La Cour d’appel de Victoria a confirmé le 20 août la condamnation à six ans de prison du cardinal australien George Pell pour des faits d’abus sexuel sur mineur de moins de 16 ans (voir « Le cardinal George Pell, pédocriminel ou martyr de la foi ? » dans Présent du 17 avril). En principe, Mgr Pell ne pourra demander sa libération anticipée qu’au bout de trois ans et huit mois de prison. Affaire conclue, donc ? Pas tout à fait… Tout d’abord, le cardinal n’a cessé de clamer son innocence et il a 27 jours pour déposer un ultime recours devant la Haute Cour. Ses avocats ont fait savoir qu’ils avaient l’intention de le faire. Le porte-parole du Vatican a signalé que le Saint-Siège prenait acte du rejet de l’appel de son ancien trésorier, exprimant son respect pour le système judiciaire australien et pour les victimes de crimes pédophiles, mais attend l’épuisement de toutes les voies de recours avant de tirer des conséquences définitives vis-à-vis de son évêque. Ensuite, la décision de la cour d’appel a été prise à deux juges contre un. Or, ainsi que le fait remarquer le chroniqueur du journal Herald Sun Andrew Bolt (qui avait déjà très durement critiqué les conditions du procès en première instance), le juge Weinberg, qui est ce juge dissident, est celui des trois juges qui avaient la plus grande expérience en matière pénale. Ainsi, la présidente de la Cour Anne Fergusson expliquait le 20 août qu’elle-même et le juge Chris Maxwell avaient estimé que le jury du tribunal de première instance avait pu statuer sur la culpabilité du cardinal « au-delà de tout doute », avec à ses côtés un juge Weinberg rempli de doutes, lui. La présidente Fergusson a eu beau assurer que le plaignant – victime présumée du cardinal – n’était « clairement pas un menteur », ni un « fabulateur », le problème est que ses témoignages recueillis depuis sa première dénonciation du cardinal Pell il y a quatre ans pour des faits qui auraient été commis sur lui-même et un autre enfant de chœur dans une cathédrale pleine de monde après la messe du dimanche, alors qu’il était archevêque de Melbourne en 1996, et aussi pour des attouchements alors qu’il était debout au milieu d’une chorale d’enfants, n’ont été confirmés par aucun témoin. Au contraire, plusieurs témoins ont assuré que l’archevêque n’avait pas pu se trouver seul avec ses deux victimes présumées au moment des faits qui lui sont imputés, juste après une procession dominicale. Et la deuxième victime supposée, décédée d’une overdose en 2014 à l’âge de 30 ans, aurait même assuré à sa mère avant de mourir n’avoir jamais été victime d’abus sexuels. Face aux témoignages à décharge et aux contradictions du plaignant, le juge Mark Weinberg s’est dit contraint d’exprimer un avis divergent. En effet, a-t-il écrit, « la particularité de ce procès est qu’il reposait entièrement sur l’acceptation au-delà de tout doute de la crédibilité et la fiabilité du témoignage du plaignant », et « il a été demandé au jury d’accepter ses allégations sans que celles-ci ne soient confirmées par aucune source indépendante ». Or en ce qui concerne les dépositions du plaignant, remarque le juge Weinberg, celles-ci « pourraient à bon droit faire l’objet de critiques » car elles contenaient « des incohérences et des contradictions, et plusieurs de ses réponses n’avaient tout simplement aucun sens ». Le cardinal George Pell, pédocriminel ou martyr de la foi ? La question reste malheureusement ouverte, après ce procès en appel. •
present.fr
Un accord européen a été trouvé pour faire débarquer puis répartir dans six pays de l'Union européenne les 356 migrants se trouvant à bord du navire Ocean Viking, a annoncé vendredi le Premier ministre maltais Joseph Muscat.
fr.sputniknews.com
Un accord européen a été trouvé pour faire débarquer puis répartir dans six pays de l'Union européenne les 356 migrants se trouvant à bord du navire Ocean Viking, a annoncé vendredi le Premier ministre maltais Joseph Muscat.
