L’UPR chasse les complotistes

Agence info libre
22/09/2015
33:22

L’UPR chasse les complotistes

Dans un message adressé à ses adhérents, l’Union Populaire Républicaine demande de supprimer tous les contenus « complotistes » des réseaux sociaux et qualifie l’antisionisme de « polémique inutile ». L’occasion de revenir en détail sur l’UPR, son évolution, la période charnière que le parti traverse actuellement, et les choix stratégiques nouveaux qu’il opère.

On peut reconnaître à l’Union Populaire Républicaine, parti politique fondé par François Asselineau il y a maintenant plus de huit ans, d’avoir su faire son trou sur la toile en diffusant ses analyses sur l’Union Européenne et la souveraineté de la France. L’UPR est aujourd’hui sur le point de présenter des listes aux élections régionales de décembre 2015 dans toutes les régions de France métropolitaine et à la Réunion. Quand on pense au nombre de candidats et de candidates qu’il faut présenter pour y arriver, que plusieurs partis très renommés (EELV, UDI, etc) n’y parviendront peut-être pas et que l’UPR se trouvera en conséquence la seule à se présenter aux côtés des grandes écuries partout en métropole, on peut parler objectivement de belle réussite et de « changement de dimension » de l’UPR.

L’UPR change de dimension

L’UPR revendique 8661 adhérents à ce jour, chiffre en croissance depuis la création du parti et correspondant aux adhérents à jour de cotisation, c’est-à-dire ayant adhéré ou renouvelé leur adhésion au cours des trois dernières années. Grâce à sa présence aux élections régionales de décembre 2015, l’existence de l’UPR sera révélée à un grand nombre de Français, grâce à la profession de foi de l’UPR qu’ils auront reçue ou au bulletin de vote qu’ils découvriront devant l’urne. Par ailleurs, et c’est un véritable coup de maître, l’UPR se fera connaître de tous les maires de France, qui à n’en point douter surveillent de près les listes en présence sur leurs communes, ainsi que les suffrages qu’elles recueillent. À moins de deux ans des élections présidentielles, objectif ultime de François Asselineau, l’UPR prépare donc à merveille la phase de collecte des 500 signatures, véritable chemin de croix de ceux qui souhaitent accéder au « grand jeu » sans la complaisance du pouvoir.

D’ailleurs, l’un des derniers articles en date publiés par l’UPR appelle ouvertement à « soutenir la manifestation des maires » contre la baisse des dotations de l’État aux collectivités territoriales, preuve que l’objectif numéro un du moment est de se faire connaître auprès des maires de France. Les élections régionales en seront l’occasion rêvée.

La clé de l’accès des médias de grande audience

Cette ampleur, François Asselineau a su la gagner à partir de zéro, sans la moindre complaisance des médias de grande audience, il ne manque d’ailleurs pas de s’en vanter. Compte tenu de la nouvelle dimension prise par l’UPR, les invitations médiatiques se feront probablement un peu plus fréquentes, même si elles risquent de rester scandaleusement moins nombreuses que celles des autres partis de la même taille.

Le dernier passage de François Asselineau dans un grand média remonte au 20 septembre 2014, à l’occasion de son apparition dans l’émission « On n’est pas couché » animée par Laurent Ruquier. Sur trente trois minutes de passage à l’antenne, les chroniqueurs l’ont cuisiné durant quatre interminables minutes sur Serge Ayoub et Alain Soral. Aymeric Caron reprochait à François Asselineau d’avoir préparé une conférence dans des locaux fournis par Serge Ayoub. Mal préparé à ce procès, François Asselineau a fini par accepter de donner satisfaction à Aymeric Caron pour gagner le droit de changer de sujet. « Est-ce que vous dénoncez le positionnement d’Alain Soral et son antisémitisme ? ». Réponse de François Asselineau après avoir soigneusement évité de prendre position pendant de longues minutes : « Mais oui, bien entendu ». C’est à revoir ici.

