Une soixantaine d’amateurs français et étrangers des tableaux d’Henri Landier se sont retrouvés le 21 février à Maastricht au vernissage de sa grande exposition sur le thème du carnaval, pour un moment convivial et artistique unique. Les toiles sont exposées dans six endroits différents, la majeure partie dans le Kruisherenhotel, ancienne abbaye du XIVe et le plus prestigieux hôtel de la ville – créé par Camille Oostwegel, consul de France depuis 2002 et fin connaisseur de l’œuvre de Landier. L’équipe de l’Atelier d’art Lepic, avec à sa tête Sabine Ermakoff, a relevé le défi d’un accrochage parfait. On connaît la façon qu’a Landier de s’emparer d’un thème avant de passer à un autre. Oh, rien d’un « zapping ». Il n’abandonne pas son sujet tant qu’il n’en a pas exprimé le suc. Sous l’apparente diversité des sujets, les rapprochements se font d’eux-mêmes. Outre quelques tableaux issus de « l’hommage à Rembrandt » (2014) dont la présence est justifiée par les éléments de costume que sont une perruque, un turban ou une collerette, les toiles de carnaval font écho à d’autres expositions de Landier. Au « Monde du spectacle » (2016), avec cette parade qui se déroule sous nos yeux, les fanfares et les danses. A « Semons des fleurs » (2018) : les matières et les couleurs des costumes, les maquillages, deviennent dans les toiles de Landier une véritable floraison. Osons même un parallèle avec le « Requiem pour les Barthélemy » (2018), commémoration picturale et méditation sur la guerre de 14. Passer de la guerre au carnaval, c’est ne faire le grand écart qu’apparemment. Dans les deux cas, c’est un temps de folie de la société. Brueghel l’Ancien a peint Le Combat de Carnaval et Carêmemais aussi Le Triomphe de la Mort, deux tableaux assez ressemblants, à considérer leur fourmillement. Le couple du carnaval à la tête de mort, 2019. Huile sur toile, 130 x 89 cm. C’est en 2014 que Landier a découvert le carnaval de Maastricht, événement institutionnel comme dans beaucoup de villes du nord de l’Europe. Il commence par une grande parade et dure trois jours, dans un grand déploiement de costumes, une débauche de frites, de bière, et la dégustation de petits sandwichs au hareng. Notre groupe y a participé le surlendemain du vernissage, en compagnie de Camille Oostwegel, mécène passionné grâce à qui nous avons découvert la ville qu’il aime et connaît mieux que personne (voir encadré ci-dessous). Signalons aussi la présence parmi nous d’un fort sympathique abonné de Présent, Jean-François C., camarade de lycée de l’artiste, collectionneur de quelque 80 toiles et fervent lecteur de notre Supplément littéraire du samedi, qui n’était pas en reste avec des oreilles de lapin sur la tête. Les tableaux de Landier sont le fruit d’une immersion, et non d’un regard extérieur : il a abondamment dessiné en étant mêlé (et déguisé, bien sûr !) à la foule. Croquis transposés, recomposés entre eux pour donner un effet plus puissant. Le dandy dans la foule, par exemple, est une des grandes toiles de l’exposition. On distingue deux tendances : des toiles ou le bleu et le jaune dominent, d’autres aux tons plus chauds, des orangés, des rouges. Récurrents sont le rouge, le jaune et le vert qui sont les couleurs du carnaval. Léa au boa rose, Le couple de carnaval à la tête de mort… Il ne faut pas s’arrêter aux titres descriptifs : ils ne sont qu’indicatifs et n’épuisent pas le sujet. Dans ses toiles, Landier restitue l’extravagance et la joie du carnaval, il parle à chacun du prolongement révélateur qu’est son déguisement, et, s’exprimant par le pinceau, il parle de lui-même. C’est une vision intériorisée, au point que dans les rues de Maastricht ce sont les gens qui semblaient sortis des tableaux de Landier – et non les tableaux les avoir dépeints. • Le carnaval de Maastricht d’Henri Landier. Jusqu’au 22 mars 2020, Maastricht (Kruisherenhotel ; château Saint-Gerlach ; château Neercanne ; musée de Maastricht ; théâtre de Maastricht ; Studio Cedille Design). • Maastricht, la ville Maastricht – ville du traité, ville de l’euro dont l’acte de naissance fut signé au château de Neercanne – ne saurait être réduite à ce rôle européiste. Elle est d’abord une ville de haute histoire. Point de passage de la Via Belgica, elle était « Pont-sur-Meuse » à l’époque romaine. Sa cathédrale abrite le tombeau de saint Servaas, son église Notre-Dame le plus vieux bas-relief représentant Charlemagne – et toute proche est la plus ancienne taverne des Pays-Bas. André Rieu y est né. D’Artagnan y est mort lors de l’assaut donné à la ville en 1673. Il y est honoré par cinq ou six statues, d’abord parce qu’un tel assaillant est honorable, ensuite parce qu’il se sacrifia pour sauver la vie du duc George qui se révéla sur le long terme… être l’ancêtre de Winston Churchill. Aussi proches les Maastrichtois soient-ils de leurs voisins allemands, ils se sentent redevables à d’Artagnan. La période d’occupation française de 1794-1814, dont l’esprit était tout sauf mousquetaire, n’a pas laissé de bons souvenirs. Si le Kruisheren Hôtel ou la librairie Boekhandel Dominicanen ont été installés dans d’anciens édifices religieux, ce n’est pas le fait de la déchristianisation actuelle qui fait vendre des églises que les diocèses ne sont pas capables d’entretenir à vide, mais des révolutionnaires français qui ont profané les églises et dissous les communautés religieuses de la ville. Lors du séjour de Napoléon dans la ville, son cheval fut logé dans l’église Kruisheren devenue écurie. Non loin de Maastricht est Saint-Gerlach, étape sur le chemin de Compostelle. L’église restaurée se situe dans un beau complexe hôtelier. Le chef du saint ermite Gerlach y est conservé. La reconstitution faciale à partir du crâne a été financée en partie par les Rolling Stones, de passage à l’hôtel. Autre cliente, Condoleezza Rice a guéri ses rosiers de Washington avec du sable bénit, vieil usage : dès le Moyen Age, les pèlerins emportaient la terre qui était au contact du tombeau de saint Gerlach. Les paysans en enrichissent leur terre, les éleveurs soignent leur bétail avec ce sable. Nous sommes dans le Limbourg, l’une des deux provinces catholiques des Pays-Bas. • Photo principale : Le cortège de la Vrijthof, 2019. Huile sur toile, 89 x 116 cm.
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Jérôme Anciberro, journaliste religieux, a été rédacteur en chef de Témoignage chrétien et de La Vie. Il n’a donc évidemment pas toujours les points de vue qui sont les nôtres, mais a l’honnêteté de donner, quant aux causes controversées, les arguments « pour » et « contre ». D’une plume alerte qui rend fort attrayante la lecture de son ouvrage, il évoque le thème de la sainteté sous un angle original. — Qu’est-ce qui vous a conduit à vous passionner pour ce drôle de thème ? — Un étonnement : les procédures conduisant à une béatification ou une canonisation dans l’Eglise catholique relèvent, par définition, du contrôle de qualité. Et dans tout contrôle de qualité, il y a des réussites et des échecs. Or, j’avais l’impression de n’entendre parler que des réussites. Que devenaient les recalés ? Pourquoi certaines causes traînaient en longueur ? En cherchant des réponses pour quelques affaires clés, j’ai entrevu un champ d’investigation original sur l’histoire de l’Eglise, et, ponctuellement, sur l’histoire tout court. — L’une de vos remarques peut surprendre : les anglicans ont-ils des saints ? — L’anglicanisme, notamment le courant de la Haute Eglise (High Church), a gardé bien des traits du catholicisme dont il est issu. La dévotion aux saints, même si elle ne s’exprime pas de la même manière que chez les catholiques, existe donc chez certains anglicans, ne serait-ce que pour les saints qui étaient déjà présents dans les calendriers liturgiques avant le schisme de 1534. Pour les autres, les choses