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Dans les années Mitterrand, Chirac et Giscard, la question de l’insécurité était au centre des débats. A droite, on soulignait la progression inexorable des violences urbaines, des incivilités, des cambriolages. A gauche, on se raccrochait à des statistiques montrant parfois un ralentissement… dans la progression ! A droite, Sarkozy faisait scandale avec son nettoyage au karcher. A gauche, on demandait de ne pas confondre insécurité et sentiment d’insécurité. Le problème est résolu, aujourd’hui ! Plus de sondages d’opinion sur le sentiment d’insécurité, plus de statistiques commentées par le ministre de l’Intérieur. Plus de dossiers sur les quartiers coupe-gorge. Il est vrai que le terrorisme islamiste a fait oublier un temps la délinquance du quotidien. Mais les malfrats n’ont pas respecté de trêve pendant que les tueurs de l’Etat islamique étaient à l’œuvre. Et l’analyse des chiffres (il existe encore des chiffres, même si M. Castaner ne les commente pas) montre que les violences des années 1990 et 2000 sont largement dépassées, en volume comme en gravité. Si l’on en parle moins, c’est aussi parce que les Français s’habituent. On s’habite à retrouver son appartement chamboulé, sa voiture incendiée, son sac à main arraché, son compte en banque piraté, on s’habitue à être menacé ou frappé dans le métro, ou par un automobiliste irascible. L’habitude atténue les traumatismes, certes, c’est sa seule consolation. En toute hypothèse, la petite criminalité n’est plus traitée. Patrice Ribeiro, le leader du syndicat Synergie-Officiers explique les difficultés de recrutement dans la profession, parce que le métier est confronté à « une perte de sens » : renforcement du formalisme et des procédures, médiatisation instantanée de toute bavure policière supposée, et crédit par principe donné à la parole du délinquant. 250 000 cambriolages par an Tous les types de délinquance sont en hausse, à l’exception des braquages… parce que l’argent liquide tend à disparaître. Mais les cambriolages progressent plus vite que l’inflation. Chaque année, 250 000 cambriolages sont commis en France. Paris et la région parisienne sont spécialement visés par cette épidémie. Les réseaux de cambrioleurs se sont spécialisés. Les cambriolages de bijoux sont plutôt le fait de « gens du voyage », expliquent les enquêteurs, qu’il convient d’appeler « Roumains », « Bulgares » ou « Albanais ». Le matériel informatique intéresse des réseaux d’Afrique noire, etc. Ce qui tend à disparaître, c’est le cambriolage radical, où des camions de déménageurs viennent enlever les meubles. D’une part, le meuble ancien ne vaut plus grand-chose, et d’autre part, la police scientifique a plus de chances de retrouver les coupables par les traces d’ADN. Les meurtres crapuleux sont, eux, en très forte augmentation. Il s’en produit actuellement un millier par an sur notre territoire. Beaucoup sont élucidés, car la proportion de meurtres dans un contexte familial est importante (ce qu’on appelait autrefois les crimes passionnels, et qui, pour le coup, bénéficiaient de l’indulgence des juges, on se demande bien pourquoi). Mais si les assassinats ont progressé de 16 % en un seul trimestre (note de conjoncture du ministère de l’Iintérieur), c’est d’abord parce que les homicides liés à la drogue sont devenus monnaie courante (Marseille, Grenoble, etc.). Equipés d’armes automatiques, les tueurs mitraillent concurrents et mauvais payeurs, mais parfois aussi des passants, des touristes, comme à Ollioules, dans le Var, fin juillet (trois morts). On parle peu de la délinquance, on parle moins encore de ses causes. Des mots qui fâchent pourraient être prononcés : appauvrissement, immigration, précarisation, clandestins, laxisme judiciaire… •
present.fr
