Rugygate : le ministre vire sa dircab Nicole Klein qui a conservé son logement HLM pendant 12 ans

E&R
11/07/2019
20:15

Rugygate : le ministre vire sa dircab Nicole Klein qui a conservé son logement HLM pendant 12 ans

C’est le résumé du rugygate qui secoue la Macronie depuis deux jours. On voit que le ministre n’est pas vraiment lynché, il est juste victime de quelques pointes d’humour. Mais tout ce qu’il a pu dire ou faire avant est désormais relu à la lumière des chandeliers de ses princiers dîners.

Un exemple : le 29 novembre 2018, l’amateur de homards géants rencontrait une escouade de Gilets jaunes dans les locaux du Parisien. À 1’37, le ministre de la transition gastronomique trouve la parade face aux demandes des travailleurs pauvres présents :

« Les problèmes de pouvoir d’achat, les problèmes de niveau de vie, le problème des niveaux d’allocations, de pensions, des salaires, ça date pas d’aujourd’hui quand même... »

Pour freiner la montée inexorable du homargate, Rugy balance sa dircab Nicole Klein, dont Ouest-France avait pourtant fait un sympathique portrait :

Misère, si près du but ! Nicole devait prendre sa retraite en novembre 2018 mais elle a repiqué au truc chez Rugy. Tout cela ne serait pas arrivé si elle n’avait pas suivi François... Ce petit job en plus qui a tout foutu par terre...

« La haut fonctionnaire, passée par le cabinet de Michel Rocard et par la Banque mondiale, venait d’être nommée adjointe au directeur général de l’urbanisme au ministère de l’équipement lorsqu’elle est arrivée, en 2001, dans cet appartement social d’une résidence du quartier de la porte de Vanves, dans le 14e arrondissement de Paris. » (Le Monde)

Peur bleue et négligence

Pourquoi Nicole a-t-elle conservé cet appartement pendant 12 ans (de 2006 à 2018) sans y habiter, alors qu’elle était préfet des Pays de la Loire ? Elle s’explique dans Ouest-France :

« “Mes enfants n’y ont jamais habité sauf quand mon plus jeune fils était à ma charge”, indique-t-elle à Mediapart.
Elle-même y logeait régulièrement, dit-elle, quand elle “revenait à Paris le week-end”. “C’était ma résidence principale” et mon “domicile fiscal”, fait-elle également valoir.
Une erreur qu’elle reconnaît aujourd’hui. “Je n’ai pas quitté cet appartement par facilité et négligence”, répond-elle ce mercredi soir à Ouest-France. »

Ah, la négligence, c’est un drame qui touche beaucoup de députés et de ministres, tous républicains par nature. Du coup Nicole, à la demande de François, abandonne ses fonctions de directrice de cabinet auprès du ministre. Elle a aussi répondu ceci à Mediapart :

« Je ne considère en aucun cas que mon logement aurait été un logement social vacant mais plutôt un havre toujours occupé, au milieu de douze mutations souvent très rapides et toujours au service de l’intérêt général. Les préfets ont une peur bleue de perdre leur emploi du jour au lendemain et de se retrouver sans rien". »

Ah, la peur bleue des préfets de perdre leur emploi, ça les rapproche un peu des Gilets jaunes... On voit tant d’ex-préfets à la rue, mendiant une piécette... Nicole a touché toute la France avec sa négligence et sa peur bleue, des explications solides.

Un coup anti-Macron ?

 

Dans les affaires de dégomme-ministre, il faut toujours se demander qui tire sur la cible, pourquoi cette cible et pourquoi à ce moment. En l’occurrence, c’est Mediapart qui a appuyé sur la gâchette, avec le doigt de Fabrice Arfi, un boulot de dénonciation opportune qui auparavant était dévolu au Canard enchaîné.

Mais le volatile a vieilli, il ne mord plus grand-monde et surtout plus très fort : il s’est laissé couler lui aussi dans le confort, et il doit avoir un foie bien gras aujourd’hui ! C’est donc l’officine trotskiste en ligne qui a pris le relais des coups à trois bandes de la République.

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