Un dessinateur australien accusé de racisme et de sexisme après une caricature de Serena Williams

E&R
15/09/2018
02:44

Un dessinateur australien accusé de racisme et de sexisme après une caricature de Serena Williams

Cette petite affaire intrasportive est intéressante à plusieurs titres : l’Américaine Serena Williams pète les plombs et sa raquette pendant la finale de l’US Open contre la Japonaise Naomi Osaka, ce dont elle est coutumière.

C’est normal, les produits dopants dont on devine le résultat disgracieux sur son corps mènent à ce genre de comportement antisportif. Serena écope de trois cartons et de 17 000 dollars d’amende pour insultes envers l’arbitre.

Sur un point litigieux, une communication avec son entraîneur, Serena insulte l’arbitre, se fait sermonner puis l’accuse de « sexisme » et de « racisme ». Elle prend avertissement sur avertissement et hop, adieu finale.

Traduction de la bulle dans le dessin de Mark, où l’arbitre s’adresse à Naomi : « Ne pouvez-vous pas simplement la laisser gagner ? »

Un dessinateur australien du Herald Sun, Mark Knight, s’empare de la séquence pour caricaturer Serena en insupportable capricieuse. Mais c’était sans compter sur J. K. Rowling, la prof devenue milliardaire grâce à la pénible saga des Harry Potter. Depuis qu’elle a été anoblie par la Reine, Joanne ne se sent plus pisser : elle pèse, et pèse mondialement.

Son avis compte et elle le donne, on vous le donne en mille, pile-poil dans le camp du Bien. C’est pourquoi elle a accusé le pauvre dessinateur, pris en sandwich entre les deux femmes en colère, de relayer des « tropes racistes et sexistes ». On traduit, pour ceux qui n’ont pas le niveau intellectuel de Joanne : des clichés anti-Noirs et anti-femmes. Voici le tweet de cette pauvre Joanne :

« Bravo d’avoir réduit l’une des plus grandes sportives vivantes à des tropes racistes et sexistes et d’avoir transformé une autre grande sportive en accessoire sans visage »

Tout ça pour un dessin. Une réaction qui nous parle, chez E&R, quand on sait qu’Alain Soral a déjà été condamné pour UN dessin d’humour. Oui mais voilà, en période de « Me Too » et de blackophilie, il ne faut pas toucher aux femmes, aux Noirs, et encore moins aux Noires. Malheureusement, Mark, avec son trait bien senti, a marché sur deux mines, le féminisme et l’antiracisme.

Aujourd’hui, on n’a plus le droit de caricaturer les minorités. On tombe automatiquement sous les tirs croisés des miradors que sont les médias dominants. Mark a eu beau tenter de se dédouaner en expliquant qu’il avait caricaturé aussi un joueur blanc, et que donc son dessin n’avait rien « de sexiste ou de raciste », rien n’y a fait : même si Serena est une chieuse, pardon, a manqué de sportivité, elle est intouchable.

Une fois n’est pas coutume, le journal australien s’est indigné de ces tentatives d’intimidation et de contrôle de la liberté d’expression, et a republié le dessin en une :

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PC veut dire politiquement correct

Moralité

L’humour et les pensées différentes sont chaque jour menacés par ces ligues de fausse vertu qui cachent des intérêts communautaires bien réels, et destinés à prendre le pouvoir politique à travers la sphère culturelle. Les critiques sur les réseaux sociaux de Mark Knight sont les complices abrutis de cette entreprise totalitaire, dont ils ne profiteront pas.

Sur Twitter, justement, on apprend que Mark a subi une avalanche de critiques et d’insultes, 22 000 au total. Connaissant la propension de ce réseau social à gommer ou décaler les commentaires qui ne correspondent pas à son catéchisme bien-pensant, on peut se poser des questions. La même chose est arrivée aux supporters de Trump pendant les élections américaines de novembre 2016 : il y avait toujours une majorité de commentaires négatifs sous les tweets de Trump. Or c’est lui qui a gagné l’élection. Curieux, non ?