Chacun d’entre nous a sans doute encore en mémoire la mine béate de Gérald Darmanin, comme de ses prédécesseurs, nous vantant les nombreux mérites de la déclaration d’impôt en ligne et assurant nos compatriotes de la très grande sécurité accompagnant cette opération. Or un piratage s’est produit fin juin. Des pirates informatiques se sont introduits dans le système informatique de l’administration fiscale, et ont pris la main sur 2 000 déclarations fiscales au moins… Une sécurisation d’une naïveté déconcertante Cette affaire est survenue fin juin, et a été révélée mercredi par Le Canard enchaîné. Selon le journal, les pirates informatiques ont en effet réussi à entrer dans les comptes fiscaux d’environ 2 000 contribuables pour y modifier leurs déclarations, en y ajoutant notamment des crédits et des réductions d’impôts, et en remplaçant même leurs coordonnées bancaires par d’autres, entièrement fictives. Des intrusions qui, aux dires de la Direction générale des finances publiques, ont été rapidement bloquées et n’ont pas eu de conséquences. La DGFIP qui, pour sa défense, a invoqué le manque de prudence des contribuables concernés, dont les boîtes mail étaient selon elle protégées par des mots de passe trop simples. Cependant, certains spécialistes informatiques n’hésitaient pas mercredi à pointer du doigt la négligence de l’administration fiscale, allant jusqu’à affirmer que l’« on entre dans les ordinateurs de la DGFIP comme dans un moulin ». En effet, expliquaient-ils, le contribuable ayant perdu son identifiant fiscal à 13 chiffres peut se le faire renvoyer par mail. Et s’il a oublié son mot de passe, il peut aussi le récupérer par mail… en renseignant son identifiant ! Une procédure de récupération qui a évidemment permis aux pirates de prendre sans grande difficulté le contrôle de boîtes mail et de s’introduire dans le système des impôts. De ce fait, en attendant la mise en place de mesures de sécurité à plus long terme, la DGFIP, qui a porté plainte et appelé les contribuables à bien sécuriser leur service de courrier électronique, a annoncé son intention de renforcer dès la fin août l’accès à son site, en obligeant notamment les contribuables à donner désormais leur date de naissance pour pouvoir accéder à leur espace personnel. •
present.fr
Marie-Michelle Desmaisières naquit à Madrid le 1er janvier 1809. Ses parents étaient de noble lignage. Après la mort de sa mère, elle chercha la vie parfaite sur les conseils d’une de ses amies et fit vœu de chasteté. Elle suivit quelque temps son frère, ambassadeur d’Espagne, mais la vie mondaine ne lui fit rien, car elle priait beaucoup, se mortifiait en secret et s’ingéniait à secourir les pauvres. Visitant un hôpital de Madrid, elle fut frappée de la misère morale de bien des femmes qui avaient échoué là. Elle ouvrit une maison pour accueillir les filles en péril. Les difficultés ne manquèrent pas et toute la fortune de la bienheureuse fut engloutie. Comme ses six premières collaboratrices l’avaient abandonnée, elle décida de prendre l’habit religieux et de fonder un institut nouveau qui adorerait le Saint-Sacrement de l’autel et s’occuperait des misérables filles des rues. •
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Ignace – Policiers en colère au G7
medias-presse.info
De notre correspondante à Beyrouth. – Dans le cadre des sanctions américaines adoptées au début de l’été contre le Hezbollah et à la suite desquelles deux députés et le haut responsable sécuritaire du mouvement chiite pro-iranien accusés d’« exploiter le système politique et financier » du Liban au profit du parti et de l’Iran ont été sanctionnés par le système bancaire international, les autorités américaines seraient sur le point d’adopter de nouvelles sanctions économiques drastiques à l’encontre de personnalités chrétiennes alliées au parti chiite libanais, en particulier des ministres et des hommes d’affaires proches du président de la République le général Michel Aoun, du Parti social nationaliste syrien (PSNS) et du courant Marada de Sleiman Franjieh. Hassan Nasrallah. Selon le quotidien libanais arabophone Al Akhbar, Washington soupçonnerait ces personnalités de faciliter les transactions bancaires du Parti de Dieu en faisant office de prête-noms et d’intermédiaires. Une fois votées, ces sanctions pourraient paralyser les mouvements des avoirs bancaires de ces personnes et même leur interdire de voyager vers les pays partenaires des USA. En juin, puis en juillet, une première série de sanctions économiques avait visé plusieurs responsables politiques du parti, dont des parlementaires. Nabih Berri, président chiite de l’Assemblée nationale et du mouvement Amal, avait alors considéré qu’elles constituaient une agression à l’encontre du Liban. Trois mois plus tôt, Mike Pompeo avait averti que les USA utiliseraient tout l’arsenal des moyens de pression « pacifiques » à leur disposition pour contrer l’influence de l’Iran au Liban et affaiblir le Hezbollah. • Photo en tête : Mike Pompeo.  
