« Pédo-collabo ! », « baboucholâtre amateur de petits enfants ! », les internautes étaient déchaînés contre Lang, mardi, après le débat l’ayant opposé à Eric Zemmour sur CNews. Il faut dire que le polémiste avait totalement enfoncé l’ancien ministre de Mitterrand, au point que ce dernier, ridiculisé, acculé dans les cordes du ring médiatique, avait menacé de quitter le plateau. C’est tout le problème de Zemmour : il fait des audiences considérables. Débattre avec lui, c’est la garantie d’être exposé à la lumière, de revenir dans la course médiatique, quand l’âge vous en fait sortir (80 ans pour Lang). Mais à condition, toutefois, de ne pas être laminé. Lang aurait mieux fait, c’est vrai, dans son propre intérêt, de quitter le débat. C’est que notre momie à paillettes ne s’attendait pas à devoir batailler ainsi. Il était venu pour présenter son dernier ouvrage, La Langue arabe, trésor de France, un livre à ranger dans sa bibliothèque à côté de cet autre chef-d’œuvre du même auteur, Immigration positive. Lang n’est guère habitué à être interrogé autrement qu’avec componction et révérence, par des journalistes complaisants. Le choc de sa rencontre avec Zemmour, il n’est pas près de l’oublier. Il faut dire que le titre même de son livre était une provocation pour Zemmour (et pour beaucoup d’autres). Selon Lang, la France serait « liée à la culture orientale, à la culture arabe, à la langue arabe depuis des siècles ». Ce n’est pas faux, si l’on tient compte de la colonisation. Mais le grand écart de Lang le conduit à chercher des exemples historiques lui permettant de démontrer, hors de l’épopée coloniale, que la langue arabe est un « trésor de France ». Exercice difficile, qui a conduit Zemmour à réagir en le traitant d’« idiot utile des Frères musulmans qui veulent arabiser la France pour mieux l’islamiser ». « L’arabe a toujours été considéré comme une langue étrangère, pas une langue française », le polémiste enchaîne les formules chocs, celles auxquelles tout le monde pense, mais que personne n’ose plus formuler, de peur de récolter un procès, ou pire, un coup de couteau dans le métro : « Vous oubliez que l’arabe, c’est la langue de Allah Akbar qui a tué 250 personnes » ; « l’arabe est la langue de l’expansion de la religion musulmane » ; « les conquérants arabes ont imposé leur langue, leur dieu et le Coran »… Son livre écrit par quelqu’un d’autre ? Démontrer qu’au contraire la langue arabe n’est qu’amour est beaucoup plus compliqué, Lang l’a appris à ses dépens. Il s’en est pris au « fanatisme », à « l’obscurantisme » de Zemmour, mais l’ancien ministre semblait incapable de donner des contre-exemples, des faits historiques. A croire que son livre avait été écrit par quelqu’un d’autre, et qu’il n’avait eu que le temps de lire la quatrième de couverture. La dernière passe d’armes a été consacrée à l’Institut du monde arabe, la sinécure où pantoufle l’ancien ministre. Eric Zemmour a mis en cause le financement de l’institut par les pays du Golfe. « C’est absolument faux », s’est indigné Lang, qui a indiqué qu’il était financé par l’Etat français et par des mécènes… Reste à nommer ces mécènes, donner leur nationalité, cela aiderait à savoir qui a raison. Mais curieusement Lang ne l’a pas fait. •
