Les 7 familles de l’humour : l’humour people (2/7)

E&R
08/08/2019
08:22

Les 7 familles de l’humour : l’humour people (2/7)

Ça vient de tomber, et c’est du lourd : l’actrice US Rosanna Arquette (voir son auto-interview chez Ardisson en 1989 et en dessous) se déclare « désolée » et « dégoûtée » d’être « née blanche et privilégiée ». On devrait transformer cette tanche en vilaine esclave noire des champs dans l’Amérique du début du XIXe siècle, pour qu’elle ferme sa grande gueule.
La victimisation poussée à son paroxysme, jusqu’à l’extrême et profonde idiotie, c’est le lot de beaucoup de stars qui endossent les habits biodégradables de la mode sociétale. Madonna met le bracelet rouge d’une secte juive et hop, ça embraye chez les têtes creuses du showbiz US. La pauvre Rosanna Craquette n’a trouvé que ça pour relancer son image dans la presse, en général on déclare un viol vieux d’il y a 30 ans sur un mec déjà à moitié en taule comme Weinstein. Heureusement qu’Epstein ne s’est pas tapé des actrices, sinon toute la bande des vieilles « putes » d’Hollywood, pour paraphraser Mocky, aurait défilé à la barre.

On a l’air méchants comme ça mais on aime bien les people. Ils font contrepoids à l’actu tragique car leurs petits problèmes de cœur, de cul ou de fric, on s’en tamponne bien évidemment. Le Peuple, pourtant, et les femmes du peuple en particulier, aiment bien les stars parce qu’il faut bien avoir un comportement et si possible le calquer sur quelqu’un de célèbre. Gouinasse Paltrow mange sans gluten ? Je vais essayer. Madonna chante pour Israël ? Je vais abattre un enfant palestinien. On voit que le mimétisme régit cette grande famille dégénérée, déglinguée par le fric, l’alcool, la célébrité, le sexe et la dope. Non pas qu’on soit contre ces petits plaisirs terrestres, mais en tout il faut de la mesure. Un petit verre de bon bourgogne mais pas trois litres de vodka. Une gentille femme fidèle plutôt qu’un wagon de grosses putes dilatées.

En janvier 2019, dans Paris Match, la Craquette nous explique qui sont ses amis : des démocrates, car Rosanna se voit « mal avec des républicains, qui, pour la plupart, sont racistes, se fichent de l’égalité hommes-femmes comme de la planète, et qui, en plus sont au moins pour certains favorables au port d’armes ». La droite c’est des gros salauds, Trump c’est Hitler et les démocrates sont les amis de l’humanité, surtout Clinton qui adore les très jeunes filles. C’est pour dire le niveau moyen de réflexion à Hollywood.

À côté de ces blaireaux du Montana, n’importe quel people français fait figure d’intellectuel majeur. Le problème, c’est qu’ils le croient. Attention, nous on se prend pas pour la crème de la crème en la matière, on a assez de lecture pour savoir qu’on est loin des écrivains du XIXe, ce siècle béni d’entre toutes les plumes. Mais les people français la ramènent à tout bout de champ’ (de champagne) sur les sujets majeurs de notre temps : l’errance des Roms, les migrants qui coulent en Méditerranée à cause de l’égoïsme des beaufs français (tiens, depuis que Cabu est mort, l’expression a disparu), la souffrance indicible des racailles de banlieue, les femmes qui meurent sous les coups de leurs compagnons (et les femmes qui meurent sous les bombes en Irak ou en Libye, ça compte ou pas ?), les enfants adoptables du tiers-monde, en vérité un stock pas cher de petits culs pour pédophiles mondains...

Mais alors, l’humour people c’est quoi ? C’est ça, se moquer gentiment de nos représentants culturels, élus par le grand public, les bulletins de vote étant remplacés par des places de concert ou de spectacle (tiens, le prix des places pour voir Elmaleh s’est effondré, on peut voir Gad-la-chourave pour 24 euros seulement). L’humour people a eu un peu de mal à démarrer en France pour diverses raisons, toutes financières : se moquer d’une personnalité pouvait donner lieu à des réparations, comme le truc de la Seconde Guerre mondiale là, on a oublié le nom, un nom étranger.
C’est Voici qui, dans les années 90, a brisé le tabou : les Français se sont jetés goulûment sur les potins et les scandales, ça a correspondu à une méfiance grandissante vis-à-vis des autorités, qu’elles soient culturelles, politiques ou médiatiques. Aujourd’hui, dès qu’un Castaner lève la tête, il se fait flinguer par toutes les batteries imaginables. Du coup, les people se terrent, et parlent eux aussi en langue de bois. Il ne faut pas froisser le grand public, le tiroir-caisse. Mais c’est plus fort qu’eux, le manque d’intelligence ou la soumission à la bien-pensance les fait forcément déraper. Avant il fallait faire un petit effort intellectuel pour se moquer d’untel ou d’unetelle ; aujourd’hui, ça arrive tout cuit, ça tombe par paquets.

Kim veut ressembler à la femme des rêves de son mari Kanye. Elle multiplie les opérations plus ou moins bénignes – on doit en être à 80 – et la naine à cul d’éléphant donne un mauvais exemple à toutes les filles du monde entier qui veulent être parfaites. Elle ressemble plus aujourd’hui à un poulet rôti qu’à une femme respectable. On se demande comment son mec peut encore la sauter, vu la plastification du matos. On se dirige tranquillement vers la poupée gonflable, la femme en plastic, la transhumaniste intégrale qui n’a plus rien d’humain. Les cyniques se consoleront en disant que les abrutis s’autodétruisent. C’est vrai, mais ça nous fait un drôle de spectacle pas marrant. On préférerait des stars plus dignes. C’est fatiguant, le dégoût.

