PEPY, SAUVEUR OU FOSSOYEUR DE LA SNCF ? Dans un rapport accablant dont une partie vient d’être rendue publique, l’Etablissement public de sécurité ferroviaire (EPSF) constate sur l’ensemble du réseau ferré « plusieurs centaines d’anomalies » qui « n’ont pas été traitées dans les délais » alors qu’elles sont susceptibles « d’affecter la sécurité » et un inquiétant « écart majeur sur le niveau de maîtrise du processus de maintenance de l’infrastructure » du réseau ferroviaire de la SNCF. Nonobstant, il se pourrait bien que l’indéboulonnable Guillaume Pepy, PDG depuis 2008 et bientôt atteint par la limite d’âge, soit maintenu dans ses fonctions pour un troisième mandat car il aurait « su se rendre indispensable au fil du temps ». De plus, l’ancien compagnon du feu directeur de Sciences Po Paris Richard Descoings se contente d’un salaire de misère : 450 000 euros par an, soit le plafond autorisé pour le dirigeant d’une entreprise publique. Un cabinet de recrutement américain (pourquoi américain ?) a toutefois été missionné par l’Elysée pour lui trouver un remplacement, mais l’énarque Pepy fait jouer ses réseaux auprès de son jeune condisciple Macron. PERMANENCES ATTAQUÉES : LE RN AUSSI. Devant le nombre de permanences de députés macronistes dégradées par des Gilets jaunes ou des opposants au traité Ceta, Jean-Marie Salanova, patron de la sécurité publique commandant plus de la moitié du total des effectifs de police, enjoignait en juillet à ses subordonnés de « prendre des dispositions en vue de prévenir les exactions [sic] ou d’être en capacité de réagir dans des délais très brefs ». Le 18 août, la permanence du Rassemblement national à Saint-Brieuc a été dégradée – pour la sixième fois ! – et couverte d’inscriptions du style « FN caca », avec les signatures « Antifas » ou encore « FI » (France insoumise). Dénonçant « l’indifférence » du gouvernement, le conseiller régional breton du RN Gérard de Mellon a dit « attendre les condamnations des pleurnicheurs habituels de la République en marche ». LA PROVENCE À L’HEURE STALINIENNE. Ayant « flouté » un seul visage : celui de Stéphane Ravier, sénateur RN des Bouches-du-Rhône et sans doute candidat à la mairie de Marseille en mars prochain, dans son reportage photo sur la cérémonie de l’Assomption en la cathédrale marseillaise de la Major le 15 août (voir Présent de mardi), La Provence a dû finalement présenter ses « excuses » pour cette bavure, due paraît-il à « l’erreur d’une collaboratrice ». Simple hasard sans doute si Bernard Tapie, ennemi historique du Front national, détient 89 % des parts de ce quotidien, aujourd’hui dirigé par Jean-Christophe Serfati et dont le responsable pour la ligne éditoriale est le journaliste multicarte Franz-Olivier Giesbert. UN VILLAGE CONTRE LES MIGRANTS. Tous le haut-pays niçois ne partage pas l’amour porté aux migrants par le cultivateur-sic Cédric Herrou qui accuse la justice de « racisme d’Etat » alors qu’il a toujours été relaxé, ou condamné avec sursis, pour ses transports de clandestins (jusqu’à 156 de Vintimille à Cannes d’un seul coup d’un seul en juillet 2017). Le 21 août, les habitants de Saint-Agnès (photo en tête), village littoral le plus haut d’Europe et classé parmi les plus beaux villages médiévaux de France, ont manifesté avec leur maire Albert Filippi contre la réquisition d’un centre de vacances destiné à accueillir 56 jeunes migrants. Une décision « scandaleuse, choquante, inacceptable, brutale et injuste », dont nul n’avait été averti. ENCORE UN MAIRE AGRESSÉ. Un nouvel édile, Philippe Baudrin, maire de Maing, dans le Nord, a été sauvagement agressé le 20 août, cette fois par des gens de voyage qui tronçonnaient les barrières d’un terrain pour y installer leurs caravanes. Dans un communiqué, Sébastien Chenu, député RN de la circonscription, a apporté son soutien à M. Baudrin et annoncé vouloir déposer