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Alors que l’analyse par les enquêteurs des ordinateurs et du téléphone portable de Mickaël Harpon a apporté ces derniers jours de nouveaux éléments confirmant la motivation islamo-terroriste de l’auteur de la tuerie de la préfecture de police de Paris du 3 octobre dernier, Laurent Nuñez était auditionné mercredi par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les fameux « dysfonctionnements » qui ont permis à Harpon de commettre ce carnage. Une audition au cours de laquelle le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, ne craignant pas l’euphémisme, a admis un « loupé » dans la détection de Harpon. « Comment tuer les mécréants » Nous avons tous encore en mémoire les mots incroyables employés par Eric Ciotti (LR) et Florent Boudié (LREM) lors de leur présentation à la presse au début du mois des premières conclusions de la commission d’enquête de l’Assemblée sur l’attaque islamiste de la préfecture de police de Paris (voir Présent du 7 février). Faisant part de la « sidération » de l’ensemble des membres de la commission face à une « accumulation de dysfonctionnements majeurs, structurels, fonctionnels et organisationnels » et face à « l’amateurisme » régnant au sein de la direction du renseignement de la préfecture de police, les deux parlementaires n’hésitaient pas à dénoncer « une faillite collective », « compte tenu du profil de Mickaël Harpon ». Un profil qui s’est encore affiné ces derniers jours, grâce aux expertises techniques réalisées par les enquêteurs sur les appareils numériques personnels du djihadiste, et notamment sur son téléphone portable. C’est ainsi que les équipes de la DGSI ont découvert que, une heure avant de massacrer quatre de ses collègues, l’informaticien en poste à la DRPP avait effectué des recherches Internet sur la manière de « tuer les mécréants ». Ou encore que, la veille du carnage, il avait utilisé lors de sa navigation sur le Web le mot-clef « kouffar » (mécréants, en arabe) et avait entrepris de chercher des billets d’avion pour se rendre en pèlerinage à La Mecque. Rappelons que, lors de l’analyse du contenu de son matériel professionnel dans les semaines qui ont suivi l’attentat, les équipes techniques de la DGSI avaient déjà découvert sur plusieurs clefs USB des vidéos de propagande djihadiste (dont des images de décapitation) ainsi que diverses informations collectées par la DRPP. L’« incompréhension » de Nuñez Des découvertes qui, au fond, ne font que confirmer ce que nous savions déjà : à savoir que Harpon, converti à l’islam depuis une dizaine d’années, était non seulement un fou d’Allah, mais ne cachait pas en outre son admiration pour les islamo-terroristes. Un profil qui ne l’a pourtant pas empêché de continuer à exercer tranquillement ses fonctions au sein de ce service sensible qu’est la DRPP, ni même de voir régulièrement renouvelée son habilitation « secret défense ». Et pourtant, comme le soulignaient encore Ciotti et Boudié le 5 février, il y avait eu « une accumulation de signes » en amont de la tuerie du 3 octobre. Comme cette fois où, en 2015, Harpon s’était réjoui devant ses collègues de l’attentat de Charlie Hebdo. Des propos qui n’avaient été rapportés qu’oralement à ses supérieurs et n’avaient pas fait l’objet d’un signalement officiel. Ou encore ce « repli religieux » qu’avaient constaté ses collègues depuis sa conversion en 2010, qui n’a jamais donné lieu à la moindre enquête. Des défaillances incroyables que Laurent Nuñez s’est vu contraint de reconnaître mercredi lors de son audition par la commission d’enquête de l’Assemblée. Evoquant pudiquement un « loupé », le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur a en effet expliqué : « Une conversion dans un service de renseignement doit forcément attirer l’attention […]. Il aurait dû y avoir des investigations. » Et celui qui était directeur de cabinet du préfet de police de Paris au moment de l’attaque de Charlie Hebdo d’ajouter alors : « Je le comprends d’autant plus mal que d’autres types de signalements nous étaient remontés ». •