L’UPR à la croisée des chemins

Deux stratégies s’offrent à François Asselineau pour gérer les inévitables inquisitions dont il ne manquera pas de faire l’objet durant ses passages en plateaux. La première est celle de la liberté d’expression revendiquée et donc de la confiance en l’esprit critique des auditeurs de ces grands médias dont l’UPR compte briguer les suffrages. Elle consiste à répondre à Aymeric Caron : « Je n’ai pas à me positionner par rapport à Alain Soral. À l’UPR, les individus sont libres d’exprimer leurs points de vue sur la question du sionisme et de son influence sur la politique française, mais nous n’avons pas de position officielle sur cette question. »

La deuxième stratégie est celle de la soumission à la terreur intellectuelle, à laquelle pourtant François Asselineau résiste parfaitement lorsqu’il s’agit de la construction européenne. Elle consiste à donner un minimum le change aux différents lobbies qui exercent une influence insolente dans les grands médias, voire une véritable inquisition. Choisir cette stratégie, comme l’a fait François Asselineau poussé dans ses retranchements face à Aymeric Caron, c’est avouer sa crainte que les auditeurs opèrent les raccourcis habilement suggérés par le lobby sioniste et instillés dans les esprits, notamment l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme.

En résumé, François Asselineau se trouve à la croisée des chemins. Il peut pousser jusqu’au bout la démarche de parler à l’intelligence des Français, c’est-à-dire briser les tabous sur vraiment tous les sujets, ou alors il accepte de ne s’attaquer qu’au dogme de la construction européenne en se soumettant à tous les autres pour conserver une chance d’accéder au pouvoir.

L’UPR se soumet à l’inquisition et fait le ménage

Surpris par l’intensité du procès d’intention dont il a fait l’objet chez Ruquier, il est facile d’accepter que François Asselineau ait fini par céder, afin de garder un peu d’espace pour exposer ses analyses très subversives sur l’Union Européenne.

Ce qui semble être plus difficile à accepter pour les adhérents et les sympathisants de l’UPR, c’est que François Asselineau, trop pressé de recevoir les honneurs des gazettes en vue de 2017, affiche maintenant sa volonté de précéder les attaques en faisant le « grand nettoyage » dans son parti.

Yannick Hervé, ancien délégué départemental de l’UPR dans le Bas-Rhin, a été exclu de l’UPR le 23 mai 2015, pour avoir affiché à plusieurs reprises son opinion sur le sionisme sur sa page personnelle de Facebook. Les raisons inavouées de cette exclusion (la soumission à la terreur) et la procédure hors-charte qui l’a menée à son terme a suscité un grand traumatisme à l’UPR, incarné par la démission de Régis Chamagne du bureau national de l’UPR et peut-être, de son départ prochain de l’UPR.

Est-ce l’Obus qui dirige l’UPR ?

Qu’est-ce qui terrorise l’UPR à ce point ? Derrière le compte Twitter « L’Obus », qui après consultation semble effectivement vouer une haine chronique à l’UPR, se cacherait une officine chargée de traquer les propos publiés par les adhérents de l’UPR, comme l’illustre ce ce tweet :

Inquisition sur l'UPR par L'obus

Certes, il n’est pas très agréable de constater que l’on suscite l’obsession de certains sites Web intolérents, à l’Agence Info Libre nous en savons quelque chose, mais il me semble qu’il ne s’agit là que de vulgaires techniques d’inquisition 2.0 , que quiconque parle librement et publiquement vient à subir et que l’UPR devrait dénoncer avec la même force qu’il dénonce l’imposture de l’anti-fascisme.

L’UPR qualifie l’antisionisme de « polémique inutile »

Dernièrement, le bureau nationale de l’UPR a diffusé un message à tous ses adhérents pour leur demander de nettoyer leurs réseaux sociaux, y compris leurs pages personnelles, et en remontant à plusieurs années. Doivent être supprimés tous les messages suscitant des « polémiques inutiles », en citant comme exemples l’antisionisme et le complotisme. Ainsi donc, pour éviter à François Asselineau lors de ses futures apparitions médiatiques d’avoir à s’expliquer longuement sur le fait qu’un adhérent UPR ait publié un contenu brisant quelque tabou, l’UPR en appelle à l’auto-censure.