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Une mode voudrait faire du chemin vers Compostelle rien d’autre qu’une grande randonnée. Etrangère à sa vocation première. En quelque sorte, le dernier endroit en vogue, à défaut d’être chic, où il faut être allé. On s’y aventure donc pour des motivations sportives, pour se retrouver loin du tumulte du quotidien, pour se ressourcer, comme on dit de nos jours, mais quid du fait mystique ? Comme si l’intérêt initial du GR 65 n’était pas de serpenter inlassablement entre églises, chapelles, couvents et calvaires, autant de repères de cette foi encore très ancrée de la Haute-Loire à l’Aubrac, dans les esprits et les traditions. L’un des nombreux calvaires sur le chemin de Compostelle. Ici, dans le village des Estrets. S’il existe plusieurs itinéraires menant à Saint-Jacques, s’élancer depuis le Puy-en-Velay qui, au cours des siècles passés, fit s’aventurer des centaines de milliers de croyants à travers forêts, combes, marécages et gorges encombrés de loups et de brigands, offre l’avantage de le faire depuis une ville qui multiplie les symboles religieux. Sur chacun de ses dykes volcaniques d’abord, avec la chapelle Saint-Michel d’Aiguilhe, plantée sur le plus élevé, Notre-Dame-de-France sur son rocher Corneille ou encore la statue de saint Joseph au sud de la ville. Puis, intra muros, le baptistère Saint-Jean, la chapelle des pénitents, celle des Reliques, l’église du Collège, l’église Saint-Laurent, l’ancienne merveilleuse chapelle Sainte-Claire et surtout, l’étonnante cathédrale à la Vierge noire qui, depuis neuf cents ans, défie les lois de l’équilibre. Bref, si le sac est lourd sur le dos, en attendant de se confronter à la réalité très temporelle du Chemin, on part l’esprit en fête, léger, car on comprend mieux ce qui a pu animer tous ces marcheurs qui se sont succédé depuis plus de mille ans. A un peu plus de 17 kilomètres du Puy, Montbonnet constitue une première halte salutaire. Le village est perché à 1 100 mètres. L’air s’est considérablement refroidi. Repartir le lendemain matin aux aurores dans une brise glaciale se fait sous les encouragements des hospitaliers. Puis c’est une deuxième journée – la plus éprouvante de cette semaine, sans doute, avec ses 26 kilomètres dont une dizaine classée en piste rouge par les guides – jusqu’à Saugues, territoire de la bête du Gévaudan. Apres le Velay, la Margeride est une terre froide et rude, aux fermes de pierres basaltiques d’une tristesse insondable, quand elles ne sont pas à l’état de ruines, vestiges de l’exode rural qui frappe cette région depuis des lustres. Pèlerin sur le chemin de Compostelle dans la région de l’Aubrac. Le cheminement s’écoule au rythme des pas. Au son des cloches des vaches. Ce sont des espaces où le silence prévaut. Dix kilomètres, parfois vingt, sans voir ni entendre une voiture. Voilà la vraie magie du Chemin aujourd’hui. On avance à travers des paysages de cartes postales anciennes, où plus rien d’autre n’a d’importance que sortir d’un bois, franchir une nouvelle ligne de crête, dévaler un sentier rocailleux, traverser une étendue d’herbe rase parsemée des dernières fleurs printanières et éviter un minuscule hameau pour rester encore un peu