Misère de l’art, misère du journalisme : Sophie Calle parle de son chat dans Le Monde

E&R
12/08/2017
05:11

Misère de l’art, misère du journalisme : Sophie Calle parle de son chat dans Le Monde

Ce que la France a produit en 1 000 ans de plus grotesque en matière d’art et d’élévation est là, sous vos yeux. Vous ne pouvez pas y échapper, tant la médiapshère lui tresse des lauriers à la hauteur de sa vacuité. Il s’agit de Sophie Calle.

On n’a rien contre elle personnellement, elle est peut-être très gentille, maligne sûrement, mais elle représente la destruction de la frontière entre le beau et le laid, le vrai et le faux, le grand et le petit, qui est l’objectif de l’art contemporain et, derrière lui, de l’ultralibéralisme qui met la planète en coupe réglée. Le pays sur la liste du Grand Marché, aujourd’hui, c’est le Venezuela. Il y a donc corrélation (cachée) entre Sophie Calle et la déstabilisation par l’empire du pays de Maduro. Mais revenons à l’art, ou plutôt à ce qui essaye de le remplacer pour les raisons évoquées plus haut.

Le Monde propose, cet été, des feuilletons éditoriaux qui sortent un peu de l’info lourde, du hard news. Pourtant, on vient de le montrer, il n’y a pas de petite info : tout est lié. Le feuilleton du 11 août 2017 s’appelle Histoire d’amour épisode 6. Le principe est incroyablement novateur : « Six écrivains racontent une liaison qui a marqué leur vie ». On ne savait pas que Sophie Calle était écrivain, mais passons. Admettons.

Sophie, écrivain indispensable, raconte sa relation avec son chat Souris. Déjà, le génie de l’appellation. Le paradoxe, le retournement, l’art. Velasquez et ses pinceaux en poils de martre peuvent aller se rhabiller dans la loge de Géricault, le tocard du Radeau de la Méduse, cette grosse daube de 5 mètres sur 7 qui a coûté deux ans de travail acharné tout ça pour attirer les foules de beaufs du monde entier.

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Pour arriver à faire ça, il faudrait à peu près 150 Sophie Calle avec un minimum de talent pictural...

Exemple de prose calleuse :

Souris était un mâle noir et blanc. Comme particularité, il avait la démarche de John Wayne, et, sur ses vieux jours, il marchait l’amble, les deux pattes de gauche, puis celles de droite. Son animal de compagnie était un chat empaillé tigré.
On ne s’est jamais disputés, Souris et moi. Parfois, des admirateurs de mon travail lui envoyaient des lettres au nom de Monsieur Souris. Je n’ouvrais pas son courrier.
Alors que je clamais mon non-désir d’enfant, une amie me fit remarquer que mon comportement envers Souris était celui d’une mère.

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Sophie, petite, montait déjà des chats

Déjà, la psychologie, profonde. Mais Sophie n’est pas que vie intérieure – certes riche –, elle vit aussi des aventures :

Souris vagabondait beaucoup et rentrait tard. Une fois il a disparu pendant trois jours. Alors, épuisée, après des heures passées en vain à sa recherche, je me suis enregistrée en train de l’appeler : Souris ! Souris !…. et avec Fabio – son père adoptif, qui l’a gardé toutes ces années si j’étais en voyage, en le nourrissant de crevettes sauvages – nous avons arpenté les rues de Malakoff, le magnéto poussé à fond. Et Souris est sorti d’un jardin. Mais les jours qui ont suivi, chaque fois que j’allais chercher le pain, sur mon passage des inconnus chuchotaient en riant : « Souris, Souris ! »

Magnifique. Soudain, l’humour, la transgression, le risque :

Souris se masturbait sur moi. Et, à la fin de sa vie, il ronflait sérieusement. Jamais je n’aurais supporté ça d’un homme.

Mais très vite, après la mort de Souris (rassurez-vous, il a vécu vieux et heureux), la dépression :

Il était le seul animal vivant parmi les nombreux animaux naturalisés que je possède et il les animait, il leur donnait un sens. Désormais, il n’y a plus rien de vivant chez moi ; je vis dans un cimetière.

Ah, c’était pas déjà le cas ? Ainsi se termine cette glorieuse série polyculturelle avec, dans l’ordre d’apparition des épisodes, Nathalie Azoulai, Carole Fives, Marie Darrieussecq, Olivia Rosenthal, Colombe Schneck, et donc Sophie Calle.
Mamma mia, quel plateau, 100% féminin et 100% sur la ligne oligarchique, n’est-ce pas ! Une richesse artistique inouïe ! Une concentration de talents comme on n’en a plus vue depuis la bande du Montparnasse au début du XXe siècle à Paris ! _ Et puis en plus c’est super, tout le monde est contre le FN.