking for Europe, BHL accuse les Gilets jaunes de "casser du flic, du juif et du pédé"

E&R
10/03/2019
01:29

Dans Looking for Europe, BHL accuse les Gilets jaunes de "casser du flic, du juif et du pédé"

C’est Didier Maïsto, le décidément très en forme patron de Sud Radio, qui vient de déterrer ce gros lièvre : BHL, dans sa pièce Looking for Europe (un flop), fait ouvertement campagne européenne pour Macron. Pour cela, Maïsto demande au CSA de comptabiliser les interventions audiovisuelles de BHL dans le camp de LReM. De plus, et ça nous semble beaucoup plus grave, BHL est l’auteur d’une incitation à la haine doublée de fake news à l’encontre des Gilets jaunes. Il faut que la loi s’applique !

 

Effectivement, LCI a diffusé l’extrait suivant sans se douter que le pseudo-philosophe pouvait tomber sous le coup de la loi avec ces propos pour le coup vraiment nauséabonds :

 

Maïsto a écrit la lettre suivante au CSA :

« Monsieur le Président,

Qu’il me soit permis de solliciter votre attention sur deux points précis.

1/ Les services de votre Conseil nous ont écrit la semaine dernière, dans le cadre de la campagne pour les élections européennes, afin que nous comptabilisions le temps de parole des intervenants favorables aux Gilets jaunes, dans l’éventualité d’une ou plusieurs liste(s) présentée(s) par ce mouvement social. Nous le ferons, bien que l’entreprise ne soit pas aisée, dans la mesure où 99% des Gilets jaunes ne souhaitent pas présenter de liste.

Parallèlement, le 8 mars 2019, Monsieur Bernard-Henri Lévy, qu’on ne présente plus, a donné à Milan une première représentation de sa pièce de théâtre – il est seul sur scène durant 1h30 – dans laquelle on peut notamment entendre mot pour mot ceci :

"Les Gilets jaunes qui, à Paris, ne pensent qu’à casser du flic, du juif et du pédé".

Ces propos ont été relayés par la matinale de LCI le 9 mars à 8h10 et postés dans la foulée par la chaîne sur les réseaux sociaux. LCI a par ailleurs interviewé Monsieur Bernard-Henri Lévy, soutien revendiqué du président de la République et du mouvement La République en Marche, qui a déclaré, à propos de Monsieur Macron (sic) : "Sa tribune, elle a été accueillie je crois, ici, à Milan et en Italie, avec un immense soupir de soulagement".

Monsieur Bernard-Henri Lévy a ensuite confié à la chaîne qu’il démarrait une tournée européenne qui s’achèvera à Paris le 20 mai prochain, entièrement calquée sur le calendrier de la campagne des élections européennes, le tout en reprenant textuellement les éléments de langage du président de la République : "Progressistes contre populistes". »

Lire la lettre entière sur le Facebook de Didier Maïsto.

On se doute bien que le CSA va botter en touche puisque cette instance qui n’a aucune valeur juridique est tout sauf indépendante du pouvoir : son président est nommé par le président de la République en personne. Et tous les membres de cette assemblée fictive (ils ne répondent jamais et sont tout le temps en congés ou en « colloque ») sont grassement payés pour retoquer une poignée de propos outranciers prononcés dans l’émission populaire de Cyril Hanouna. Grotesque de A à Z...

On remarque, encore une fois, que les relais du pouvoir ont tous les droits, dont celui d’insulter, de balancer des fake news – ce ne sont pas les Gilets jaunes qui « cassent du flic » mais bien les flics qui cassent des Gilets jaunes sur ordre gouvernemental – alors qu’en face, le moindre soupçon déclenche des tempêtes médiatiques. On l’a vu avec « l’affaire » Finkielkraut, ou celle de la stèle juive de Strasbourg.