Un sondage qualifie Zemmour pour le second tour : merci qui ?

E&R
06/10/2021

Un sondage qualifie Zemmour pour le second tour : merci qui ?

Huit longues années. Pour la première fois depuis avril 2013, Marine Le Pen n’est pas donnée au second tour de la présidentielle dans un sondage. L’essoufflement de ses soutiens depuis l’échec de son parti à conquérir une région lors des dernières élections locales, conjugué à la dynamique fulgurante qui porte l’essayiste Éric Zemmour, ont conduit à ce que leurs deux courbes se croisent, ce mercredi, dans un sondage Harris Interactive pour l’hebdomadaire Challenges. (Le Figaro)

Alors que rien n’a encore été voté, que les Français sont préoccupés par les prix qui montent en flèche, soudain, on apprend que la cote de Zemmour monte. C’est comme l’art contemporain, tout est une question de publicité. Qui tient la pub tient le marché. En l’occurrence, les médias s’affolent autour de Zemmour, de sa candidature, qu’ils soient de droite et contents, ou de gauche et mécontents.

 

En moins d’une semaine, on apprend que Zemmour se glisse dans le lit de la droite entre Marine Le Pen et Xavier Bertrand, puis qu’il est désormais au second tour avec Macron, en finale, quoi. Il ne nous reste plus qu’à punir Macron et à voter Zemmour, comme « on » a puni Hollande et voté Macron en 2017, selon la bonne vieille recette du Système qui consiste à brûler un président pour nous en refiler un neuf, encore pire que le précédent, mais neuf. La nouveauté, voilà le truc, le piège, l’entube. Les élections, ça reste de la consommation... de président.

 

Tout va bien pour Zemmour, mais aussi pour Macron, si l’on en croit les médias mainstream et les sondages. On sent quand même une petite odeur de furet, pour ne pas dire plus, mais l’essentiel est que le message du second tour Zemmour/Macron passe dans l’opinion. Du second tour, pas d’un second tour.

 

Dans le sondage diffusé par Le Figaro, on apprend que Zemmour, avec 17-18 % des intentions de vote, mange un tiers des électeurs de Marine et une tiers de ceux de Fillon. Pour la petite histoire, la présidente du RN a perdu 13 points en quatre mois. Voilà pour les chiffres, ou plutôt pour les hypothèses.

Le pékin moyen aura l’impression que Zemmour, pourtant le candidat le plus clivant selon les études qualitatives, monte tout seul. En réalité, il n’en est rien, même si beaucoup de phénomènes se conjuguent pour lui asseoir une bonne base électorale. Qu’on se souvienne du revirement pro-Chirac du milieu des années 90, alors que le chef du RPR était grillé, que la paire Balladur-Sarkozy montait vers la présidence de 1995, et puis le B’nai B’rith est intervenu en sa faveur, les médias ont trouvé Chirac follement de gauche, les Guignols ont poussé, et le carbonisé a enfin été élu président de la République, 16 ans après l’assassinat de Robert Boulin, qui aurait pu être le troisième Premier ministre de Giscard, si ce dernier avait été réélu en 1981, notamment avec les voix du RPR, qui lui ont bien manqué...

 

Zemmour président, on verrait bien Édouard Philippe Premier ministre...
Zemmour, tous les gens intelligents le savent désormais, c’est le candidat national-sioniste, celui de la droite dure, la droite des affaires, la droite non pas des valeurs mais du travail, celui de la domination de classe, de l’uberisation, et aussi du pass sanitaire, qui va bien avec le nouveau paradigme social.

 

Pour Zemmour, le sujet – secondaire – du pass « parasite » le vrai sujet, « la survie de la France ». Or, il s’agit pourtant de quelque chose d’essentiel, le refus de la dictature sous prétexte sanitaire. La survie de la France est bien rattachée au pass, au vaccin obligatoire et à ceux qui les ont imposés en douce aux Français, et qui peuvent utiliser la force, qu’elle soit publique ou terroriste, pour ça. Dès lors, « l’invasion migratoire et l’invasion islamique » prennent une autre couleur, une autre fonction, dans la bouche de Zemmour, celles d’une diversion.

Ne pas s’attaquer au pass et au vaccin, c’est valider la dictature en cours. Pourtant, tout l’édifice dit démocratique a basculé, comme la Chambre en 1940, après la défaite.

 

Un parmi tant d’autres, le sénateur Jomier, qui restera dans l’Histoire (de la trahison).

 

Et pendant que Zemmour monte, ou plutôt est hissé par le Système (en fonction du taux de carbonisation de Macron), la lutte contre l’antisémitisme bat son plein. Marlène Schiappa, la bonniche de Darmanin, nous rappelle les heures sombres :

 

On sent bien qu’elle essaye de nous dire que Zemmour est antisémite, mais comme il est juif, l’attaque et la reductio ad Hitlerum ne marchent plus. Et puis, dans la société, chaque jour, des gens travaillent pour Zemmour sans le savoir, on pense aux sympathiques racailles, ces militants zemmouristes bénévoles qui ne sont même pas rémunérés pour ça :

 

Au final, ce qui compte, c’est sur qui va miser le Gros Argent. Le petit Glucksmann peut pleurnicher et jouer à l’anti-Zemmour, la caravane « Z » passe, avec le gros logo de la Banque sur le flanc.

 

On a alors le droit d’être pétainiste, ce qui était jusqu’à présent interdit. L’OPA sur les droites fonctionne à merveille, Zemmour réactive la fracture (artificielle) droite/gauche et réconcilie le peuple (de droite) avec l’élite en jouant sur un patriotisme piégeux. Oubliée, la fracture élite/peuple des Gilets jaunes, oubliée, la fracture du passeport social, vive la fracture droite/gauche qui renvoie la gauche à un prétendu islamisme. Et donc la droite au sionisme. Ainsi, les moutons seront bien gardés. Et c’est encore le peuple qui perdra, après une énième manipulation, en 2022.

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