une proposition de loi visant à « durcir les peines de ceux qui s’attaquent aux élus ». VIVRE-ENSEMBLE. Gigantesque rixe le 19 août à Caen entre migrants, afghans d’un côté et de l’autre mongols – dont on découvre ainsi la présence sur le territoire français. Dans la nuit du 20 au 21 août à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), une quinzaine de nervis munis de battes de base-ball et d’armes à feu ont envahi le lieu de tournage (non autorisé) d’un clip du rappeur Booba, et ont entre autres blessé un technicien par balles. S’agit-il d’un coup de pub ou du dernier épisode de la guéguerre entre Booba et son confrère Kaaris, dont les partisans respectifs s’étaient affrontés il y a un an tout juste à l’aéroport d’Orly, semant la panique parmi les passagers et provoquant le retard ou l’annulation de nombreux vols ? CHANCES POUR LA FRANCE… Devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc, procès d’un Réunionnais qui, pour se venger de son ex-compagne, l’avait rouée de coups puis mis le feu à la boulangerie de ses parents, chez lesquels elle s’était refugiée. Le prévenu, dont c’était la 21e comparution en justice (pour violences, vols et incendies volontaires), a écopé de cinq ans de prison ferme. A Grasse, un certain Zine-Eddine Rouabhia, déjà condamné à douze reprises pour trafic de stupéfiants, conduite sous alcoolémie et sans permis, etc., était jugé pour l’agression d’une automobiliste qu’il avait en outre menacée de viol avant qu’elle ne soit secourue par des passants alertés par ses cris. Trente mois de prison ferme et annulation de son permis de conduire. … ET CHANCES POUR L’ALLEMAGNE. Procès à Chemnitz (Saxe) du réfugié syrien Alaa Sheikhi pour meurtre en réunion – avec un complice irakien – et blessure grave de l’Allemand Daniel Hillig dont un ami, venu à son secours, avait également été poignardé. Les deux surineurs étaient arrivés en 2015, à l’appel de « mutti » Merkel. NE M’APPELEZ PLUS JAMAIS FRANÇAIS ! L’affairiste maroco-israélien Patrick Drahi n’est pas le seul à avoir jeté la nationalité française aux orties. Publication dans notre Journal officiel du 20 août de la renonciation définitive de Youssef Chahed, chef du gouvernement tunisien et candidat à la présidence de la République créée par Bourguiba depuis la mort du président Béji Caïd Essebsi le 25 juillet dernier. Autre candidat à la même élection, Mehdi Jomâa a lui aussi entamé les procédures pour abandonner sa nationalité française. L’ALASKA AVANT LE GROENLAND. L’insondable maladresse de Donald Trump lançant une OPA sur le Groenland, dont l’achat constituerait selon lui « une grosse opération commerciale », a provoqué une vive réaction du Danemark dont la grande île est un territoire autonome et, par contrecoup, le refus du président états-unien, invité de longue date par la reine Margrethe II, de se rendre en septembre dans le petit royaume. Sur le fond pourtant, l’intention de Trump n’est pas insensée. D’une part, le Groenland fait partie de l’espace américain sur le plan géographique et, d’autre part, le dérèglement climatique qui rendrait praticable le passage du Nord-Ouest redonne toute leur importance aux terres arctiques où s’affairent déjà la Chine et la Russie. Laquelle regrette beaucoup d’avoir en 1867, sous le règne du tsar Alexandre II, cédé l’Alaska (que convoitait la Grande-Bretagne, alors première puissance maritime mondiale) aux Etats-Unis justement. Prix de la transaction : 7 millions de dollars-or. •
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Talibans et Américains négocient depuis un an le retrait des troupes US contre la garantie que l’Afghanistan ne redevienne un sanctuaire pour les groupes djihadistes. Alors que les attentats se multiplient, il est permis de se demander quelle réalité pourrait prendre un tel accord. Sputnik a posé la question au géopoliticien René Cagnat.