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C’était en 2018. Bousculé par des médias et une opinion publique révoltés par la multiplication des agressions sexuelles perpétrées par des gangs de prédateurs pédophiles pakistanais, Sajid Javid, alors ministre britannique de l’Intérieur, prenait l’engagement solennel auprès du peuple anglais de faire réaliser une enquête « sans aucun tabou » sur ces gangs et de la rendre publique. Or, deux ans plus tard, et l’enquête achevée, le gouvernement refuse obstinément de publier ses conclusions. Plus de 19 000 victimes ! Rappelons d’abord le caractère monumental et absolument ignoble de ce scandale. Entre 1970 et 2010, dans de nombreuses villes de Grande-Bretagne (dont Manchester, Newcastle, Bristol, Rochdale, Telford, Rotherham, Huddersfield, etc.), plusieurs groupes de prédateurs sexuels, appelés « grooming gangs » outre-Manche, avaient pris l’habitude d’enlever, de séquestrer, de droguer, de violer, de battre et de traiter comme des esclaves des adolescentes anglaises souvent placées en foyer ou considérées comme vulnérables. Suivant le même mode opératoire, racontera ainsi le Manchester Evening News, « les agresseurs parcourent les villes » avec pour but de « ramasser ces enfants, les droguer, avoir des relations sexuelles avec eux, puis les jeter comme de vulgaires morceaux de viande dans les foyers d’accueil qui leur servent de famille ». Des gangs dont on estime aujourd’hui le nombre de victimes à plus de 19 000 adolescentes, et dont il est avéré qu’ils ont agi en toute impunité, dans l’indifférence totale, voire avec la complaisance des autorités du pays. Et cela, pour une raison que n’osent reconnaître celles-ci : tous ces « grooming gangs » étaient exclusivement composés de prédateurs sexuels d’origine pakistanaise et musulmans ! Racisme et sectarisme religieux C’est ainsi que The Independant, découvrant que la fameuse enquête promise en 2018 par Sajid Javid était terminée depuis décembre 2019 et s’informant auprès des autorités des raisons pour lesquelles celle-ci n’avait toujours pas été rendue publique, a appris que ce rapport resterait finalement « à usage interne » et ne serait pas publié. Officiellement, bien sûr, parce que sa « divulgation risquerait de précipiter des décisions que les ministres doivent encore prendre ». Que « l’information pourrait être trompeuse si elle était rendue publique et utilisée hors contexte ». Et enfin parce qu’il contiendrait « des informations qui pourraient nuire aux enquêtes en cours » si elles étaient publiées… Mais la véritable raison, c’est une victime de Rotherham qui l’a donnée, en dénonçant dans The Independant« l’incapacité répétée du gouvernement à reconnaître le rôle d’un racisme et d’un sectarisme religieux dans les crimes des “grooming gangs” ». •
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De notre correspondante à Beyrouth. – Pour l’ayatollah Ali Khamenei, le coronavirus est un instrument de propagande au service des puissances étrangères pour nuire au bon déroulement des élections législatives de ce week-end : « La propagande a commencé il y a quelques mois et s’est intensifiée à l’approche des élections et surtout les deux derniers jours précédant le scrutin en utilisant le prétexte de cette maladie », a-t-il jugé dimanche lors de son cours de théologie hebdomadaire adressé à des étudiants à Téhéran. Et de dénoncer sur son site Internet officiel « l’énorme nuage de désinformation créé par les médias étrangers qui n’ont pas manqué la moindre occasion de décourager les gens d’aller voter ». Or, entre déni et manœuvres électorales, l’Iran est devenu en quelques semaines le principal propagateur du virus au Proche-Orient et le