sont un peu plus complexes. Les anglicans parlent plus volontiers de « héros ». Certains sont d’ailleurs pour eux des martyrs, un exemple célèbre étant celui du roi Charles Ier d’Angleterre, décapité en 1649. On peut cependant difficilement parler de « canonisation », même si des textes cadres existent. Pour quelles raisons certains saints peuvent-ils disparaître du calendrier catholique ? — L’Eglise catholique procède régulièrement à des mises à jour des calendriers liturgiques afin d’adapter le sanctoral aux orientations pastorales du moment. Cela a par exemple été le cas à la suite du concile Vatican II. D’infinies précautions sont prises : c’est un véritable exercice d’équilibre entre les différentes sensibilités du monde catholique. Pour autant, un saint qui disparaît du calendrier romain général n’est pas forcément mis au ban de la société catholique, et il apparaît la plupart du temps dans des calendriers plus adaptés et tout autant reconnus par l’Eglise, qu’ils soient locaux, ou propres à un ordre religieux. Le cas de Christophe Colomb n’est-il pas emblématique des diverses figures que l’on peut faire prendre à un personnage historique ? — Colomb a en effet longtemps été une sorte de saint laïc, dont on louait le courage et la ténacité. Certains catholiques, dont Pie IX, ont songé au XIXe siècle à en faire un saint canonisé. Christophe Colomb s’est alors brusquement retrouvé sous le feu des critiques, essentiellement pour des questions de mœurs – il n’a sans doute pas épousé la mère de son deuxième fils –, mais aussi pour son rôle dans la violence qui a accompagné la colonisation de l’Amérique. — La cause d’Isabelle la Catholique comme celle de Pie XII montrent bien la pression « des milieux spécialisés et des médias ». Les changements de mentalités que constate l’Eglise entrent donc en compte dans ses décisions ? — Bien sûr. Tout comme dans celle d’ouvrir ou non une cause. Les canonisations répondent à la nécessité d’offrir aux fidèles des modèles sûrs de sainteté. Il faut donc que, sans préjuger des enquêtes biographiques et de ce qu’elles peuvent révéler de rédhibitoire, ces modèles leur soient accessibles, ou en tout cas qu’ils soient compris dans un contexte précis par la majorité d’entre eux. Si ce contexte a changé, il n’est peut-être pas sage pour l’Eglise d’un point de vue pastoral de procéder à un tel geste qui, en dépit des mérites de la personne concernée, serait compris comme une provocation et pourrait remettre en cause des acquis majeurs. En l’occurrence, la question de la relation au judaïsme et au peuple juif est au cœur des deux causes que vous mentionnez. — N’est-il pas facile, comme vous le signalez, de s’arroger « une supériorité éthique sur les acteurs de l’époque » ? — C’est une tentation à laquelle nous pouvons succomber, et les historiens sont là pour nous aider à nous en garder. Mais la biographie des saints n’est pas tout : la décision d’ouvrir ou non une cause dans un contexte précis et la poursuite de cette cause dans un autre contexte sont aussi des objets d’histoire et, comme tels, susceptibles d’être analysés et discutés. Il est incontournable de se livrer à cette réflexion pour comprendre ce que les choix effectués par l’Eglise peuvent révéler de sa propre évolution. Propos recueillis par Anne Le Pape • Jérôme Anciberro, Presque saints ! Canonisations ratées et autres causes délicates, Tallandier, 272 pages, 19,50 euros. •