hors du temps. Car cette marche vers Saint-Jacques, tous les pèlerins le reconnaissent, est faite de deux grands moments : la quête de solitude dans l’effort que représente le parcours du GR 65 et le plaisir, parfois, de quelques rencontres lors des haltes. Anglais, Allemands, Italiens, Russes, Australiens, Américains, Chinois, Coréens, Japonais… Le monde entier se retrouve sur le chemin de Compostelle. Et parfois dans ses composantes les plus originales. Sur le chemin de Compostelle. Exposition de photos de Hans Silvester près de la ville de Nasbinals. De Saint-Privat-d’Allier à Monistrol, les calvaires jalonnent le Chemin, « symboles de la ferveur religieuse qui anima cette région au cours des siècles » selon les panneaux posés ici et là par l’office du tourisme local. Mais pourquoi omettre de préciser que cette religion est catholique ? La question m’occupe quelques heures. Troisième jour : 33 kilomètres jusqu’à Saint-Alban-sur-Limagnole. La fatigue se fait sentir. Les forêts de pins se sont allongées vers le ciel. La nature, dans sa beauté sauvage, a pris des allures de décor du Miracle des loups. Et enfin, c’est l’Aubrac. Comme un cadeau pour le citadin venu se perdre ici, 45 kilomètres d’un paysage pastoral, presque désertique, qui moutonne entre 1 200 et 1 400 mètres, et où l’on progresse hors piste au milieu de troupeaux placides. Mais, on le sait, le Chemin réserve toujours des surprises. Qu’est-ce que viennent faire ces photos géantes d’Africaines dénudées, exposées en pleine nature pour, est-il précisé en légende, « témoigner de l’importance du rôle de la femme aujourd’hui dans ces sociétés matriarcales » ? Des marcheurs sans doute peu ouverts d’esprit les ont crevées à coup de bourdon, le fameux bâton de pèlerin. Une association écolo-gaucho a placardé des tracts promettant des poursuites judiciaires. Ambiance… Enfin, de Nasbinals à Espalion, les deux derniers jours conduisent sur plus de 42 kilomètres dans la vallée du Lot. Moins sauvage, moins surprenante, mais plus avenante. Car, si l’on espérait le Chemin comme un lieu d’entraide et de partage, ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Il y a, dans les endroits les plus reculés du périple, parfois une antipathie avérée à l’égard des nomades que nous sommes et qui ne rapportent rien, hormis à quelque gites et restaurants d’étapes où les prix pratiqués frôlent parfois l’inadmissible. Nombre de ceux qui ont parcouru le Camino francés le reconnaissent : l’accueil fait aux pèlerins est beaucoup plus sympathique de l’autre côté des Pyrénées. Il faut le dire : c’est un peu la loi des marchands du Temple qui prévaut. Comme à Lourdes. Comme partout où le tourisme envahit les célébrations religieuses. Plus peut-être encore sur le chemin de Compostelle qui n’existe que par la démarche de celui qui l’emprunte. Que par la force de sa quête d’absolu. Et l’on découvre vite qu’il s’agit, en vérité, d’un univers relevant davantage du domaine de l’imaginaire. Auquel il convient de se préparer si l’on ne veut pas courir le risque de transformer cette expérience merveilleuse en une épreuve stérile et décevante. • Arnaud Buclet   Photo : Sur le chemin de Compostelle. La Vierge à l’enfant devant la bourgade d’Aubrac.
