Ce gouvernement a un incroyable talent : il exaspère les Français Sauf les très riches

E&R
09/01/2019
12:12

Ce gouvernement a un incroyable talent : il exaspère les Français Sauf les très riches

Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles pour le peuple, c’est-à-dire de bonnes pour l’élite. Figurez-vous qu’en pleine révolution sociale, en pleine colère contre toutes les taxes et surtaxes qui pèsent sur les Français, le gouvernement, par la voix de Gérald Darmanin, son ministre de l’Action (laquelle ?) et des Comptes public (notre fric), a décidé d’offrir une prime de 200 euros à tous les fonctionnaires du fisc.

En gros, les employés de Bercy et des hôtels des impôts de régions qui travaillent au racket national seront récompensés, mais pas les Gilets jaunes qui souffrent. Elle est pas belle la logique libérale macronienne ?

Un mois avant la révolte des Gilets jaunes, Ouest-France publiait un article prémonitoire avec cette illustration :

Cela nous permet une précision : ce ne sont pas forcément les impôts qui font souffrir les Gilets jaunes mais les taxes, la vie chère, l’inflation cachée. 30 centimes de hausse sur le litre de diesel en trois ans ou 10 centimes par an, avec deux pleins par mois pour ceux qui prennent leur bagnole pour aller bosser, ça fait dans les 120 euros en plus par an.

Un travailleur français peut donc ne pas payer d’impôts sur le revenu ou en taxe d’habitation – c’est le thème qu’on va développer en dessous – s’il gagne par exemple moins de 1 500 euros par mois, mais il peut souffrir par les taxes : essence, TVA.

Il est vrai qu’avec la réforme de l’impôt (le prélèvement à la source), les 40 000 ponctionnaires du fist, oups, fonctionnaires du fisc vont avoir du boulot. Gérald était en visite à Lyon, nous apprend Le Point, dans « l’un des quatorze centres d’appels du pays où les contribuables peuvent poser leurs questions à l’administration fiscale ». Le magazine mal en point où officie BHL, cette vigie de l’antisémitisme moderne, a relayé la promo du racketteur en chef :

« Casque sur la tête, le ministre a pris un de ces appels, un agent des impôts le guidant derrière lui. “Je suis en formation”, a-t-il plaisanté avec son interlocuteur. Pour lui, bonne nouvelle : “Vous payiez des impôts l’an dernier. Vous n’en paierez pas cette année. C’est 0 % pour vous et 0 % pour votre épouse”, a-t-il dit à ce retraité. »

Ce que Gérald ne dit pas à son interlocuteur, c’est que ce « zéro impôt » va avoir des conséquences. À des degrés divers, et selon les coins, les services publics vont en pâtir. Il y aura moins de sécurité sociale pour ce retraité et sa femme. L’argent que l’on garde est une chose, celui qu’on retire à la communauté en est une autre, parfois aussi importante. Dans Le Figaro payant du 8 janvier, l’essayiste Olivier Babeau évoque l’injustice fiscale qui frappe ceux qui gagnent le plus :

« La taxe d’habitation finançait les dépenses collectives liées au fait d’habiter quelque part. Sa suppression rompt ce rapport entre territoires, habitants et services publics. Il opère une recentralisation subreptice au moment même où la crise des Gilets jaunes témoigne du besoin de renforcement des institutions locales et de leur lien avec les populations. Mais ne pas aller jusqu’au bout est pire que tout : la seule partie de la taxe d’habitation restant pilotable pour les collectivités locales risquerait fort, année après année, d’être alourdie pour les ménages restants. L’absurdité française endémique d’une fiscalité à assiette étroite mais taux élevé s’en trouverait aggravée. »

On sait qui va payer : la classe moyenne supérieure. C’est-à-dire, globalement, toujours les classes moyennes puisqu’il y a la classe moyenne inférieure, la classe moyenne moyenne et la classe moyenne supérieure.

Au-dessus ce sont les très riches, qui savent comment ne pas payer d’impôts du tout. Ça tombe bien, les lois libérales permettent d’y échapper. Quant à ceux du dessous qui pensent y échapper, le prix à payer se fait très vite sentir en sécurités de toutes sortes : santé, police, justice...

