Pourquoi Marine Le Pen ne va-t-elle pas jusqu’au bout sur l’Union européenne ?

E&R
10/02/2019
09:00

Pourquoi Marine Le Pen ne va-t-elle pas jusqu’au bout sur l’Union européenne ?

C’est la question un peu bête que nous nous sommes posée en écoutant le discours de la présidente du RN. Elle vante la France, sa souveraineté, son indépendance, l’amour du pays, et c’est très bien. Mais elle ne propose pas la rupture avec l’oligarchie européiste qu’elle présente pourtant comme la fossoyeuse des nations.

D’accord encore une fois sur le constat, mais comment peut-on crier « vive l’Europe des nations, vive la France » et ne pas remettre en question le dogme non pas européen, mais européiste ?

Ici, Marine Le Pen demande de « faire sauter le verrou de Bruxelles ». Mais toujours pas de sortir de l’UE. Quel sens donner à ce paradoxe ? Comment peut-on dénoncer l’oligarchie bruxelloise et rester réformiste dans son programme, car il s’agit de cela ?

Fustiger ceux qui criaient « c’est l’Union européenne ou le chaos », c’est aller dans le sens d’une sortie de l’UE, ou alors on est des idiots. Les paroles sont fortes, elles sont évidemment électoralistes, mais le propos s’arrête à la frontière du « chaos » justement, qui n’est en fait que le préambule de la souveraineté retrouvée de notre pays.

Pourquoi, dans cette profession de foi très gaulliste, ou gaullienne, ne pas aller jusqu’au bout et créer la rupture en Europe, en sortant carrément de l’euro ? Plus facile à dire qu’à faire ? Ce serait une révolution et les révolutions servent à ça, à se sortir de situations bloquées, avec deux plaques tectoniques en frontal qui produisent une tension telle que seul le fracas peut la résoudre.

Fracas, c’est le mot préféré de Mélenchon dans ses discours. Lui professe la révolution, le dégagisme, mais il traîne le pesant boulet du gauchisme inféodé à l’UE. Et Marine et Jean-Luc durcissent leur discours mais personne ne veut prendre la responsabilité historique de la rupture. Le réformisme, en l’occurrence, revient à une traîtrise nationale.

Le banquier Macron, qui a effectivement œuvré et qui œuvre encore à l’affaiblissement de notre pays sous prétexte de l’inclure dans un ensemble – l’Europe – plus vaste et plus puissant, afin de retrouver notre lustre d’antan, a bon dos. Marine Le Pen n’avait-elle pas renoncé à la rupture pendant sa campagne électorale, rentrant ainsi dans le rang des réformistes qui n’allaient rien changer dans le fond ? Marine & Jean-Luc, ces deux pseudo-populistes, seraient les CFDT de la politique.

Taper sur l’Union européenne ne suffira pas à rendre notre souveraineté. L’oligarchie bruxelloise et ses 60 000 soldats ne craint pas les mots, elle craint la contamination des Gilets jaunes et le réel désir de rupture. Pour l’instant, un pas a été fait par le peuple français qui n’écoute plus ses syndicats, réformistes, ses journalistes, menteurs, et ses politiques, esbrouffeurs.

Dans la ligne de sa présidente, le jeune Bardella a fait ses dents de lait contre l’Union. Tous les bons concepts – euro, délocalisation, emploi, souveraineté – sont là, le constat est correct mais il manque juste la pointe finale : la rupture.

La touche sociale, pour montrer qu’on n’abandonne pas les Français même si on abandonne en douce la souveraineté :

Macron est la cible toute désignée du tandem Bardella-Le Pen, mais Macron n’est que le pantin d’une puissance que le RN s’interdit de nommer, et encore plus d’attaquer, même si l’on envoie quelque timide message avec « la grande finance ».

Jordan, Marine, allez au bout de votre pensée, que cela débouche enfin sur de l’action ! Prenez exemple sur les Gilets jaunes : ils ont montré la voie.