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PEPY, SAUVEUR OU FOSSOYEUR DE LA SNCF ? Dans un rapport accablant dont une partie vient d’être rendue publique, l’Etablissement public de sécurité ferroviaire (EPSF) constate sur l’ensemble du réseau ferré « plusieurs centaines d’anomalies » qui « n’ont pas été traitées dans les délais » alors qu’elles sont susceptibles « d’affecter la sécurité » et un inquiétant « écart majeur sur le niveau de maîtrise du processus de maintenance de l’infrastructure » du réseau ferroviaire de la SNCF. Nonobstant, il se pourrait bien que l’indéboulonnable Guillaume Pepy, PDG depuis 2008 et bientôt atteint par la limite d’âge, soit maintenu dans ses fonctions pour un troisième mandat car il aurait « su se rendre indispensable au fil du temps ». De plus, l’ancien compagnon du feu directeur de Sciences Po Paris Richard Descoings se contente d’un salaire de misère : 450 000 euros par an, soit le plafond autorisé pour le dirigeant d’une entreprise publique. Un cabinet de recrutement américain (pourquoi américain ?) a toutefois été missionné par l’Elysée pour lui trouver un remplacement, mais l’énarque Pepy fait jouer ses réseaux auprès de son jeune condisciple Macron. PERMANENCES ATTAQUÉES : LE RN AUSSI. Devant le nombre de permanences de députés macronistes dégradées par des Gilets jaunes ou des opposants au traité Ceta, Jean-Marie Salanova, patron de la sécurité publique commandant plus de la moitié du total des effectifs de police, enjoignait en juillet à ses subordonnés de « prendre des dispositions en vue de prévenir les exactions [sic] ou d’être en capacité de réagir dans des délais très brefs ». Le 18 août, la permanence du Rassemblement national à Saint-Brieuc a été dégradée – pour la sixième fois ! – et couverte d’inscriptions du style « FN caca », avec les signatures « Antifas » ou encore « FI » (France insoumise). Dénonçant « l’indifférence » du gouvernement, le conseiller régional breton du RN Gérard de Mellon a dit « attendre les condamnations des pleurnicheurs habituels de la République en marche ». LA PROVENCE À L’HEURE STALINIENNE. Ayant « flouté » un seul visage : celui de Stéphane Ravier, sénateur RN des Bouches-du-Rhône et sans doute candidat à la mairie de Marseille en mars prochain, dans son reportage photo sur la cérémonie de l’Assomption en la cathédrale marseillaise de la Major le 15 août (voir Présent de mardi), La Provence a dû finalement présenter ses « excuses » pour cette bavure, due paraît-il à « l’erreur d’une collaboratrice ». Simple hasard sans doute si Bernard Tapie, ennemi historique du Front national, détient 89 % des parts de ce quotidien, aujourd’hui dirigé par Jean-Christophe Serfati et dont le responsable pour la ligne éditoriale est le journaliste multicarte Franz-Olivier Giesbert. UN VILLAGE CONTRE LES MIGRANTS. Tous le haut-pays niçois ne partage pas l’amour porté aux migrants par le cultivateur-sic Cédric Herrou qui accuse la justice de « racisme d’Etat » alors qu’il a toujours été relaxé, ou condamné avec sursis, pour ses transports de clandestins (jusqu’à 156 de Vintimille à Cannes d’un seul coup d’un seul en juillet 2017). Le 21 août, les habitants de Saint-Agnès (photo en tête), village littoral le plus haut d’Europe et classé parmi les plus beaux villages médiévaux de France, ont manifesté avec leur maire Albert Filippi contre la réquisition d’un centre de vacances destiné à accueillir 56 jeunes migrants. Une décision « scandaleuse, choquante, inacceptable, brutale et injuste », dont nul n’avait été averti. ENCORE UN MAIRE AGRESSÉ. Un nouvel édile, Philippe Baudrin, maire de Maing, dans le Nord, a été sauvagement agressé le 20 août, cette fois par des gens de voyage qui tronçonnaient