deuxième pays le plus touché après la Chine. Pèlerins, travailleurs immigrés, hommes d’affaires, militaires et religieux se déplacent depuis des semaines sans le moindre contrôle sanitaire au travers des frontières par voie de terre ou par les airs à destination des pays voisins, eux-mêmes le plus souvent dépourvus de systèmes de contrôle et de santé publique les plus élémentaires. De nouveaux cas sont découverts chaque jour en Irak, Afghanistan, Bahreïn, Koweït, Oman, Liban, Emirats arabes unis, tous ayant une origine pistée jusqu’en Iran. « Le Proche-Orient cumule toutes les conditions favorables à une expansion massive d’un virus », explique Peter Piot, le directeur de l’Ecole d’hygiène et de médecine tropicale de Londres (London School of Hygiene and Tropical Medicine). Pour le seul mois de janvier, ce sont plus de 30 000 Afghans qui se sont rendus à Qom, point de départ de l’épidémie, au sud de la capitale iranienne. En réponse à la minimisation des chiffres par le régime des mollahs, le député de Qom Ahmad Amiri Farahani a affirmé lundi dans un discours devant le Parlement qu’au moins 50 personnes seraient déjà mortes dans sa circonscription et que dix autres y meurent chaque jour, déclaration vivement démentie par un conseiller du ministère de la Santé. Le professeur Mohammad Reza Ghadir, patron de la faculté de médecine de Qom et lui-même actuellement en quarantaine sur son campus, a pour sa part déclaré lundi sur une chaîne de télévision étatique que le ministère de la Santé aurait interdit aux autorités de la ville de « rendre publiques les statistiques » concernant la propagation du virus. A Beyrouth, une femme de 41 ans diagnostiquée positive et hospitalisée en Iran la semaine dernière a été rapatriée jeudi dernier au Liban, les autres passagers du vol n’ayant été avertis que le lendemain et encouragés « à rester chez eux en autoquarantaine ». Ce n’est que depuis lundi qu’une partie des passagers est soumise de façon arbitraire à des tests de température et à un confinement à l’aéroport durant quelques heures, « au cas où ils montreraient des symptômes d’infection ». •
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Une photo prise alors qu’il était ébloui par le soleil valut au président Poincaré l’infamant surnom de « l’homme qui rit dans les cimetières ». Son lointain successeur serait plutôt l’homme qui s’éclate aux funérailles. Après avoir présidé les obsèques – organisées par Madame – de Johnny Hallyday à la Madeleine, puis officié lors des cérémonies d’hommage se déroulant sur son ordre aux Invalides en l’honneur de Simone Veil, de Jean d’Ormesson et de Charles Aznavour le 5 octobre 2018, il a choisi de remettre ça ce vendredi 28 février à 11 h 30 pour rendre hommage à Jean Daniel, mort presque centenaire neuf jours plus tôt (voir Présent du 22 février). Avec ce pilier du Monde puis du Nouvel Obs, « la France perd une conscience, de ces hommes qui font l’Histoire à la seule force de leur plume », avait en effet pleurniché Emmanuel Macron à l’annonce du décès, oubliant que Jean Bensaïd, alias Daniel, avait constamment, bien que natif de Blida, soutenu les combats du FLN puis la République algérienne, trahissant ainsi Albert Camus dont il se présentait abusivement comme l’héritier. Il se vantait d’avoir « démarxisé l’intelligentsia française », mais cela fut pour convertir ses pairs au tiers-mondisme avec ses corollaires, l’exaltation des révolutions tropicales, celle de Castro notamment, et surtout l’acceptation aveugle de l’immigration-invasion (cf. Giscard). Cela mérite-t-il vraiment les Invalides, en une suprême injure à ceux tombés pour que la France reste la France ? • Photo : Daniel chez Castro.