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« En ce temps-là : Jésus fut conduit par l’Esprit dans le désert pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Et le tentateur, s’approchant, lui dit : “Si vous êtes fils de Dieu, dites que ces pierres deviennent des pains.” » Pour bien comprendre la tentation du Christ, il faut se rappeler que le Seigneur est semblable à nous en toutes choses, excepté le péché. Alors, quelques instants, Jésus autorise le malin à venir à lui. Il ne veut pas prouver au diable qu’il possède des pouvoirs surhumains. Le diable est curieux… quel est cet homme capable de jeûner 40 jours ? Qu’on imagine à quel état de faiblesse serait réduit un homme qui durant 40 jours ne se serait accordé aucune nourriture. Jésus ne va pas non plus faire de miracle pour empêcher en lui les effets du jeûne ; aussi l’évangile nous rapporte-t-il qu’après cette période Jésus sentit la faim, et le démon saisit occasion de son état d’accablement pour le tenter. Le jeûne du Christ appartient à son œuvre rédemptrice ; de même, notre jeûne de quarante jours contribue à édifier le royaume de Dieu sur la terre. C’est peut-être le temps le plus important de toute l’année. Ainsi donc, le chef et les membres entrent dans la grande période de la pénitence. Mais le Seigneur nous précède aussi comme combattant. Nous voyons le divin héros remporter la victoire dans trois passes d’armes. Les deux princes sont en face l’un de l’autre, le prince du monde et le prince du royaume de Dieu. Ils se mesurent dans le combat. Le prince de ce monde fait avancer toute son armée : le monde avec toutes ses pompes, l’enfer, le moi avec ses désirs insatiables. Le Christ est vainqueur. S’il a voulu, lui, le Fils de Dieu, entrer en lutte avec le diable, nous étonnerons-nous que les membres de son corps mystique doivent suivre la même voie ? Tant de personnes, même pieuses, croient que la tentation est un signe de réprobation. Mais, le plus souvent, c’est le contraire. Devenus disciples de Jésus par le baptême, nous ne pouvons « être au-dessus de notre divin maître ». C’est Dieu lui-même qui nous le dit : « Parce que tu m’étais agréable, il a fallu que la tentation t’éprouvât. » Ne nous étonnons pas de la tentation : n’oublions jamais que le Christ, notre modèle en toutes choses, a été tenté avant nous, et même touché par l’esprit des ténèbres. Le champ de bataille où nous entrons n’est pas loin de nous, il est dans notre âme ; l’homme inférieur y lutte contre l’homme supérieur. Mais le Christ, qui est en nous, doit vaincre. C’est là, pour nous, une force et une consolation. Nous ne sommes pas seuls au combat : le chef et les membres combattent, le chef et les membres doivent remporter la victoire. Ainsi l’Evangile nous mène à l’école de combat du Christ ; aujourd’hui, nous ne sommes encore que des recrues ; à Pâques, nous devons être des vainqueurs. •
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Ainsi, mon cher, tu t’en reviens / Du pays dont je me souviens / Comme d’un rêve / De ces beaux lieux où l’oranger / Naquit pour nous dédommager / Du péché d’Eve… En ce temps-là, chantait Musset(lini) ces jolis vers, tandis que Nissa et la Savoie étaient tout fraîchement rattachés à la France. En ce temps-là, le blason de la Maison de Savoie décorait le drapeau italien (il est toujours présent sur les étendards et les écussons des armées transalpines). En ce temps-là, la Franche-Comté était espagnole (comme fredonnait Victor Hugo presque à la même époque), la Corse était plus ou moins génoise et la France changeait de régime, sans cesse, d’une génération l’autre : République, Empire, Restauration, belote, rebelote, re-empire sous Napoléon III qui réussit ce bel Anschluss sans fureur, mais comploté avec le comte de Cavour contre les Autrichiens. Signé, manigancé, référendumé à l’avance, ourdi, ratifié depuis l’endroit même où j’écris : Plombières-les-Bains en Vosges lorraines. Le comté de Nice est un des derniers territoires réunis à notre nation (1860), après la création du département du Mont-Terrible (1793, terre depuis retournée à la Suisse), l’annexion de Mulhouse (1798), et avant le retour de l’Elsass-Lothringen dans l’Hexagone. Tout est resté ainsi sous le vent joli, agréablement chargé du parfum des treilles, des Méditations du haut des cimes de l’Ubaye, des champs d’oliviers et d’agrumes odorants, de musiques allègres et de chants manifestant