Nietzsche : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

E&R
26/03/2021

Nietzsche : "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

Dans Crépuscule des Idoles, en 1888, Nietzsche écrit : « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort ». Le philosophe, malade depuis l’adolescence, pense le corps-esprit sans dualisme... De son rapport au corps, quelle philosophie propose-t-il ? Faut-il souffrir pour bien vivre ?

Nietzsche occupe une position à part dans l’histoire de la philosophie, en raison de la place qu’il accorde au corps, soumettant l’idée que la science philosophique par excellence serait la physiologie. Comment pense-t-il la blessure ? Serait-elle, non un mal en soi mais une épreuve qui conduit à se surpasser ? Qu’est-ce que « la volonté de puissance », théorisée dans Ainsi parlait Zarathoustra en 1883 ?

« Ce qui ne me tue pas me rend plus fort », un éloge des survivants ?

« La survie n’est pas la notion la plus importante dans cette formule, Nietzsche est un penseur de la volonté de puissance, une hypothèse introduite dans "Ainsi parlait Zarathoustra" puis généralisée dans "Par-delà le bien et le mal". Une des implications de cette hypothèse est que les forces tendent toujours à s’intensifier et pas simplement à se conserver, la logique de conservation de soi est toujours une exception provisoire à celle de l’intensification… Cette exception existe, certains organismes se retrouvent à devoir lutter pour leur survie, mais aux yeux de Nietzsche, c’est exceptionnel, et c’est une des critiques qu’il adresse à Darwin. »
(Emmanuel Salanskis [1])

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Nietzsche, penseur de l’innocence du devenir

« Sous une formule qui semble s’adresser à tout un chacun, "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort", il ne faut jamais oublier qu’il y a l’aristocratisme de Nietzsche qui est sous-jacent, et qui implique qu’en fait tous les individus ne vont pas ressortir renforcés par les épreuves qu’ils vont rencontrer, toutes les adversités ne vont pas être profitables, chez Nietzsche, l’adversité peut aussi écraser. Chez Nietzsche, il n’y a pas de responsabilité individuelle vis-à-vis de ses instincts, de son destin… Nietzsche est un penseur de l’innocence du devenir, il cherche à récuser la doctrine du libre-arbitre, donc il n’y a pas de liberté personnelle qui s’exercerait. »

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