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Les macronistes ne sont pas seuls à être sur le pont en cette période estivale (voir Présent de samedi dernier). Les LR, qui éliront le 13 octobre prochain le président de leur mouvement, s’activent aussi en coulisses. Trois candidats déclarés à ce jour : le super favori Christian Jacob et deux outsiders, Julien Aubert et Guillaume Larrivé, qui semblent là pour donner une apparence de compétition à la désignation ou intronisation du premier de la liste. Celui-ci, à 59 ans, fort de sa longue carrière politique (élu député en 1994, plusieurs fois ministre sous Chirac) fait figure, malgré ses lacunes, de poids lourds dans un parti déserté par ses têtes d’affiche. LR : Les Renégats ? Son slogan de campagne ne sort pas pour le moment du domaine des généralités et pourrait aussi bien servir à l’actuel secrétaire général du PS : « Rassembler, réconcilier, rebâtir. » Pour ce faire, révélait Le Figaro, le député de Seine-et-Marne entend s’appuyer sur quatre « fondations solides » de son parti : « la majorité LR au Sénat », « le plus grand groupe de l’Assemblée », « le plus grand maillage d’élus territoriaux de France » et « le plus grand réseau de militants ». Mais il y a une cinquième « fondation » beaucoup moins solide dont le chef de file des députés LR ne parle pas : un électorat en voie (et en voix) d’amenuisement. En plein effilochage. Deux fois moins important, aux dernières élections, que celui du Rassemblement national, ce dernier en constante augmentation. Quant aux deux autres figurants… Julien Aubert, député du Vaucluse, énarque de 41 ans « issu de la même promotion qu’Emmanuel Macron », veut, comme Jacob, « donner la parole à la base et aux adhérents ». Très original : j’entends cette antienne depuis que je suis en âge de m’intéresser à l’actualité politique, soit une bonne soixantaine d’années. Un bon point toutefois pour Aubert : ce « souverainiste » au souverainisme très pâlichon a été l’un des rares élus, en dehors du Rassemblement national, à protester contre la venue de la prophétesse scandinave (très fleur de nave en effet) Greta Thunberg à l’Assemblée. L’autre impétrant, Guillaume Larrivé, « tenant d’une ligne nationale et libérale », au thatchérisme un peu délavé, veut bâtir « un projet de gouvernement pour arrêter l’immigration de masse », « rétablir l’autorité de la République » et « libérer les Français accablés de taxes ». Projets agréables à entendre mais durs à assumer pour un candidat dont le parti, durant ses dix-sept années de pouvoir (Chirac puis Sarkozy), a fait l’inverse. LR d’aujourd’hui contre l’UMP et le RPR d’hier et d’avant-hier ? Pour beaucoup d’ex-électeurs floués durant toutes ces années, le sigle LR a tendance à signifier : Les Renégats ! A moins que ce ne soit Les Ringards ? Le député de l’Yonne, comme son concurrent Julien Aubert, s’oppose à une organisation de primaires au sein de leur parti. Après la catastrophe de François Fillon, et à gauche le naufrage du PS, qui veut encore des primaires ? Surtout pas le marcheur suprême, qui a largement profité de leurs conséquences funestes, mais n’entend pas en être victime à son tour. Un seul avenir pour la droite… L’Etat nation ! Yves Thréard analysait à ce propos dans Le Figaro du 13 août : « Le suspens est faible, mais l’enjeu est grand. Le parti Les Républicains ne peut pas se permettre de rater l’élection de son nouveau président. Depuis 2012, il va d’échec en échec, sur fond de règlement de comptes, d’affaires judicaires et de coups de barre programmatiques. […] Le gagnant aura une lourde responsabilité. L’objectif n’est pas de sauver le parti, mais de redonner un avenir à la droite. » La droite des renégats ? Si le constat d’Yves Thréard s’avère très juste, la conclusion qu’il en tire paraît aussi obsolète qu’erronée. L’avenir de la droite française ne passe plus par LR, parti en déliquescence pour avoir, durant un demi-siècle, déçu et trahi avec constance ses électeurs. Pas plus que par Emmanuel Macron dont l’impopularité auprès de ses concitoyens, en dépit de ses bains de foule balnéaires, « demeure élevée ». L’avenir de la droite, des idées de droite, en France comme en Italie, et dans d’autres pays européens, s’ancre plus que jamais dans les mouvements nationaux. Poutine tacle Macron Lundi dernier, le président de la République a donc reçu à Brégançon, cinq jours avant le G7, Vladimir Poutine. Un G7 dont le président de la Russie a été exclu en 2017, après l’annexion