notre giovinezza éternelle. Socca et trouchia Comme Georges Brassens, un jour : J’avais dix-huit ans / Tout juste et quittant / Ma ville natale / Un beau jour, o gué / Je vins débarquer dans la capitale… mais du païs nissart afin d’assister à la convention « Le Pen président ». Le voisin corse Popeye était là et le Parmesan Almirante était de la partie, pour ne pas dire de la patrie ! Le dimanche matin, au monument aux morts de Rauba-Capeù (c’est-à-dire endroit où le vent fait voler les chapeaux), devant les porte-drapeaux du CNC, de l’UNP et de la FNAC (Fédération nationale des anciens chasseurs), on pouvait rencontrer « Moumoute »,alias « Playmobil », alias « Tronche de cake », l’opportuniste Escrozizi. Après la cérémonie, j’avais un peu faim en débouchant sur le cours Saleya mais je songeais malgré moi : Cher Well, notre sainte colline / Le petit peuple du marché / La rue grouillante où l’on chemine / Les charrettes des maraîchers… Car c’est un endroit dans Nice tout à fait évocateur, parfumé de rose et de mimosa en cette pleine saison, où l’on descend très naturellement comme par un entonnoir, de l’Acropolis (que l’Escrozizi devenu maire veut détruire) vers la plage désirée. Le climat et les paysages doux invitent aux pique-niques, aux repas sur le pouce en plein air tandis que la sainte Providence veille, puisque la cité est garnie de kiosques à collations. Comme naguère Chez Thérésa (aux Niçois qui mal y pensent, mais l’affaire a été reprise et bonifiée), Chez Pipo vers le port ou bien Chez René Socca, pas loin de la place Garibaldi. Selon mon antenne locale, ce sont les « ambulants » lors de la fête des Mai à Cimiez ou lors des « baleti » par exemple qui font la meilleure socca (grande et fine galette de farine de pois chiche, de couleur d’ocre), la tourte de blettes (sucrée ou salée), la trouchia (omelette bien épaisse garnie de blettes, d’herbes et de parmesan, que l’on peut consommer froide ou tiède), la pissaladière(pâte à pain chargée d’une fondue d’oignons et d’anchois, parfumée d’origan, de sarriette et d’olives), le pan bagnat (pain rond, mais un bout de baguette frais fait aussi bien l’affaire, garni de salade niçoise). En pays nissart, le chapon n’est pas celui qu’on croit, il s’agit de la rascasse, poisson d’eau profonde à chair ferme que l’on fait cuire au four, et la poutine ne doit rien au camarade président Wladimir puisqu’il s’agit d’alevins de sardines que l’on consomme en soupe, en omelette, en beignet ou à la plancha (ne pas confondre avec la poutine québécoise, sorte de brouet de frites au « fromage pouic-pouic » garni de sauce brune, suspecte à plus d’un titre). La folle au logis Non ! il ne s’agit point de surnoms de quelques candidats à la mairie ! Le braquet et la folle sont des cépages locaux… produisant sur les hauteurs de Nice une appellation en blanc, en rosé et en rouge nommée bellet, qui n’est pas bon marché et qui est différente des côtes-de-Provence (Pierrefeu, La Londe et Brignoles sont des valeurs sûres et très économiques) et des vins de Bandol et de Cassis qui coûtent un bras. Quand il fait bon, mais pas trop chaud quand même (dans l’Ubaye si sec, autour de Barcelonnette, le soleil assomme même les lézards et les cigales sont muettes, j’en sais quelque chose pour avoir vécu un mois de juillet complet à Seyne-les-Alpes), il faut parfois attendre l’extinction du soleil pour se contenter d’un apéritif dînatoire rafraîchissant et bientôt rassasiant. La soif part en buvant et bientôt la faim vient en mangeant… d’un petit peu de daube niçoise (cubes de bas morceaux de bœuf mijotés longuement à feu doux au vin rouge, tomate, bouquet garni et cèpes), de quelques petits farcis (tronçons de courgettes, tomates, aubergines, creusés et garnis de viande hachée), succédant aux canapés tartinés d’anchoïade ou de tapenade d’olives de Nice (AOC), de fines tranches de fumeton (cœur de jambon d’agneau traité en salaison