Cette posture stratégique paraît terriblement déficiente pour au moins trois raisons.

  1. Premièrement, si l’UPR supprime des contenus controversés et exclut les récalcitrants comme Yannick Hervé, il n’en restera pas moins que les contenus ont été publiés et que le crime de lèse-bien-pensance est déjà commis aux yeux des journalistes et chroniqueurs qui auront déjà toute la matière suffisante pour faire des procès d’intention et des amalgames.
  2. Deuxièmement, la vérité finit toujours par triompher, mêmes des pouvoirs les plus puissants. Il ne faut donc jamais rien lui retirer. Si François Asselineau pense que le sionisme n’est pas une composante à part entière de l’asservissement de notre pays au même titre que l’Union Européenne, qu’il le dise clairement, mais qu’il ne joue pas la carte de la « charte de l’UPR » pour esquiver le tabou et reléguer cette question au rang des sujets futiles et clivants. Qui peut croire que ce sujet divise les adhérents de l’UPR ? Si les adhérents ne sont certes peut-être pas tous militants antisionistes, loin de là, je pense qu’ils ont tous suffisamment les yeux ouverts pour constater l’influence du lobby pro-Israëlien en France et les conséquences absolument catastrophiques qu’il exerce sur les intérêts de la France à l’étranger. On le voit actuellement avec Laurent Fabius qui souhaite à nouveau bombarder la Syrie, quand ce n’est pas BHL qui passe son temps entre l’Élysée et les champs de bataille en Lybie ou à Maïdan. En évitant de parler du rôle majeur du sionisme en France aujourd’hui et en acceptant de censurer ses adhérents sur ce sujet, François Asselineau concède quelque chose au pouvoir politico-médiatique. François Asselineau pense peut-être avoir fait le travail une bonne fois pour toute mais c’est probablement faux. Ce qu’il a accepté, c’est un pied dans la porte, et le pouvoir exigera progressivement bien davantage à mesure que du temps d’antenne lui sera donné.
  3. Troisièmement, François Asselineau profite d’une ferveur qu’il a lui-même suscitée en ayant un discours de totale vérité. Mais en abandonnant progressivement cette posture de vérité dérangeante pour une vérité partielle, arrangée, François Asselineau risque de faire retomber cette ferveur. Les rangs de l’UPR se videront petit à petit des militants les plus intègres et les médias finiront par présenter l’UPR comme ce qu’il deviendra malgré lui s’il continue sur cette voie, c’est-à-dire un parti mono-sujet et donc inoffensif, comme l’est EELV sur l’écologie, le FN sur l’immigration, etc. Un parti dont les meilleurs adhérents ayant su autrefois créé un élan quasi-révolutionnaire ont finalement été soit exclus, soit achetés par un poste très confortable mais inutile de conseiller municipal ou de député.

Tel est l’avenir de l’UPR s’il sacrifie la vérité, ne serait-ce que pour une miette.

Conclusion : l’UPR invite à s’auto-supprimer de la toile

Dans ce message adressé à ses adhérents, l’UPR invite donc les troupes à supprimer les contenus « complotistes ». Quand on sait que le terme « complotiste » est un mot valise et que c’est le terme préféré des chiens de garde du type d’Aymeric Caron pour discréditer l’opposition réelle et empêcher tout débat, il y a de la surprise, voire de la trahison, à voir ce terme écrit sous la plume de l’UPR pour faire le ménage.

Qu’est-ce qu’un contenu complotiste M. Asselineau ? Un contenu qui relève les failles de la version officielle du 11 septembre 2001 ? Ou bien un contenu qui montre que la construction européenne est une idée née dans l’esprit d’un officier nazi, recyclée par les Américains après la guerre puis pilotée par la CIA depuis 70 ans ?

Il serait amusant que les adhérents de l’UPR prennent effectivement son bureau national au mot en supprimant tous les contenus subversifs publiés par François Asselineau depuis 8 ans et qui font sa renommée actuelle.

Damien – Agence Info Libre