de la Crimée, à la demande de l’UE sous influence états-unienne. Et tant pis si cette mise en quarantaine, servilement acceptée par nos dirigeants, s’avérait contraire aux intérêts de la France. Aussi bien économiques que politiques : « Nous avons des rapports plus mauvais avec la Russie d’aujourd’hui qu’avec l’URSS durant les trois dernières décennies de son existence », constatait Hubert Védrine dans Le Figaro de samedi dernier. Comment en est-on arrivé à une telle aberration diplomatique ? Les torts sont évidemment partagés. Le camp occidental en porte toutefois une grande part. « Durant ses deux premiers mandats, Poutine avait tendu la main aux Occidentaux, qui ont eu le tort de ne pas répondre vraiment. » Déception d’autant plus grande pour des Russes qui se sentent, par leur histoire et leur religion, appartenir de plain-pied à la civilisation européenne. Une civilisation dont ils furent arbitrairement coupés durant soixante-quinze ans par le tragique avènement du communisme importé chez eux par une poignée de terroristes bolcheviques. Un « réarrimage » à l’Europe empêché par des dirigeants complètement soumis à l’idéologie de plus en plus absolutiste des droits de l’homme et chez qui les postures morales les plus absconses tiennent désormais lieu de stratégie politique. Une sacralisation, et une radicalisation de l’Etat de droit provoquant aussi – et l’on s’en réjouit – une exaspération croissante contre le politiquement correct. On peut rêver d’un Occident à l’héritage chrétien reposant, face à la menace islamiste et à l’âpre concurrence asiatique, sur ses trois piliers naturels : Etats-Unis, Europe, Russie. Même si la réalisation de ce rêve, dont certains ne veulent à aucun prix et sont prêts à tout pour le faire avorter, n’est pas pour demain, on pourrait au moins y tendre. Faire quelques pas dans sa direction… La rencontre de Brégançon ? L’ébauche d’une esquisse de dialogue, avec quelques « convergences » demeurées bien virtuelles. Pas de quoi déboucher la vodka et exécuter la danse des cosaques. Poutine n’a évidemment rien cédé et il s’est même payé la tête de son hôte quand celui-ci l’a titillé sur les violences des policiers russes, en ironisant à son tour sur les Gilets jaunes. Macron aurait pu s’en douter : on ne monte pas au mât de cocagne quand on a un caleçon fluo aussi voyant. Sinon au risque de s’attirer quelques quolibets. Poutine ne s’en est pas privé. G7 : un sommet sur son déclin ? Après son show méditerranéen – le cosaque et le bateleur ? – Emmanuel Macron s’en est allé surfer côté Atlantique sur les vagues d’un G7 biarrot dont les plus tumultueuses portent les noms de Donald Trump et de Boris Johnson. G7, G20… Ces coûteux sommets produisent beaucoup de bruit et d’écume mais débouchent régulièrement sur des projets aussi solennels qu’indéterminés. Celui de cette année, concernant « La lutte contre les inégalités » (un thème bien français), ne dérogera pas à cette tradition du vide. •
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A la manivelle de ce film de 1956, Henri Verneuil qui, en l’occurrence, a adapté un roman éponyme de Serge Groussard. Avec Jean Gabin, Pierre Mondy, Françoise Arnoul, Dany Carrel, Paul Frankeur, Jacques Marin, Robert Dalban, etc. Routier de son état, Jean Viard (Jean Gabin), qui fait équipe avec Pierrot (Pierre Mondy), effectue régulièrement le trajet Paris-Bordeaux (et retour). Avec, à chaque fois, une étape dans un « routier », La Caravane, où officie une jeune serveuse, Clotilde (Françoise Arnoul), qui n’attend pas grand-chose de la vie. Entre ces deux paumés, ces « gens sans importance », va s’installer plus que de l’affection. Ce que Jean, marié depuis vingt-trois ans, père de trois enfants, vit mal. Tout ça finira dans le malheur et la souffrance. Il n’y a pas d’amour heureux… Par-delà ces amours malheureuses, ce film, avec Gabin au volant de son camion, un LC 610 N (qu’on surnommait le « nez de requin »), et sa complicité avec Mondy, préfigure un des plus grands films de Verneuil – et le seul vrai « western » français – Cent mille dollars au soleil (1964), avec Lino Ventura et Jean-Paul Belmondo. Tout est gris dans ce film : la vie des protagonistes, les paysages, la pluie incessante, le brouillard. Mais il y passe une petite musique, portée par le regard clair de Françoise Arnoul, qui sera finalement broyée par le destin. On écrivit à l’époque de ce film qu’il portait sur la « classe ouvrière ». Ce n’est pas le cas. D’abord parce que les routiers, et déjà dans les années cinquante, ne sont pas des ouvriers stricto sensu. Mais surtout parce que c’est d’abord l’histoire, banale diront certains, de gens simples qui triment, souffrent, subissent. Sans se plaindre jamais. Jusqu’au jour où, quand ça devient « trop », ils revêtent un gilet jaune, par exemple…