et fumé de la vallée de l’Ubaye, petite patrie du feu 11e BCA). Médecin cuisinier Molière était un sage qui vivait de bonne soupe et en même temps de beau langage. A son exemple, Médecin malgré lui (on ne choisit pas son nom), un certain monsieur Jacques, jadis premier magistrat haut en couleur de la ville, nous invite encore et toujours à sa lecture gourmande et identitaire : La Cuisine du comté de Nice. Un ouvrage rare (relié, édité chez Julliard, ce n’est pas une farce, le 1er avril 1976) que l’on peut trouver d’occasion pour environ 50 euros tout de même. Rendons grâce au syndicat d’initiative de la cité pour sa mise en ligne d’un beau livre de cuisine que l’on peut télécharger à cette adresse : nicetourisme.com/cuisine-nicoise. Tout y est ! Les gnocchi, les ravioli, les petits chaussons garnis de légumes (barba-juan), les merveilleux beignets de fleurs de courgettes, les ganses (beignets de carnaval), les panisses (li panissa fregidi au sucre et à la farine de pois chiches), la porchetta (porcelet semi-désossé, farci, doré au four, pourquoi pas laqué au miel du pays ?). Contrairement au président Poincaré de la légende, je ne suis pas de ceux qui rient dans les cimetières, toutefois ces lieux ne m’ont jamais inspiré de véritable tristesse. C’est peut-être dans ces champs de pierre et de souvenir que j’ai découvert tout jeune ce que pouvait être le nationalisme, la patrie, concept défini par Barrès, c’est-à-dire tout bonnement : « La terre et les morts ». Ici, la nécropole surplombe la ville, à l’ombre d’un vieux château hardiment arboré qui surplombe la mer. C’est un lieu de promenade bucolique qui en vaut bien une autre, où nous penserons en cheminant, sur un poème de Lamartine : Salut à toi, béret vert Jacques Peyrat, salut à toi, Popeye béret rouge, Tous ceux enfin dont la vie / Un jour ou l’autre ravie / Emporte une part de nous / Murmurent sous la pierre : / Vous qui voyez la lumière / De nous vous souvenez-vous ?Franck Nicolle
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L’école de la Pépinière, à Villepinte (93), ouvre ses portes pour la première fois, samedi 29 février 2020. Un moment très attendu pour beaucoup de familles dont les enfants y seront scolarisés dès le mois de septembre. Au total, le groupe scolaire (de la maternelle à la primaire) pourra accueillir jusqu’à 360 élèves. Il s’agira […]
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Au moins 33 soldats turcs auraient trouvé la mort dans une frappe aérienne de l'armée syrienne autour d'Idleb. La présidence turque a annoncé la tenue d'un conseil de sécurité extraordinaire sur la Syrie et l'OTAN une réunion de ses ambassadeurs. La Turquie a rejeté la version avancée par la Russie selon laquelle des soldats turcs tués la veille par des frappes aériennes dans le nord-ouest de la Syrie avaient été touchés car ils se trouvaient parmi des « unités combattantes de groupes terroristes » qui - Février / , , ,
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Une famille canadienne a été expulsée d’un vol Québec-Paris car leur bébé toussait, bien que le médecin de bord ait assuré que la petite fille pouvait tout à fait voyager.
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Soupçonné d’avoir assassiné son père à coups de couteau, un marocain de 40 ans a été arrêté à Salé, dans le nord-ouest du pays, annonce la police nationale dans un communiqué officiel.
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La Turquie n'empêchera plus les migrants qui essaient de se rendre en Europe de franchir la frontière, a assuré à l'AFP un haut responsable turc vendredi.
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Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan se sont entretenus par téléphone après les bombardements ayant touché Idlib le 27 février, a fait savoir le ministre russe des Affaires étrangères.
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