Blanquer soutient Vidal et dénonce "l’islamo-gauchisme" de Mélenchon

E&R
22/02/2021
47:34

Blanquer soutient Vidal et dénonce "l’islamo-gauchisme" de Mélenchon

Invité par Apolline de Malherbe sur BFM TV le 20 février 2021, le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer est sorti de son sujet – l’école – pour entrer de plein pied dans la stratégie droitière de reconquête macronienne de l’électorat en tapant sur l’islamo-gauchisme, cette expression pas vraiment innocente de BHL qui associe, par amalgames successifs, le terrorisme (islamique) à la gauche (sociale).

Dans le viseur, Mélenchon et ses troupes, qui ne sont pas récompensés d’avoir appelé à voter contre la Bête immonde et pour l’employé de la Banque en mai 2017. Quand on trahit, on paye toujours deux fois : car Mélenchon a trahi la gauche en faisant gagner la Banque, et la Nation en faisait gagner le mondialisme. Ce péché originel empoisonne et fragilise La France insoumise, qui n’a plus de défenses. L’ennemi idéologique s’engouffre logiquement dans la brèche.

« Ce serait absurde de ne pas vouloir étudier un fait social. Il faut au moins étudier dans ce cas-là si c’est une illusion, il faut étudier l’illusion, et regarder si c’en est une. Pour ma part je le vois comme un fait social indubitable, ça se voit par exemple dans les déclarations de certains politiques. Quand vous avez monsieur Mélenchon qui participe à une manifestation du CCIF, dans des manifestations où il y avait clairement des islamistes radicaux, monsieur Mélenchon quand il fait ça tombe dans l’islamo-gauchisme, sans aucun doute. » (Blanquer sur BFM TV)

Voilà les mélenchonnistes collés au poteau par les zemmouristes, et un à un, sous la pression, les macronistes tombent dans l’escarcelle du nouveau paradigme : Macron avec le « danger islamiste », Darmanin avec son livre sur le « séparatisme islamiste », Vidal avec son « islamo-gauchisme ».

« Frédérique Vidal se saisit du thème complotiste “islamo-gauchisme” et nous désigne coupables de pourrir l’université. Elle veut diligenter une enquête, menace de nous diviser et de nous punir, veut faire régner le soupçon et la peur, et bafouer nos libertés académiques. Nous estimons une telle ministre indigne de nous représenter et nous demandons, avec force, sa démission. » (La tribune du Monde)

Après Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, qui avait demandé au CNRS un bilan de l’ensemble des recherches pour faire le tri entre la vraie recherche et le militantisme – du maccarthysme contre les maccarthystes ! – au tour de Blanquer de sortir du bois et d’entrer dans la danse nationale-sioniste.

 

Comprendre qu’on aura le nationalisme, dont une majorité de Français réclame le retour, que si on accepte le sionisme. Et que si on prend le nationalisme, alors on doit renoncer à la gauche, au social. C’est le seul deal que l’oligarchie nous propose. La réaction du milieu universitaire,, le bulldozer national-sioniste s’en fiche. Les chiens gauchistes aboient, la caravane zemmourienne passe, comme E&R l’a écrit dans le premier article sur l’affaire.

« Participer à une manifestation de solidarité après un attentat contre un lieu de culte n’a rien de complaisant avec l’islamisme. En revanche, faire pression sur un recteur pour l’installation d’une école dont le fondateur avait des liens avec Al-Qaïda, ça oui ! Tartuffe ! »

Le député Adrien Quatennens a beau se défendre, le mal est fait : son mouvement est marqué du sceau de l’infamie.

Quant à la chasse aux sorcières dénoncé par Piketty et les universitaires (gauchistes, cela va sans dire), ils sont en train de vivre ce qu’ils ont infligé aux esprits libres (de droite ou d’ailleurs) depuis un demi-siècle dans l’institution universitaire. Une punition injuste selon les uns, un juste retour des choses selon les autres.

« Si le propos manque de cohérence, ­l’intention est dévastatrice : il s’agit de ­diffamer une profession et, au-delà, toute une communauté, à laquelle, en tant qu’universitaire, Frédérique Vidal appartient pourtant, et qu’il lui appartient, en tant que ministre, de protéger. L’attaque ne se limite d’ailleurs pas à disqualifier, ­puisqu’elle fait planer la menace d’une ­répression intellectuelle. Comme dans la Hongrie d’Orban, le Brésil de Bolsonaro ou la Pologne de Duda, les études postcoloniales et décoloniales, les travaux portant sur les discriminations raciales, les études de genre et l’intersectionnalité sont ­précisément ciblés. » (Le Monde)

Pour nous, ni la voie Macron ni la voie Mélenchon ne permettront à la France de se relever et, éventuellement, retrouver les sommets. La troisième voie, c’est l’accouplement entre la gauche du travail et la droite des valeurs, l’inverse de ce qu’on vit actuellement, c’est-à-dire la collusion dramatique entre la droite du chômage et la gauche des violeurs.

Rappel : l’invention et d’exploitation du concept d’islamo-gauchisme

Le Monde du 18 décembre 2019 revenait sur cette nouvelle arme politique.

Les contempteurs de l’« islamo-gauchisme » se sont d’abord recrutés dans les rangs de la droite extrême ou « décomplexée », mais l’expression a fait son chemin dans l’ensemble du spectre politique. Il serait erroné d’étiqueter « identitaires » tous ses utilisateurs. Et s’il faut citer à cet égard des noms, c’est en laissant à chacun ses particularités. Alain Finkielkraut, Pascal Bruckner, mais aussi Élisabeth Badinter, Jacques Julliard, Bernard-Henri Lévy en font partie, de même que l’historien Pierre-André Taguieff, l’essayiste Caroline Fourest, le politiste Laurent Bouvet, fondateur du Printemps républicain, ou l’ancien premier ministre Manuel Valls. Le terme est utilisé aussi par le chercheur Gilles Kepel, spécialiste de l’islam, à l’encontre d’universitaires et d’intellectuels auxquels il reproche de « minimiser » le phénomène djihadiste et l’idéologie religieuse qui l’anime.

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