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Perruques, déguisements et festivités : bienvenue dans les Flandres en période de carnaval ! A Bailleul, « la messe des carnavaleux » est même l’un des événements les plus appréciés des habitants… L’église Saint-Vaast de Bailleul avait une drôle d’allure le 23 février dernier. C’était en effet le jour de cette « messe des carnavaleux », moment de spiritualité instauré en 2006 au cœur d’une folle semaine de festivités. Pour être plus exact, le carnaval dure cinq jours et se déroule jusqu’au Mardi gras. A ne pas confondre avec le carnaval de Dunkerque, celui de Bailleul est une très ancienne tradition puisque sa première édition remonte à 1853. A l’origine, il ne se déroulait que le Mardi gras et avait pour but de récolter des fonds pour les nécessiteux. De nos jours, il est marqué par des défilés de chars et de « géants du Nord », ces mannequins de plusieurs mètres de haut représentant des personnalités ou des professions locales. Les « ducasses » – comprenez « fêtes foraines » – mais aussi les fanfares et les soirées arrosées sont également au programme. Sermon convenu mais messe très populaire Le dimanche matin, une partie de la ville se retrouve donc à l’église. Pratiquants ou non, athées, personnes costumées ou en tenue plus conventionnelle, tous répondent à l’appel lancé par l’abbé Pascal Janin il y a près de quinze ans. Ce prêtre originaire de Lyon venait alors d’arriver dans le Nord pour tenir le rôle d’aumônier de l’Etablissement public de santé mentale des Flandres ; pour s’acclimater à Bailleul, il avait imaginé une messe rassemblant les fidèles de la paroisse et les habitués du carnaval. Cette année était un peu particulière pour lui, l’abbé étant en partance pour une nouvelle mission. La foule de 1 500 personnes lui a donc rendu de multiples hommages. On pourra toutefois regretter son dernier sermon très timide et convenu insistant lourdement sur « la fraternité entre les peuples » face à une assemblée pourtant très homogène et peu confrontée à l’immigration. Beaucoup assistaient à leur seule et unique messe de l’année et n’entendront donc personne leur parler de foi catholique, et encore moins de conversion. Occasion manquée ! Malgré les tenues souvent excentriques, le respect était de mise durant toute la célébration. Les salves d’applaudissements suivant les interventions du prêtre ou les airs de cornemuse ont peut-être interloqué certains visiteurs de passage mais furent toujours lancées avec bienveillance et mesure. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’instrument celtique résonnait dans l’édifice puisqu’un bagad écossais effectue le déplacement à Bailleul pour le carnaval depuis près d’un demi-siècle. Après la messe, une autre tradition en lien avec la paroisse vint animer la petite cité flamande, tous les chars passant devant le parvis de l’église pour recevoir la bénédiction du prêtre avant la grande parade de l’après-midi. En musique, bien sûr ! • Légende photo : Une église pleine et colorée pour le carnaval de Bailleul.
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Romain naquit vers la fin du IVe siècle dans la province des Séquanais, appelée le Haut-Bugey. Parvenu à l’âge de 35 ans, Romain résolut d’embrasser la vie solitaire. Dans l’intention de se former, il alla se placer sous la conduite de Sabin, abbé d’Ainay, monastère fondé au confluent de la Saône et du Rhône en l’honneur des saints martyrs de Lyon. Il remarqua que les religieux y vivaient du travail de leurs mains et il résolut d’adopter cette pratique. Peu de temps après, il se retira, emportant avec lui un exemplaire de la vie des Pères du désert et des Constitutions de Cassien. Il se rendit alors dans les épaisses forêts du Jura qui séparent aujourd’hui la Franche-Comté du pays de Gex, s’arrêta dans une vallée appelée Condat, là où se réunissent deux rivières, le Tacon et la Bienne. Il trouva dans cet endroit un espace de terre propre à la culture, une fontaine et des arbres ; il s’y installa, partagea son temps entre la prière, la lecture, le travail manuel, fort heureux d’être oublié du monde qu’il avait oublié le premier. •
