Anti-Lacombe, anti-Véran : Martin Blachier serait-il devenu "rassuriste", voire complotiste ?

E&R
03/04/2021
16:31

Anti-Lacombe, anti-Véran : Martin Blachier serait-il devenu "rassuriste", voire complotiste ?

Tout le monde connaît Martin Blachier, l’homme invité partout pour cracher sur les professeurs Raoult, Toussaint, Toubiana, bref, toute la planète des soignants rationnels qui se sont opposés, dès le départ, aux décisions désastreuses des responsables de la santé publique. Blachier représentait pour beaucoup l’envoyé en plateau des grands labos, on l’a vu lâcher ses chiens contre les grands soignants sur LCI, CNews, BFM TV, en un mot sur toute la propagandosphère.

Étrangement, depuis début février 2021, le propagandiste semble avoir changé de fusil d’épaule, suffisamment pour que L’Express, propriété du Franco-Israélien Patrick Drahi, un hebdomadaire 100 % dans la ligne oligarchique, c’est-à-dire bigpharmaciste, le taxe de rassuriste, un qualificatif dégradant selon la presse mainstream soumise à la fois à l’État par les subventions, et au grand capital par les dix entreprises qui possèdent la presse française.

L’introduction de l’article de L’Express classe Blachier dans l’axe du Mal :

« À chaque vague ses vedettes rassuristes. Pour la première, c’est Didier Raoult qui a monopolisé toute l’attention médiatique, assénant en février 2020 que le Covid est "probablement l’infection respiratoire la plus facile à traiter de toutes", avant de déclarer un mois plus tard être très étonné si le nombre de morts dépassait en France les 10 000 (on en est à plus de 90 000), puis d’annoncer en mai que l’épidémie est "en train de se terminer". Au début de la deuxième vague, le chercheur Laurent Toubiana, le sociologue Laurent Mucchielli et le physiologiste Jean-François Toussaint ont repris le flambeau médiatique et se sont démultipliés devant les micros, de Sud-Radio à Cnews. Assurant que le virus ne circulait plus, le trio a contesté l’efficacité du confinement, les politiques "anxiogènes" du gouvernement ou les chiffres "exagérées" de l’épidémie. Depuis, ces trois-là se sont faits très discrets.

Pour la troisième vague, c’est l’épidémiologiste Martin Blachier, l’urgentiste Gérald Kierzek et l’urologue Michaël Peyromaure qui ont martelé dans les médias leur opposition à des mesures restrictives et minimisé la remontée épidémique. "Je ne pense pas qu’on reconfinera", déclare le premier début février sur Cnews. Selon Martin Blachier, on pourra même bientôt rouvrir des lieux grâce aux autotests antigéniques. "On entre vraiment dans les derniers mètres les plus compliqués de l’épidémie. On sait qu’il n’y aura pas un nombre de morts beaucoup plus important qu’aujourd’hui", prédit-il encore le 23 février dans Ouest France. Un discours optimiste qui a fait mouche sur les plateaux de télévision. »

Soudain, alors qu’il était la risée et le repoussoir des réseaux sociaux (acquis globalement à la cause raoultienne), Blachier devient relativement populaire. Il change de camp, ou en donne l’impression. Toujours est-il qu’il critique les choix du trio Macron-Castex-Véran en charge de la répression économico-sanitaire depuis un an.
Après sa sortie étonnante de février, le 1er mars, Blachier surprend tout le monde, au moment où le gouvernement menace de reconfiner tout le monde :

« Il faut pousser tout le monde dehors ! »

Le 16 mars, chez Laurence Ferrari, il se déclare perplexe sur les effets du confinement :

« Je voudrais juste insister sur le mal que fera ce confinement. Il se fait sur une population qui est, déjà, pas bien du tout et donc il sera moins respecté. »

Soudain, le 23 mars, et certains n’y verront qu’une coïncidence, il est rattrapé par une petite affaire de délit d’initié, ou plutôt d’une collusion possible, le tout relevé par Gala :

« C’est sans doute la première fois qu’il se confie sur sa vie privée. Invité sur le plateau de Touche pas à mon poste ce mardi 23 mars, le Dr Martin Blachier a été contraint de s’expliquer au sujet d’une rumeur qui circulerait depuis peu et qui le concernerait lui ainsi que son ex-femme. Dans un premier temps, le sujet a été abordé par Gérard Delépine, médecin à la retraite, qui se trouvait face à lui dans le talk-show animé par Cyril Hanouna.
"M. Blachier, vous êtes trop proche, enfin, votre épouse est trop proche du LEEM !", a-t-il lâché, l’air de rien, avant de se faire interrompre par l’animateur de C8 : "C’est quoi ça ?", a demandé Cyril Hanouna. "C’est le syndicat des entreprises du médicament, donc leur but, c’est de vendre de nouveaux médicaments chers", a précisé l’ancien médecin. Agacé par ces propos, le Dr Martin Blachier n’a pas tardé à faire une mise au point au sujet de cette rumeur. »

Le 29 mars, alors qu’ils étaient en 2020 sur la même longueur d’onde répressive, Blachier de met à attaquer l’immense Karine Lacombe, dont la direction de TF1 a voulu faire une star mais qui s’est ravisée depuis :