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Nous avons traité il y a peu (Présent du 9 août) du film Au risque de se perdre (1959), qui narrait le parcours spirituel d’une religieuse, interprétée par Audrey Hepburn. Tempête sur la colline (Thunder on the hill, 1951), réalisé par Douglas Sirk, a également pour personnage principal une sœur mais, cette fois, c’est une autre actrice au visage d’ange (mais toutes les sœurs n’ont-elles pas des visages d’anges ?), Colette Colbert, qui incarne dans un film à suspens le personnage de la sœur Mary Bonaventure. L’action se déroule dans un couvent perché sur une colline au plus profond de l’Angleterre. Soudain, une violente tempête de dimension biblique vient balayer la contrée, déclenchant une inondation qui transforme la colline en île, et le couvent en refuge pour habitants du comté et voyageurs. Parmi eux, une jeune femme (Ann Blyth) accusée de meurtre, que l’on conduit au gibet. Cependant, sœur Mary a la conviction chrétienne de l’innocence de la condamnée, et, dans une atmosphère de fin du monde, elle entreprendra tout, comme dans un roman d’Agatha Christie, pour mener une enquête et découvrir la vérité. Scenario serré, filmé dans un décor gothique zébré d’éclairs, où l’ambiguïté de la nature humaine n’est pas oubliée puisque le criminel est un médecin qui se dévoue pour maintenir ses patients en vie. Quant aux sœurs, après avoir secouru et accommodé avec le sourire un échantillonnage de l’humanité en détresse, elles reprennent leurs travaux quotidiens, au sein desquels le miracle accompli par sœur Mary est vite oublié, humilité oblige.
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Un hommage au cinéma des années 1960 signé Tarantino  Le déclin de l’empire américain ! Présenté lors du dernier festival de Cannes, ce Il était une fois à Hollywood, avec pour têtes d’affiche Leonardo DiCaprio et Brad Pitt, avait reçu un accueil mitigé. Et pourtant : ce film d’une durée de 2 h 39 (qui aurait certes pu être un peu resserré) est un bel hommage au cinéma et aux séries télévisées des années 1960 qui ont baigné la jeunesse de Quentin Tarantino. Si l’on peut comprendre que les jeunes générations « pointdinterrogationnent » quelque peu, les cinéphiles et autres « gamins » de ces années-là, qui ont suivi les feuilletons télévisés comme Au nom de la loi, Le Frelon vert, FBI et autres Agents très spéciaux, mais également « participé » aux aventures d’un Dean Martin dans la saga des Matt Helm ou d’un Steve McQueen dans La Grande Evasion avant d’assister à l’émergence des westerns spaghetti d’un Sergio Corbucci, verront leurs souvenirs de gosses remonter à la surface en suivant les (més)aventures et les affres de Rick Dalton (Leonardo DiCaprio), vedette de séries télé sur le déclin, et de Cliff Booth (Brad Pitt), sa doublure cascades et ami. Deux hommes qui tentent de poursuivre leur carrière au sein d’une industrie du cinéma qu’ils ne reconnaissent plus. De leur somptueuse villa de Cielo Drive sur les hauteurs de Los Angeles, ils assistent à la fin de leur monde. Nous sommes en août 1969. Leurs proches voisins sont Sharon Tate (Margot Robbie) et Roman Polanski. A quelques kilomètres de là, au Spahn Ranch, un groupe de hippies s’est installé. Une secte d’allumé(e)s, de taré(e)s, disciples d’un gourou dément tendance serial-killer : Charles Manson. Hollywood, Hollywood ! Des répliques qui font mouche, une reconstitution vintage minutieuse des années 1960, des guest-stars (Al Pacino, Kurt Russell, Michael Madsen, Laura Dern…) et deux acteurs principaux épatants : en mêlant fiction dans les coulisses de la Mecque du cinéma et histoire – révisée – d’une époque disparue où l’on croise les « fantômes » et sosies des vedettes d’hier (notamment un Steve McQueen et un Bruce Lee étonnants), Quentin Tarantino offre aux spectateurs de plus de 20 ans un voyage dans le temps nostalgique (à noter que la scène finale, très BD « tarantinesque », avec un déchaînement violent des « Manson Girls », justifie une interdiction aux moins de 12 ans). Un bon moment de cinéma malgré une fin qui laisse un goût d’inachevé. • Photo : Quand le rideau tombe sur les sixties.