les barrières d’un terrain pour y installer leurs caravanes. Dans un communiqué, Sébastien Chenu, député RN de la circonscription, a apporté son soutien à M. Baudrin et annoncé vouloir déposer une proposition de loi visant à « durcir les peines de ceux qui s’attaquent aux élus ». VIVRE-ENSEMBLE. Gigantesque rixe le 19 août à Caen entre migrants, afghans d’un côté et de l’autre mongols – dont on découvre ainsi la présence sur le territoire français. Dans la nuit du 20 au 21 août à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), une quinzaine de nervis munis de battes de base-ball et d’armes à feu ont envahi le lieu de tournage (non autorisé) d’un clip du rappeur Booba, et ont entre autres blessé un technicien par balles. S’agit-il d’un coup de pub ou du dernier épisode de la guéguerre entre Booba et son confrère Kaaris, dont les partisans respectifs s’étaient affrontés il y a un an tout juste à l’aéroport d’Orly, semant la panique parmi les passagers et provoquant le retard ou l’annulation de nombreux vols ? CHANCES POUR LA FRANCE… Devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc, procès d’un Réunionnais qui, pour se venger de son ex-compagne, l’avait rouée de coups puis mis le feu à la boulangerie de ses parents, chez lesquels elle s’était refugiée. Le prévenu, dont c’était la 21e comparution en justice (pour violences, vols et incendies volontaires), a écopé de cinq ans de prison ferme. A Grasse, un certain Zine-Eddine Rouabhia, déjà condamné à douze reprises pour trafic de stupéfiants, conduite sous alcoolémie et sans permis, etc., était jugé pour l’agression d’une automobiliste qu’il avait en outre menacée de viol avant qu’elle ne soit secourue par des passants alertés par ses cris. Trente mois de prison ferme et annulation de son permis de conduire. … ET CHANCES POUR L’ALLEMAGNE. Procès à Chemnitz (Saxe) du réfugié syrien Alaa Sheikhi pour meurtre en réunion – avec un complice irakien – et blessure grave de l’Allemand Daniel Hillig dont un ami, venu à son secours, avait également été poignardé. Les deux surineurs étaient arrivés en 2015, à l’appel de « mutti » Merkel. NE M’APPELEZ PLUS JAMAIS FRANÇAIS ! L’affairiste maroco-israélien Patrick Drahi n’est pas le seul à avoir jeté la nationalité française aux orties. Publication dans notre Journal officiel du 20 août de la renonciation définitive de Youssef Chahed, chef du gouvernement tunisien et candidat à la présidence de la République créée par Bourguiba depuis la mort du président Béji Caïd Essebsi le 25 juillet dernier. Autre candidat à la même élection, Mehdi Jomâa a lui aussi entamé les procédures pour abandonner sa nationalité française. L’ALASKA AVANT LE GROENLAND. L’insondable maladresse de Donald Trump lançant une OPA sur le Groenland, dont l’achat constituerait selon lui « une grosse opération commerciale », a provoqué une vive réaction du Danemark dont la grande île est un territoire autonome et, par contrecoup, le refus du président états-unien, invité de longue date par la reine Margrethe II, de se rendre en septembre dans le petit royaume. Sur le fond pourtant, l’intention de Trump n’est pas insensée. D’une part, le Groenland fait partie de l’espace américain sur le plan géographique et, d’autre part, le dérèglement climatique qui rendrait praticable le passage du Nord-Ouest redonne toute leur importance aux terres arctiques où s’affairent déjà la Chine et la Russie. Laquelle regrette beaucoup d’avoir en 1867, sous le règne du tsar Alexandre II, cédé l’Alaska (que convoitait la Grande-Bretagne, alors première puissance maritime mondiale) aux Etats-Unis justement. Prix de la transaction : 7 millions de dollars-or. •
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