Fusillade sur les Champs-Élysées pendant le "débat" des candidats L’impact sur la campagne présidentielle

E&R
21/04/2017
19:57

Fusillade sur les Champs-Élysées pendant le "débat" des candidats L’impact sur la campagne présidentielle

Chacun des 11 candidats avait ce jeudi 20 avril 2017 sur France 2 Quinze minutes pour convaincre, et c’était le titre de l’émission. La réalité s’est alors invitée dans la télé-réalité lorsqu’un individu a ouvert le feu sur des policiers à Paris, en haut des Champs-Élysées.

Une fois avertis par la rédaction, les candidats ont été obligés de se positionner sur la question « terroriste ». On rappelle que l’auteur présumé des tirs, qui ont tué un policier et blessé deux autres, a fait l’objet d’une fiche S et était connu de la DGSI, le renseignement intérieur français. De plus, il aurait oublié une carte grise dans son véhicule.

Voici les réactions des grands candidats, ceux qui peuvent prétendre au fauteuil de président :

Ce vendredi matin à 8h, le président encore en titre François Hollande a réuni un conseil de défense, avec tous les ministres concernés : Défense, Intérieur, Justice et Affaires étrangères, plus les patrons du renseignement et les chefs de l’armée. Pendant ce temps, les candidats réagissaient en radio et télé.

Marine Le pen sur RFI :

« Il faut expulser les fichés S étrangers, et déchoir de leur nationalité française les binationaux en lien avec le terrorisme. [...] Je ne vais pas en dire plus, mais en l’occurrence nous savons que l’État islamique a envoyé au moins un terroriste pour commettre des attentats, que celui-ci est toujours dans la nature, donc le danger est maximum. »

Emmanuel Macron lui a répondu sur RTL :

« Il y a presque 20 000 fichés S pour des faits multiples, pas que des djihadistes. Si vous les mettez tous en prison, ce n’est pas conforme au droit. Et c’est inefficace parce que justement le but c’est de les suivre, de les surveiller. Mettre tous les fichés S en prison n’a aucun sens. »

Cet attentat terroriste, selon les autorités, intervient dans une campagne déjà relativement illisible pour nombre de nos compatriotes. Car les principes et le cadre qui soutenaient les campagnes précédentes ont volé en éclat, du fait de l’état d’urgence qui dure depuis 17 mois, et de l’irruption des réseaux sociaux dans la communication officielle. La communication verticale par voie médiatique, ce qu’on peut aussi appeler propagande, est contrée par la communication horizontale entre les gens, et cette bataille a occulté les débats classiques, qui sont tellement formatés et parfois mensongers que plus grand monde n’y croit. Il n’y a donc pas eu à proprement parler de débat, les grands thèmes ont été exprimés mais pas discutés (chômage de masse et libéralisme, politique étrangère et indépendance), tant le débat se situe ailleurs, entre le haut et le bas, entre les gens et l’oligarchie, avec quelques écrans interposés, dont le système politique et le système médiatique.

Le débat de la légitimité de ce Système est donc fondamental, et rien ne se fera ou ne changera sans ce questionnement. C’est pour cela que les éléments programmatiques qui touchent à la politique profonde, qu’elle soit intérieure ou extérieure, provoquent de si vives réactions, et surtout du côté oligarchique. Le simple fait d’avancer que Poutine n’est peut-être pas l’ennemi de la France a fait hurler les médias dominants, et les candidats dits anti-système sont sous la pression du dispositif punitif que l’on connaît. Marine Le Pen le subit en permanence, Jean-Luc Mélenchon à un degré moindre, mais ses sorties sur le Venezuela (l’alliance bolivarienne pour les Amériques) et la Russie (il a approuvé les bombardements russes en Syrie) ont suffi à braquer toute la clique. Une clique atlanto-sioniste qui tient encore les commandes de la politique profonde intérieure et extérieure.

Avant l’irruption de l’information sur la fusillade en plateau, Marine Le Pen évoque (à 6’58) le problème terroriste, qui selon elle n’a pas été résolu, du fait justement de l’ouverture des frontières et d’une justice laxiste [1] :