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La fin du manichéisme ? Rossellini fit en 1967 un très bon film intitulé La Prise du pouvoir par Louis XIV. Le film d’aujourd’hui aurait pu s’intituler La Prise du pouvoir par Francisco Franco Bahamonde. Pourquoi Lettre à Franco ? Sans doute un clin d’œil au libelle d’Arrabal, Lettre au général Franco(1971), qui n’a rien à voir ici. Le titre espagnol est Mientras dure la guerra (« pour la durée de la guerre », titre anglais : While at War). Il s’agit de la clause qui fit accepter l’élection de Franco comme généralissime, en septembre 1936, au général franc-maçon Cabanellas, alors président de la Junte. Ce film est une bonne surprise. Pour la première fois en France depuis le livre de Michel del Castillo (Le Temps de Franco, Fayard, 2008 : toujours pas en poche !), le grand public a accès à une vision nuancée du soulèvement de 1936 et de la personnalité du Caudillo. Alors qu’il est obligatoire en France, dans nos gros médias et nos grands quotidiens, de définir au préalable le camp du bien (la République) et le camp du mal. Même dans Le Figaro et La Croix, journaux où l’on soutint jadis avec enthousiasme la cause des « nationaux » et où l’on tremble encore aujourd’hui devant le moindre gilet jaune et la moustache de M. Martinez (cf. les chroniques de Bruno Frappat, qui aime pourtant les terroristes du FLN, mais quand ils sont loin ou morts). Bien entendu, le réalisateur chilien Alejandro Amenábar (de mère espagnole) a pris ses précautions. Il tient ici et là des propos tout à fait figaresques, mentionnant peu avant le générique que « des élections libres ont enfin eu lieu en Espagne en 1977 », et montrant d’emblée un invraisemblable fanion nazi et cinq malheureux Junkers qui sont censés faire passer en Espagne les régiments du Maroc (en réalité les quelques avions allemands et surtout italiens loués par Franco servirent à écarter les navires de guerre espagnols qui, privés d’officiers à la suite de mutineries, ont vite pris la fuite). Mais Amenábar restitue bien la complexité de la situation et la personnalité de Franco, qui n’était pas à l’origine de l’insurrection du 19 juillet (dirigée par Sanjurjo et Mola), la retarda même, jusqu’à l’étincelle que fut l’assassinat du député monarchiste Calvo Sotelo le 13 juillet (gommée dans le film). Amenábar a choisi un biais : observer les débuts de la guerre civile du point de vue de Miguel de Unamuno, grand écrivain et recteur de l’université de Salamanque, qui s’opposa aux violences verbales du général légionnaire Millán Astray en octobre 1936, mais avait pris parti en juillet pour les militaires révoltés. Il a trouvé de superbes acteurs cultivant la ressemblance avec les protagonistes, notamment Franco et son épouse (Santi Prego et Mireia Rey), mais aussi Cabanellas (Tito Valverde) et Mola (Luis Callejo), principaux généraux de la Junte. Et bien sûr Unamuno (Karra Elejalde). Seul Millán Astray (Eduard Fernández) est un peu rajeuni et caricaturé. Ce n’est pas cependant une reconstitution historique. Les mouvements de foule, les scènes de violence physique sont réduits au minimum. On est dans une véritable tragédie classique. Le décor est stylisé (superbes vues de Salamanque et des alentours, mais quasi déserts). Chacun des protagonistes a même son confident (Nicolas Franco, l’ingénieur maritime, pour son frère ; l’assistant gauchiste ou le petit-fils orphelin, pour Unamuno). Les femmes sont bien présentes, comme chez Racine ou Corneille. Les dialogues, ciselés, à deux ou trois personnages, se succèdent, mais à un rythme soutenu, jamais ennuyeux. Avouons tout de même qu’Amenábar n’a pas su s’en tenir à l’unité d’action des classiques. Il a entremêlé, à parts égales, deux beaux sujets. L’évolution d’Unamuno d’un conservatisme prudent jusqu’au coup d’éclat du 12 octobre. Et la montée en puissance de Franco, qui n’avait rien d’un matamore… Mais les amateurs de folklore nationaliste ne seront pas trop frustrés : à défaut du Cara al sol dont on entend un bref écho, l’hymne Gloria à la « bandera bicolor » est superbement interprété par de jeunes soldats. •