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Un accord européen a été trouvé pour répartir les 356 migrants du navire humanitaire dans six pays de l’UE : La France va accueillir 150 des 356 migrants actuellement à bord du bateau humanitaire Ocean Viking, a annoncé vendredi le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner après l’officialisation d’un accord européen pour répartir ces personnes qui […]
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C’est un fidèle lecteur de Présent qui nous a signalé l’intérêt que présente Chacal, du réalisateur américain Fred Zinnemann, un bon technicien (ne pas confondre avec un très médiocre Le Chacal qui date, lui, de 1993). Sorti en 1973, le film est une adaptation du roman éponyme à succès de l’Anglais Frederick Forsyth. Il est vrai que les premières séquences sont d’emblée prenantes et poignantes. Nous assistons non seulement à la reconstitution de l’attentat du Petit-Clamart du 22 août 1962 contre le chef de l’Etat mais aussi, en quelques plans significatifs, à ses suites tragiques : Jean-Marie Bastien-Thiry dans sa cellule écoutant son avocat lui annonçant qu’il ne sera pas gracié ; son courage face au peloton d’exécution avec, en final, le coup de grâce. A retenir, la brève mais belle performance de l’acteur Jean Sorel dans le rôle de Bastien-Thiry. Tirant les leçons de ce nouvel échec pour supprimer le général de Gaulle, une fraction de ce qu’il reste de l’état-major de l’OAS décide de faire appel à un tueur professionnel : nom de code, Chacal. Bien sûr, on sait que l’attentat échouera et que de Gaulle s’en sortira ! Mais le suspens demeure, car comment la police va-t-elle opérer pour mettre Chacal hors d’état de nuire ? Une reconstitution très soignée permet de suivre la tension régnant au ministère de l’Intérieur et les stratagèmes de l’inspecteur Lebel (Michael Lonsdale parfait) pour remonter jusqu’au tueur. Les responsables de l’OAS ne sont pas caricaturés ; comme le déclare l’un d’eux : « Nous ne sommes pas des terroristes mais des patriotes. » Les cadres de l’OAS concernés par l’opération se cachent en Italie. Ce qui nous permet de suivre la vie de cette cellule clandestine. Et l’enlèvement d’un de ses membres par des barbouzes (inspiré de l’enlèvement du colonel Argoud en Allemagne) qui n’hésiteront pas, la frontière passée, à le torturer à mort avec l’approbation des services de l’Etat. Des scènes particulièrement dures mais qui ont l’avantage de ne rien dissimuler des procédés de la police politique du régime. •
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Les biographies de sainte Monique ne sont pas nombreuses mais Anne Bernet, dans un livre bref et enlevé, répare cet oubli où est enfouie la mémoire de la mère du grand saint Augustin. A regarder autour de nous, il semble d’ailleurs que le prénom même de cette femme dont l’auteur nous révèle un caractère passionné soit aujourd’hui passé de mode. Peut-être que la lecture de ces pages incitera les jeunes parents à donner ce nom de baptême à leurs filles en les confiant à un patronage si persévérant et efficace. En effet, le principal titre de gloire de cette femme née à Thagaste, aujourd’hui Souk Ahras dans l’Est algérien, et reposant à Rome dans l’église San Agostino par les soins du pape Martin V, est d’avoir amené son troisième fils, Augustin, à la foi catholique après qu’il eut erré, de nombreuses années durant, dans le manichéisme. Elle donnera ainsi à la sainte Eglise un théologien immense qui aura retrouvé la foi de son enfance auprès d’un autre Père de l’Eglise, saint Ambroise de Milan. Anne Bernet, en fin connaisseur de ces pages de l’histoire, tisse un livre érudit et captivant sur la trame des œuvres du futur évêque d’Hippone, aujourd’hui Annaba, à une centaine de kilomètres au nord de Thagaste, sur la côte méditerranéenne. Un fort caractère L’auteur dessine le portrait très réaliste d’une femme berbère de la classe moyenne, chrétienne, mariée par ses parents à un rustre débauché dont elle peindra, après son décès, par délicatesse, une image aimable. Anne Bernet ne propose pas une sainte sulpicienne, une image pieuse tout en pastel, mais la description d’une femme de fort caractère, peut-être même