Denis Robert et Mélenchon découvrent la sociale-traîtrise de l’AFP À Francs-Tireurs les honneurs de France Inter

E&R
19/11/2021
24:20

Denis Robert et Mélenchon découvrent la sociale-traîtrise de l’AFP À Francs-Tireurs les honneurs de France Inter

À peine né, Blast (l’explosion), un pure player créé par Denis Robert (ex-Le Média, ex-Libération) est à l’agonie, ou presque : le titre gauchiste perd 60 000 euros par mois. Si les contributeurs ne remettent pas la main à la poche, Blast disparaîtra en janvier, en pleine effusion électorale, quand le grand public s’intéresse de près à la politique (politicienne). Malgré les soutiens de toute part, les médias gauchistes souffrent. Y aurait-il un problème de positionnement ? De ligne ?

Depuis trois ans, en gros depuis le soulèvement des Gilets jaunes, un nombre inédit de titres de presse en ligne ou papier à tendance gauchiste sont morts à peine nés. Sans vouloir donner de leçons à nos adversaires politiques, ils devraient quand même se demander un jour pourquoi, alors qu’E&R existe depuis 2007, et tient le coup sous les bombardements du Système, les titres bien-pensants se cassent la gueule les uns après les autres.
Peut-être qu’un peu de nationalisme dans le socialisme ferait du bien, surtout que ça parle à plus de la moitié des Français. On veut dire par là qu’un titre gauchiste élimine automatiquement la majorité du peuple, et ne peut tenir que sur les bobos ou un coup de main du Système. Or, si les fées du Système se sont penchées sur le berceau de Mediapart, elles ont dédaigné les autres tentatives de gauchisme en ligne. Justement, c’est l’objet d’une plainte (plaintive) en ligne de Denis Robert, qui fait suite à un article de l’AFP sur Mélenchon et l’axe de sa campagne.

Reprenons depuis le début : c’est important, parce que cela montre que le Système n’en a plus rien à foutre du gauchisme, autrement dit, que ça ne correspond plus à sa ligne de survie. Ce qui suit figure sur le Facebook de Mélenchon :

Vous lirez à la suite de ce billet une dépêche de l’AFP qui annonce la publication de notre programme « l’Avenir en commun ». Rédigée sur le mode d’une émission de divertissement, elle entérine une certaine fin du journalisme politique d’information.

Ici, on ne sait ni comment le texte est organisé, ni combien de pages, ni ce qui est nouveau, indications habituelles dans ce cas. Des mots manipulateurs (planification ÉTATIQUE, 6ème République PLUS parlementaire), des persiflages méprisant de soi-disant ancien cadre LFI absolument inconnu (un certain Merlin...), des comparaisons avec la Bible ou le Petit Livre rouge.

Voilà comment l’AFP participe à l’élection présidentielle et contribue à la citoyenneté. Désolante médiocrité du journalisme de sarcasme fait de mauvaises blagues recuites et d’ignorance. Des milliers d’heures de travail et de mobilisations intellectuelles réduites à cela. Payé avec vos impôts. Je suis certain qu’une entreprise privée pourrait faire mieux.

Voici maintenant l’article de l’AFP diffusé sur TV5 Monde, un papier bien à charge pour une agence de presse à qui on demande seulement de rapporter des faits, et de les analyser sobrement : en gros, Mélenchon se fout du monde, il fait du neuf avec du vieux.

« "Planification écologique", "protectionnisme solidaire", "VIe République" : le programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon, "L’Avenir en commun" (AEC), sort jeudi légèrement remanié par rapport à 2017, signe de la confiance inaltérable, et parfois décriée, du candidat LFI en ses idées.

"Vous allez voir, toutes les idées qu’ils vont sortir dans les prochaines semaines auront été dans l’AEC depuis 2017", claironnait récemment devant la presse le chef des Insoumis à propos des autres candidats de gauche.

Le droit de vote dès 16 ans proposé par sa concurrente socialiste Anne Hidalgo ? L’Insoumis rappelle qu’il le défend depuis de nombreuses années. La volonté déclarée de l’écologiste Yannick Jadot de "réindustrialiser le pays" ? Il l’adoube, en remarquant que "le discours de M. Jadot évolue vers des positions beaucoup plus proches des nôtres".

"On revendique la continuité, la base très forte de ce programme vendu en 2017 à 360 000 exemplaires", et "dont on est fiers", explique à l’AFP la coordinatrice du programme Clémence Guetté.