Dans le genre digne on a la Varda, qu’on n’aime pas énormément sur E&R, et pas parce qu’elle est ou était une femme, on n’est pas aussi bas du front. On peut être macho et intelligent, regardez Rochedy (il va peut-être pour ce compliment nous envoyer une des blondes dont il a le secret). Varda c’est le cinéma français, voilà, ça résume. Un truc anti-public au possible mais vanté, loué, vendu par tous les médias à la botte. À la botte de qui ? Allez, faites pas les innocents, pas ici.

On se rend compte avec cette magnifique photo que les stars vieillissent mal, mais aussi que la mode est un piège. La mode est tout le contraire du temps. Quand on colle à son époque, on disparaît avec elle, et c’est le drame de tous les people qui incarnent un moment. C’est dur mais la célébrité de son vivant est à ce prix. Une époque chasse l’autre...

La beauté est un concept important pour les stars. Il est rare qu’une star soit moche, ou alors ça correspond à un créneau porteur : on pense à Yolande Moreau, utilisée par les Deschiens et par le duo Delépine-Kervern pour ses road movies même pas au niveau d’un Mocky des mauvais jours, ou à la terrifiante Corinne Masiero, qui joue le rôle de Capitaine Marleau, la série policière la plus con du monde, mais qui marche chez nous. Les Français de gauche sont vraiment capables d’avaler n’importe quoi. Mais on leur a servi tellement de merde depuis 35 ans, alors...

Ce gosse flippant en tee-shirt (un sous-vêtement de coton avec un message imprimé dessus, mais T-shirt c’est plus court), poussé devant la caméra mondiale par les équipes du département Climat de la Soros Incorporated, aucun couple de parents normalement constitué n’en voudrait pour fille. On se demande quel mec va pourvoir l’épouser dans le futur. Greta est malgré ça le good kid des années 2020. Ça nous ferait des vacances qu’elle attrape froid à cause de la clim des hôtels pendant sa tournée de baratin mondialiste. Un sang suédois abâtardi coule dans ses veines, on préférait les Vikings en drakkar qui descendaient la Seine pour terroriser les Parigots en 845, et puis aussi les gentilles salopes blondes qui ont inventé le porno naturiste des années 60...

À propos de blonde, voici Belloubet, notre ministre de l’Injustice avec un loustic qui a l’air content de poser avec cette, cette, cette very importante femme. Le monsieur avec la veste psychédélique qui fait mal aux yeux, Guillaume Chiche (t’es pas chiche de poser avec Belloubet) est un socialiste devenu député LREM. Il vient de l’UNEF, tendance DSK. Bon, voilà. Là franchement on a un peu perdu notre humour.

Tout le monde se souvient de lui, c’est le jeune homme qui attirait des enfants dans son palais – décoré par Valérie Damidot et Barbe-Bleue – pour dormir avec et les peloter un peu, avec l’accord des parents qui prenaient le pognon pour fermer les yeux et gagner deux fois, comme à la Française des jeux, une fois au tirage, et une fois au grattage en attaquant la star 10 ans après les faits. Le chantage, c’est le lot des pédophiles et autres déviants sexuels. Triste, non ? Chantage dans lequel le Mossad excelle, sans oublier le KGB des grandes années ou les services bulgares, qui ont piégé plus d’un officiel occidental avec de superbes espionnes chaudes comme les fours des Fritz.

La célébrité, après laquelle beaucoup courent, peut être un vrai fardeau. Ici il ne s’agit pas de Daniel Cohn-Bendit jeune mais de Muriel Bolle, qui a été impliquée, puis désimpliquée, puis réimpliquée, puis désréimpliquée dans l’affaire de la mort atroce du petit Grégory. Ressembler à Muriel Bolle ou à Dany le Rouge c’est déjà une punition divine en soi, on va pas les accabler plus que ça, quel que soit le mal qu’’ils ont fait aux enfants. On est ici pour rigoler, pas pour juger.

La meuf en robe de déportée (choisie par son mari ?) s’appelle Sibeth, de son nom de famille Ndiaye, le Dupont sénégalais, et elle met du piquant dans la vie politique pendant la répression des Gilets jaunes en disant elle est dead la meuf ou en apparaissant en pyjama dans les pince-fion officiels. Toute l’identitairosphère hurle au gros remplacement alors que la Sibeth est là pour les faire bisquer, c’est vieux comme le monde mais ça marche toujours. À chaque changement de tenue ça y est, la France est foutue, l’Afrique est chez nous. Il faut se calmer, Sibeth est porte-parole du gouvernement et même si c’est un gouvernement de merde, c’est pas la peine de balourder des seaux d’immondices sur le perroquet du collectif.

Finalement, on se rend compte que de mettre à terre toutes ces icônes, toutes ces petites statues fragiles, ça n’a pas changé beaucoup les choses. Il existe une liberté de critiquer en France, mais qui s’arrête à des personnalités en carton de Foire du Trône. On ne dégomme que des images, pas des gens. Pour l’instant.

Le bonus : la reconversion de Papacito !