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Loin d’un conte de fées comme le titre pourrait le laisser entendre, il s’agit au contraire d’un film foncièrement réaliste. Cheyenne-Marie Carron ne craint pas d’attaquer un sujet que nul autre n’oserait traiter, et le met en scène dans un milieu où on ne l’attend pas. Kevin, fils d’ouvriers comme son prénom peut l’indiquer, découvre, grâce à son ami Elias, d’origine marocaine et comme lui passionné d’histoire, ce dont on ne lui a jamais parlé, ni dans sa famille, ni au lycée professionnel de banlieue dans lequel ils suivent tous les deux des cours : les bienfaits de la monarchie. « Guillotiner le roi, c’est tuer Dieu », déclare le jeune Marocain, au grand dam du professeur d’histoire. Grand moment que celui où ils essaient en vain tous les deux de mener à bien l’exposé qu’ils ont choisi de faire à propos de la Révolution : le professeur ne supporte tout simplement pas de les laisser parler de « la dégradation des véritables libertés sous le régime républicain ». Lorsque d’un côté on cite saint Louis ou les corporations, de l’autre fusent les noms de Robespierre et de Condorcet ; dialogue de sourds. D’autant plus quand le professeur médusé leur demande ce qui les fascine dans l’idée de monarchie et qu’il s’entend répondre : « Beauté. Grandeur. Sacré. » Comment pourrait-il imaginer que ces adolescents ont soif de gloire, qu’ils ont besoin d’entendre vanter la grandeur de la France pour l’aimer ? Les discussions dans la salle des professeurs situent bien les diverses façons d’analyser l’attitude des élèves venant du monde entier qui n’arrivent pas à s’intégrer : comment réagir ? Un principe fédérateur La réalisatrice ancre ses personnages dans leur milieu. La famille de Kevin vit un drame, sa mère ayant subi un grave accident du travail. Puis l’adolescent va connaître une autre rude épreuve, touchant son ami Elias. L’idée de traiter de l’idée monarchique dans un milieu très simple aurait plu à Léon Daudet, persuadé qu’il était que les jeunes gens ne juraient que par Maurras – et cela ne lui aurait donc paru en rien une gageure. La nouveauté en 2020 est qu’il s’agit d’une France bariolée, et que le roi – l’empereur s’il s’agit du Japon, le souverain – peut apparaître comme le seul moyen de fédérer réellement les diverses composantes du pays. L’enquête menée près des passants dans la rue par Elias et Kevin est assez significative : cette solution ne paraît plus si folle à certains. Une jeune Noire cultivée justifie sa position en faveur du retour du roi par sa foi chrétienne. On pense à la femme des îles fidèle soutien du Sire de Jean Raspail… Ce film foncièrement original vaut vraiment la peine d’être vu, si possible sur grand écran. Il passe à Paris au Studio Galande, 42, rue Galande. Prochaine séance dimanche 1er mars à 17 h 40, et d’autres suivront. Le DVD est disponible. • Photo : Elias et Kevin essaient d’exposer le fruit de leurs recherches sur la condition des ouvriers sous l’Ancien Régime.
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A la rentrée scolaire 2018, Monsieur BLANQUER s’est produit au micro de Jean-Jacques BOURDIN sur BFM-TV, où il a parlé de « relancer » (sic) l’apprentissage de la langue arabe, se faisant le fervent défenseur de cette langue : « L’arabe est une langue très importante comme d’autres grandes langues de civilisation : chinois, russe… il faut développer ces langues, donner du prestige à ces langues, c’est particulièrement vrai pour l’arabe qui est une très grande langue littéraire qui doit être apprise pas seulement par les personnes qui sont d’origine maghrébine ou de pays d’origine arabe.
« Donc, c’est toute une stratégie qualitative vis-à-vis de la langue arabe que nous allons mener. A la place de l’apprentissage de l’anglais, cela peut être l’apprentissage de l’arabe en CP… » Dans son discours, il est remarquable de noter que JM Blanquer ne désigne absolument pas le français comme « grande langue de civilisation » et ce n’est pas anodin : il fait tout pour éradiquer la culture française, notamment par le fait de l’absence de littérature française dans les programmes pour nos enfants et ce, dans la continuité du discours délirant de Macron qui nous assène sans vergogne que « la culture française n’existe pas » ! Par ailleurs, il est à noter qu’il ne s’agit pas de « relancer » (sic) l’apprentissage de la langue arabe mais plutôt de la généraliser.