« Karine Lacombe, quand les mesures ont été annoncées, elle a dit ce sont d’excellentes mesures. Elle a dit “si jamais le président avait confiné en janvier, aujourd’hui tous les restaurants seraient ouverts en France”... Je suis désolé, mais Karine Lacombe, elle a le don de sortir des espèces de choses comme ça, et elle surfe en permanence sur les tendances. Et maintenant elle signe une tribune pour dire qu’elle va trier les malades, alors qu’elle est même pas réanimateur. »

La suite de la diatribe est encore plus dure pour Karine, mais l’honnêteté journalistique nous oblige à diffuser intégralement les mots de Blachier :

« Je trouve que au bout d’un moment il y a un peu d’opportuniste. J’ai pas l’impression qu’elle a eu particulièrement de pertinence dans ses prises de parole, donc je trouve que ça suffit, quoi ! C’est suffisamment grave pour que on ne joue pas comme ça en permanence avec les peurs, en essayant de faire un bras de fer, avec des intentions qui sont pas toujours franchement... À quoi ça sert ? Au bout d’un moment quand vous avez une prise de parole, il faut savoir est-ce qu’elle va être utile ou est-ce quelle va pas être utile. Et parfois, il y a des prises de paroles qui sont toxiques, et qui ne doivent pas être prises... C’est une forte responsabilité quand même !" »

 

Enfin, le 1er avril, Blachier reprend la parole et s’en prend à Olivier Véran, l’intouchable Véran (un peu moins que Jérôme Salomon, quand même) ! Ce coup-ci, il accuse le ministre de la Santé (des labos) de faire barrage aux « autotests » sans lesquels, pense-t-il, la réouverture des écoles, des commerces et des lieux de culture ne sera pas possible. Il s’en explique sur Europe 1 :

« Martin Blachier voit deux raisons pour lesquelles Olivier Véran fait blocage, alors que ces tests sont déjà disponibles dans les entrepôts : "Soit il ne comprend pas, et dans ce cas-là, moi je suis disponible pour aller lui expliquer dans son bureau au ministère de la Santé (...) ou alors il veut faire plaisir à d’autres personnes en pensant qu’il a des comptes à rendre aux pharmaciens et aux laboratoires d’analyse qui ont peut être beaucoup investi. Dans ce cas-là, qu’il leur fasse un chèque, mais qu’il ne nous bloque pas le pays uniquement parce qu’il leur doit quelque chose (...) C’est le prochain scandale de cette crise, ils misent trop sur le vaccin.". »

Véran lui a répondu illico sur France Inter :

 

Et après Lacombe et Véran, Blachier vise le président de la République en personne. Est-il devenu fou, ou juste lucide (avec un an de retard) ? selon lui, la promesse de Macron de tout rouvrir par paliers à la mi-mai est un leurre. Cependant, les raisons avancées par Blachier ne sont pas forcément rassuristes, et encore moins complotistes, ce qui constituerait un compliment :

« Sonia Mabrouk, soulignant que l’horizon de mi-mai était devenu un espoir pour les Français suite à l’annonce de ce mercredi soir, lui a demandé de préciser : "Avec 20 millions de personnes vaccinées en France, vous ne pouvez pas rouvrir le pays à la dimension de ce que pensent les gens (...). Il a dit le 15 mai, les gens ils se sont dit ’le 15 mai, on va revivre.’ C’est possible. C’est possible de faire revivre les Français le 15 mai mais pas uniquement avec 20 millions de vaccinés. C’est possible si jamais on a un pass sanitaire, si jamais les gens savent utiliser les autotests. On a un mois et demi pour le faire. Ça devrait déjà être en route et pour l’instant on nous parle d’une expérimentation qui débuterait le 15 avril où les gens iraient se tester eux-mêmes, mais dans les pharmacies sous l’œil des pharmaciens", a terminé le médecin, a priori sceptique sur les semaines à venir. » (Télé-Loisirs)

Que retenir de ce changement de cap à la fois graduel et inattendu ? Que Blachier rejoint les forces du Mal (c’est-à-dire du Bien, n’oubliez pas que nous sommes dans un monde orwellien), ou qu’il récupère, sur ordre ou proposition, une partie de la colère des Français pour mieux la neutraliser (n’oublions pas que les grands médias donnent moins la parole à Raoult et ses disciples, et depuis cet ordre non écrit, Blachier a resurgi de partout) ?
Pour le pouvoir, il importe de contrôler les réactions de la population avant tout. Et les Français, supportant de moins en moins bien les erreurs, errances et autres stratégies foireuses ou au contraire cyniques de la gouvernance, seront bientôt rétifs à toute parole oligarchique.

Il s’agit donc d’envoyer sur le terrain des « agents » calmants pour remotiver les troupes dans le sens voulu. Cela nous rappelle la guerre de 14-18 avec le ras-le-bol des soldats qui ne supportaient plus les sacrifices imposés par leur état-major (l’ordure abrutie Nivelle) qui les envoyait au casse-pipe, le cul bien au chaud. Il a fallu, pour enrayer les mutineries, la tournée de Pétain sur le front. Ce général, qui avait le souci de la vie de ses soldats (alors à la tête de la IIe armée), réussira à faire baisser la tension, récupérer le respect des soldats, remonter le moral des troupes, et finir la guerre. Après, c’est une autre Histoire...

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