En passant, Babeau prône une assiette plus large de l’impôt :

« La concentration des impôts directs continuera ainsi de s’aggraver. Moins de la moitié des Français payent l’impôt sur le revenu et 2 % des ménages acquittent 42 % de ses recettes. Une personne de 50 ans appartenant au quart le plus aisé de la population cotise chaque année en moyenne 15.000 euros de plus qu’elle ne reçoit de prestations contributives. C’est sans doute ce qu’il conviendrait de rappeler avec plus de force à ceux qui stigmatisent les “riches” : ce sont ces hauts revenus qui financent une part importante des prestations dont jouissent les plus modestes. »

Pas faux, mais on est toujours dans les trois tranches de la classe moyenne. Et quel impôt sur le revenu faire payer à un employé qui gagne 1 150 euros net, soit le Smic actuel, et pour qui chaque euro compte ? En vérité, hormis les taxes dont nous avons déjà parlé, ce sont les charges salariales le problème, l’impôt vient après. Sauf s’il est en quelque sorte inclus dans les charges, c’est-à-dire prélevé à la source... La solution par le haut serait donc un relèvement des salaires par une baisse des charges des entreprises. L’État le peut-il, le veut -il ?

On ne va pas s’étaler sur la fiscalité, François Hollande sait ça mieux que nous, mais le problème de la double fiscalité est alors autrement posé que par Babeau :

« S’il s’agit d’une solidarité souhaitable, au moins les payeurs pourraient-ils en attendre, plutôt que du mépris et une stigmatisation, une forme de reconnaissance. Ceux qui continueraient à financer les services publics locaux via la taxe d’habitation maintenue seraient aussi ceux qui sont déjà les plus gros contributeurs nets en matière de prestations sociales et d’IRPP. Cette France à deux vitesses fiscales ne favorise pas la conscience d’une appartenance partagée à la société par une commune contribution aux dépenses collectives. Elle alimente au contraire chez ceux qui en seront dispensés la terrible impression de gratuité des services publics, et celle, pire encore, qu’il est possible et normal de vivre aux crochets des autres. On connaît la définition de l’État donnée par l’économiste Frédéric Bastiat : “La grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde.” Le drame est que certains y parviennent… »

On pourrait parler pendant des heures de l’évasion fiscale due aux grandes entreprises et des 60 à 80 milliards qui disparaissent de la nation chaque année, soit une perte de 30 à 36 milliards net pour l’État. C’est le même Figaro qui l’écrit.
Ramenés aux 72 milliards de l’impôt sur le revenu, deuxième source budgétaire de l’État après la TVA (152 milliards), ça fait réfléchir. S’il y a une injustice fiscale, elle se situe plutôt là que dans le manque de « générosité » des revenus moyens ou inférieurs dénoncée par Babeau.

On s’est laissé déporter par les histoires de gros sous, alors qu’on est sur l’exaspération. On disait que chaque jour, les macroniens aux commandes nous lançaient des cailloux sur la gueule. Hier, mardi 8 janvier 2019, c’était au tour de Marlène Schiappa et son ministère de l’Égalité hommes-femmes à 400 millions qui nous en a balancé un gros.

 

La coupeuse de couilles nationale réagissait à la cagnotte de Dettinger sur Leetchi, qui a d’ailleurs été fermée, mais il fallait que quelqu’un en haut lieu justifie cette infamie. C’est chose faite, et avec le talent qu’on connaît à celle qui a écrit des lignes magnifiques sur la fellation, la spécialité des rondes.

 

Darmanin c’est fait, Schiappa aussi, passons à Griveaux.

Griveaux, on l’a tous vu liquéfié après que sa porte d’entrée a été défoncée par un engin de levage. Il est vrai que le porte-parole du gouv avait un peu asticoté les Gilets jaunes en les traitant en substance de nazis et en défendant les titres de presse qui déformaient au quotidien les revendications des Gilets.

 

Au lieu de comprendre qu’il faut écouter un peu les gens, ces imposteurs augmentent la répression et le niveau d’exaspération. On dirait qu’ils veulent une révolution sanglante comme en 89 ou 17 ! Mais les Gilets jaunes ne s’appellent pas Luc Ferry, qui appelle lui à tirer sur les manifestants. Le philosophe guerrier a-t-il compris que si on en arrivait là, il ne survivrait pas à ses paroles ?

Alors du calme, mais du calme surtout en haut lieu : arrêtez de nous exaspérer, réfléchissez aux conséquences de vos actes et de vos paroles parce que là, vous êtes en train de franchir la rivière sans retour.