rugueux, soumise, patiente mais qui, après une vie de prière et de larmes, arrivera à ses fins en assistant au baptême de son fils la nuit de Pâques, du 24 au 25 avril 387, de la main de l’évêque Ambroise de Milan, alors capitale de l’Empire. Cette femme envahissante, qui très tôt a senti la supériorité de cet enfant et développé de fortes ambitions temporelles pour lui, ne le lâchera pas d’une semelle sa vie durant jusqu’à cette fameuse nuit d’Ostie et « cet état mystique venu de Dieu » dont saint Augustin rapporte que « comme à l’instant, nous avons tendu nos êtres, et d’une pensée rapide, atteint l’éternelle sagesse qui demeure au-dessus de tout ». Pas de complaisance donc de la part de la biographe qui brosse un tableau de deux caractères avec toutes leurs faiblesses très humaines mais mues par la grâce, toujours davantage, et coopérant aux desseins de la Providence, le plus souvent sans le savoir. Ces pages seront chères à ceux qui sont nés ou ont aimé ces rivages sud de la Méditerranée ou qui auront eu la grâce d’avoir une mère prénommée Monique, à tous ceux d’entre nous qui ne nous consolons pas, ni ne nous résignons, de ce que le catholicisme ne fasse plus que cette Mare soit nostrum en reliant ses deux rives pour ce qui fut la plus grande des civilisations dont nous sommes orphelins. Afin de préparer des jours meilleurs, ils s’associeront à la sainte Eglise pour fêter l’évêque berbère le 28 août et sa mère à qui nous le devons le 5 mai. Christian Bless Anne Bernet, Monique, mère de saint Augustin, Artège, 2019, 168 pages. •
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« Voici qu’on lui amena un homme qui était sourd et muet, en le priant de lui imposer les mains. Le prenant donc à part du milieu de la foule, il lui mit ses doigts dans les oreilles et de sa salive sur la langue ; et, levant les yeux au ciel, il soupira et lui dit : Ephphetha, c’est-à-dire ouvrez-vous. » La lecture des Evangiles, le rappel des nombreux miracles opérés par le Christ sont une vraie consolation pour nos âmes. Nous voyons Jésus, durant son existence terrestre, être la cause efficiente exclusive de toute grâce et la source de la vie. Ces considérations sont consolantes parce qu’elles nous montrent que nous pouvons tout attendre de Notre-Seigneur. Nous voyons la sainte humanité de Jésus devenir l’instrument dont se sert la divinité pour répandre autour d’elle toute grâce et toute vie. Aujourd’hui l’évangile nous rappelle le jour où on introduisit auprès du Sauveur un homme sourd et muet, le suppliant de lui imposer les mains. Mais comme à son habitude, à l’exemple de la grâce qui dépasse toutes les attentes humaines, le Christ s’écarte de la foule, tire le muet, lui met le doigt dans les oreilles, lui touche la langue avec de la salive, et lève les yeux au ciel en soupirant : « Ouvre-toi. » Aussitôt, cet homme entend, sa langue se délie et il se met à parler distinctement. Nous voyons la sainte humanité servir d’organe à la divinité ; c’est la personne divine du Verbe qui guérit, car seul Dieu peut le miracle. Mais pour opérer cette merveille, le Verbe se sert de la nature humaine qui lui est unie. C’est par sa nature humaine que le Christ prononce des paroles et, de ses mains, touche le malade : la vie dérive donc de la divinité et, par l’humanité, atteint les corps et les âmes. Nous comprenons alors la parole de l’Evangile qui nous dit que « la foule cherchait à toucher Jésus, parce qu’il s’échappait de lui une puissance qui guérissait tous les malades ». Ainsi le Christ opère des miracles… distribue la grâce, avec une liberté et une puissance souveraines, parce que, étant Dieu, il est la source de toute grâce et de toute vie, mais il le fait en se servant de son humanité. Cette humanité est jusqu’à la fin des temps prolongée dans les sacrements. Hier, c’était le soupir et le doigt du Christ, aujourd’hui, c’est une formule qui absout, de l’eau qui purifie, une hostie qui devient la chair du Christ, par la toute-puissance du Christ qui a prolongé dans ces matières la vertu de son humanité instrument de sa divinité. L’humanité est toujours vivifiante, à cause de son union avec le Verbe divin.
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