Cosmétiques sans conservateurs: est-ce vraiment possible?

par adm
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Cosmétiques : peut-on se passer des conservateurs ?

Parabène, phénoxyéthanol : règles d’utilisation strictes

Chaque mois, les conservateurs cosmétiques font les gros titres, suscitant une vague d’inquiétude parmi les consommateurs. Bien que les opinions dans l’industrie puissent diverger, un consensus demeure : les conservateurs sont essentiels pour empêcher la croissance de germes, bactéries et champignons dans les produits de beauté. Alors, est-il vraiment indispensable de les utiliser, certains sont-ils préférables à d’autres, et présentent-ils un risque pour la santé ? Actuellement, les laboratoires cherchent des alternatives pour répondre à ces controverses. En l’absence de conservateurs, beaucoup de produits nécessiteraient une conservation au réfrigérateur et devraient être utilisés rapidement. Ils sont donc cruciaux pour l’industrie cosmétique et sont soumis à une réglementation rigoureuse : ils doivent être approuvés par la réglementation européenne qui spécifie les modalités de leur utilisation et leur concentration maximale admissible.

Les cinquante-neuf conservateurs autorisés ont été rigoureusement évalués et sont régulièrement surveillés pour assurer leur sécurité. « Avant 2005, les parabènes, la méthylisothiazolinone (MIT) ou le phénoxyéthanol étaient couramment utilisés », explique Pierre-Jacques Ferret de chez Pierre Fabre. Les parabènes étaient appréciés pour leur efficacité, leur coût abordable et leur bonne tolérance. Toutefois, certains ont été suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, bien que seulement quelques-uns posaient problème. Cependant, une fois la méfiance installée, beaucoup de marques les ont éliminés, même si l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) les avait approuvés. « Beaucoup de peurs infondées ont été exprimées », regrette Patricia Manissier de chez Caudalie. Les MIT, connus pour être allergènes, et le phénoxyéthanol, jugé toxique pour le foie et le sang en 2012 par l’ANSM, ont également été critiqués, ce dernier devant voir sa concentration limitée à 1 %, et à 0,4 % pour les produits destinés aux enfants.

Les conservateurs naturels : une alternative viable ?

Face à ces défis, l’industrie a dû innover pour trouver des alternatives sûres et efficaces. « Les scandales ont poussé tout le monde, y compris les marques bio, à reconsidérer leurs formules », observe Didier Thévenin de Melvita. Cependant, les conservateurs naturels ont leurs propres inconvénients : l’éthanol peut dessécher et sensibiliser la peau, et les huiles essentielles peuvent provoquer des allergies. Les marques se tournent alors vers le benzoate de sodium, l’acide déhydroacétique, le benzide d’alcool ou le sorbate de potassium. « L’art de la conservation est une question de formulation », résume Didier Thévenin. En utilisant des mélanges, on réduit les risques de réactions tout en gardant une efficacité optimale.

Une autre stratégie consiste à améliorer les emballages pour assurer des formulations stériles, une approche choisie par Patyka, explique Mélia Roger, directrice marketing : « Cela nous permet d’éviter la contamination et de prolonger la conservation des produits jusqu’à six mois supplémentaires, mais cela augmente considérablement les coûts de production en raison des brevets. » Chez L’Oréal, on explore toutes ces pistes. Pascale Mora, directrice scientifique, étudie également le rôle de l’eau dans les formulations, qui favorise la croissance bactérienne, tout en veillant à ne pas compromettre le plaisir d’utilisation.

La cosmétique fraîche de demain ?

Depuis 2015, de nouvelles marques telles que Romy, Nuori, Ringana ou Laboté proposent des produits fabriqués à la demande et à utiliser rapidement. « J’ai voulu créer ma marque en réalisant que les conservateurs étaient souvent surdosés », explique Lucile Battail, fondatrice de Laboté. En ayant un laboratoire directement dans le point de vente, elle contourne les problèmes de stockage et assure une efficacité maximale avec une utilisation dans les trois mois, tout en réduisant les conservateurs. Les formules bénéficient d’additifs comme la vitamine E, antioxydante pour les formules ainsi que pour les cellules, et la glycérine hydratante.

Les bonnes pratiques de fabrication sont scrupuleusement suivies par les entreprises cosmétiques, et il revient aux consommateurs de respecter les dates de péremption. Cette nouvelle approche pourrait révolutionner l’utilisation de conservateurs en cosmétique, suggère Jean-Claude Le Joliff de la Cosmétothèque, en intégrant des produits qui favorisent le développement de bonnes bactéries cutanées.

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