En effet, les E.L.C.O – Enseignement de Langue et de Culture d’Origine – 65% en arabe, 18% en turc – ont été créés dès les années 70 pour s’adresser aux élèves issus de l’immigration, dispensés hors du temps scolaire à raison de 1H30 à 3H par semaine à partir du CE1.
A la rentrée 2016, cet enseignement concernait 80.000 élèves en école primaire, 5.000 en collège et mobilisait 850 professeurs en exercice. Les ELCO sont devenus des E.I.L.E Il ont été transformés en E.I.L.E. – Enseignement International en Langues Etrangères – par NV. Belkacem, ouverts à tous, avec des exigences renforcées dans le contenu de l’enseignement et dans le recrutement des enseignants, lesquels sont originaires des pays concernés et désormais intégrés à l’équipe pédagogique.
Les cours de langue et culture d’origine ont donc été remplacés par des cours d’arabe, langue toujours appréhendée à travers la lecture du coran : il s’agit donc en même temps d’un enseignement religieux… dans une école dite laïque… cherchons l’erreur !
Le journal « le Monde » du 3 février 2016 révélait dès cette époque, l’existence d’environ 100 E.I.L.E. sur le territoire national pour des élèves regroupés en dehors de la classe, E.I.L.E appelés dès lors, à être intégrés aux activités périscolaires sans l’avis des parents, avec une généralisation du dispositif à la rentrée 2018.
Par ailleurs, selon le site « Eduscol » du 6 avril 2016, un programme commun de langue arabe a été élaboré par les trois pays du Maghreb : Algérie, Maroc, Tunisie, et une évolution a été engagée pour permettre que cet enseignement devienne un cours de L.V.E. (Langues Vivantes Etrangères) au même titre que les autres langues et dispensés aux élèves sur le temps scolaire.
La circulaire de rentrée du 13 avril 2016, indiquait d’ailleurs expressément que l’enseignement en langues et cultures d’origine (ELCO) évoluait vers le dispositif E.I.L.E – enseignement international de langues étrangères – dans le premier degré, dispensé en plus des 24 heures de cours, ouvert à tous les élèves volontaires de CE1, quels que soient l’origine, la nationalité et le niveau linguistique de départ, la continuité étant assurée dans le cadre des dispositifs bi-langues au niveau du collège. Mise en garde de parlementaires L’expérimentation du dispositif eut lieu à la rentrée 2016 dans des académies pilotes, avec un ajustement à la rentrée 2017 et une généralisation à la rentrée 2018 et ce, malgré les sonnettes d’alarme, comme celles du député Damien Meslot qui, en 2013, avait déposé une proposition de loi (rejetée) pour interdire le financement des cours d’arabe par des pays étrangers, écrivant : « …des Etats étrangers financent les cours de langues étrangères pour transmettre des messages contraires aux lois de la république, des appels au trouble à l’ordre public sur le territoire national ».
Par ailleurs, le 28 avril 2016, à la question au gouvernement du sénateur du Vaucluse Alain DUFAUT, le ministre de l’Education a répondu : « …il s’agit que… désormais, l’apprentissage de langues telles que l’arabe, le turc… se fasse dans un cadre plus banal, comme on apprend l’anglais, l’allemand ou l’espagnol… ».
C’est clair et net. Dispositif entériné par Blanquer
Ce dispositif a été entériné par JM Blanquer qui n’a nullement remis en cause cette politique. C’est assez dire qu’en tous points, il poursuit la politique de ses prédécesseurs, agissant en connaissance de cause, poursuivant la politique éducative qui assassine l’identité française, sans état d’âme : foulant aux pieds la langue française, laissant perdurer les méthodes ineptes d’apprentissage de la lecture qui grippent le cerveau des enfants durablement, les empêchant d’appréhender la très riche culture française, ne prévoyant de littérature française à aucun niveau de la scolarité, il valorise au plus haut point la culture arabe qui est le prélude à l’islamisation de la France.
Alors, lorsque Monsieur Blanquer prétend combattre le fondamentalisme islamiste… on peut le croire !
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