CHU de Rouen : l’unité Covid aux lits vides

E&R
18/11/2020
01:07

CHU de Rouen : l’unité Covid aux lits vides

Cette courte vidéo de 67 secondes fait le tour du Net depuis le 11 novembre 2020. Elle montre une unité Covid constituée de lits de réanimations qui sont... vides. Le gouvernement et la presse nous parlent de « saturation » des services de santé, de « pic » d’hospitalisations, de deuxième vague encore « plus violente » que la première, et cela nous rappelle des cliniques vides et des hôpitaux tranquilles (pas tous) lors de la première vague du coronavirus. Qui ment ? Les images ou le lobby médiatico-politique ?

Le succès viral de cet extrait a fait réagir promptement le service neurologie du CHU de Rouen, par l’intermédiaire de la communication de l’établissement.

« Ça fait partie de nos unités de réserve. Heureusement qu’elle est vide, cette unité : cela veut dire que pour le moment, on n’est pas encore débordés dans l’accueil de nouveaux patients Covid. Lorsqu’elle se remplira, si elle vient à se remplir, alors on en préparera une autre. Le but est de toujours avoir un coup d’avance. » (actu.fr)

Pour information, l’ARS (Agence régionale de santé) de Normandie avait de son côté – avant la diffusion de cette vidéo – communiqué sur « une situation compliquée en termes de places en réanimation »...

En espérant que cette lanceuse d’alerte, si c’en est une, ne risque pas sa place pour une vidéo très parlante... Car les explications du CHU de Rouen, mises en face de celles de l’ARS, font un peu désordre. Les ARS et les CHU devraient peut-être s’aligner sur une version commune, comme lorsque deux menteurs se font pincer par la police. Il est hors de question d’accuser qui que ce soit, mais les informations qui nous sont remontées lors de la première vague nous laissent perplexes. Si la communication est une chose, surtout lorsqu’elle émane de ce gouvernement, qui nous a habitués au mensonge, du moins à l’amateurisme, la réalité en est une autre. Le problème de la psychose du Covid, ou du coronavirus, ce sont les statistiques qui en parlent le mieux : 0,3 % de létalité, soit un peu plus qu’une grippe saisonnière. Jusqu’où devra-t-on détruire l’économie et le quotidien des Français pour une super grippe ?

En avril, le journal collaborationniste Libération avait dû se fendre d’un article pour expliquer :

Après la publication de deux vidéos dans deux hôpitaux, le directeur adjoint s’explique :

Contacté par CheckNews, Nicolas Funel, directeur adjoint de l’hôpital Sainte-Musse, explique que les soignants ont eu vent de cette vidéo et « le vivent mal ». Il dit : « L’hôpital vide, c’est celui qu’on voit tous les jours depuis le début de la crise. Les 250 000 consultations par an non urgentes ont été annulées. Les visites des proches sont interdites. Donc oui, le hall est vide, le parking est vide. On n’a pas le flux de personnes habituel. Tenir des propos pareils, c’est révélateur d’une méconnaissance totale du fonctionnement des hôpitaux. » En termes de chiffres, Nicolas Funel détaille : « Sur 134 lits de réanimation [doublé par rapport à la normale, ndlr] dans le département du Var, 30 sont libres. 61 lits sont occupés par des patients Covid. » Par ailleurs, il nous indique que le service juridique se penche actuellement sur la vidéo afin d’évaluer la possibilité de poursuites.

En réalité, et les auteurs de ces vidéos et les directions des CHU ont raison. La vérité, elle, est ailleurs : dans la réduction progressive du nombre de lits et particulièrement de lits de réanimation dans le service public de la santé depuis les années néolibérales, celles de la TAA ou T2A, la tarification à l’acte.

C’est en 2004 que le pouvoir a lancé ce mode de financement qui a transformé en gros l’hôpital en entreprise qui devait faire du chiffre (même chose dans les commissariats, d’ailleurs, et on a vu le résultat en termes de sécurité publique). La T2A a fait de l’hôpital français un secteur économique en crise et en déficit perpétuels : la dette augmente d’année en année, et les crédits alloués ne couvrent même plus le service de la dette. Du coup, la dette absorbe les hausses de budgets, et plus rien ne va aux soins. Le néolibéralisme a changé l’offre de santé en secteur déficitaire, qu’il fallait alors à tout prix réformer, c’est-à-dire lui infliger la rigueur gestionnaire.

Le résultat de cette politique économiste, 16 ans plus tard, tout le monde le voit : le pays n’est plus capable de faire face à une épidémie de grippe sournoise, tout simplement, obligeant tous les étages du mille-feuilles administratif de la Santé (les ARS, la direction de la Santé, le ministère) à mentir ou à accuser les Français, ces mauvais citoyens, irresponsables ou insouciants, et bien sûr les soignants, qui passent leur temps à râler et à réclamer budgets et effectifs.

Le seul reproche qu’on pourra faire aux médecins (opposés à Perronne ou Raoult), dans ce désastre médico-politique, c’est d’avoir nourri la psychose pour de « bonnes » raisons, le sauvetage de leur outil de travail, en prenant les Français en otages devant un gouvernement qui sera obligé d’augmenter un peu les salaires, les budgets et les effectifs. Et encore, depuis la première vague, si tant est qu’il y en ait une deuxième, le nombre de lits de réanimation n’a pas augmenté, il a même baissé, nous dit Le Figaro. Voici l’extrait de notre article du 28 octobre 2020 :

La lanceuse d’alerte a raison, le CHU aussi : c’est le gouvernement qui ment.

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