La convocation d’une assemblée constituante pour fonder une VIe République plus parlementaire, la planification étatique de la "bifurcation écologique", "le partage des richesses" obtenu grâce à une taxation accrue des salaires supérieurs à 4 000 euros, la retraite à 60 ans : autant de piliers du programme de 2017 qui sont repris pour 2022, rassemblés dans un livre vendu trois euros en ligne et dans les librairies. »

On frôle l’escroquerie, si on lit bien l’AFP. Qui maoïse ensuite le programme de La France insoumise en sous-titrant « Petit Livre rouge », et qui va chercher un repenti du mélenchonnisme pour commenter le programme 2022...

« Le thème de l’Union européenne connaît aussi un changement important, même si les Insoumis le souhaitent discret. Il ne s’agit plus de menacer l’UE de sortie de la France en cas de refus de ses pays membres de réviser les traités, jugés trop contraignants, pour les investissements publics notamment. (...)

Preuve que La France insoumise s’appuie sur la notoriété de son fondateur et leader. "Il y a une énorme hypocrisie, un déni collectif chez les Insoumis, qui prétendent voter pour un programme et non pour une personne", sourit un ancien cadre de LFI.

"Mettre autant en avant le programme, pour dire que ce sont les idées qui sont importantes", est une manière de répondre au "reproche qu’on serait une armée de petits soldats de Mélenchon", confie Merlin, militant LFI parisien de 21 ans.

Il conçoit qu’on puisse, sur le plan symbolique, "comparer l’Avenir en commun avec le Petit Livre rouge de Mao ou le manifeste du Parti communiste". Mais "c’est l’un des programmes les plus complets", assure-t-il.

Pour sa part, l’ancien cadre de LFI dénonce la "sacralité de l’AEC, programme qui serait intouchable, empêchant de s’entendre avec le reste de la gauche" - dont les sept candidatures ne totalisent qu’un quart des intentions de vote selon les sondages. »

Petit commentaire maison sur la sortie abandonnée de l’UE : la France ne doit pas sortir de l’UE, c’est l’UE qui doit sortir de la France ! Image porno s’il en est...

Et maintenant l’analyse de Denis Robert :

Entièrement d’accord avec JL Melenchon. L’AFP devrait être le métronome du journalisme. Elle est devenue, de l’aveu même de plusieurs de ses agenciers, une petite honte quotidienne où des chefaillons apeurés jouent les censeurs. Blast en est victime. Pas un mot sur nous jamais. Rien sur la condamnation de BHL, rien sur nos révélations libyennes, rien sur la Fifa, le Qatar, la Syrie. On pourrait dire que c’est devenu n’importe quoi. C’est pire, sous le prétexte d’être sérieuse ou de vérifier les informations publiées, elles les trient selon des critères assurément politiques et commerciaux. Et macronistes. Shame.

Oui, mais voilà, l’AFP, depuis ses débuts (avant, elle s’appelait l’agence de presse Havas, et fut la grande concurrente de l’agence non officielle d’information « Rothschild » au XIXe siècle, deux visionnaires juifs), n’a jamais été une entreprise d’information, mais de pouvoir par l’information, ce qui est différent. Et ce qui implique qu’on ne peut pas tout dire, surtout ce qui peut nuire au Système. Même si ça vient de la gauche sociale, et donc, a fortiori, de la droite nationale.

C’est aujourd’hui, alors que les Insoumis sont en difficulté dans les sondages (8-10 % pour le premier tour 2022) et les médias (diabolisation par le CRIF), et que Blast commence à couler, que les deux mamelles du gauchisme se rendent compte que l’AFP ne leur fait pas de cadeau, bref, que l’AFP n’est pas de gauche, mais de la bonne droite bien dure, bien sioniste. La preuve...

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Franc à gauche, Tireur à droite

Ça tombe bien, pour notre démonstration : à peine né, le titre ultrasioniste prénommé Francs-Tireurs a l’honneur de L’Instant M, l’émission de propagande de la gentille Sonia Devillers, qui fait là où on lui dit de faire. Cependant, on doit lui reconnaître un bon résumé – avec pincettes au regard du sionisme éclatant de ses invités – du positionnement de Francs-Tireurs : entre « l’extrême droite lepéno-zemmourienne » et le progressisme des « antiracistes délirants ». On écoute Raphaël, l’homme aux deux casquettes, fils de et agent du Système, résumer le propos de son nouveau titre :

« En politique, l’œuvre de la radicalité est infime, son œuvre est nulle, ses méfaits sont considérables, et c’est contre cela que nous luttons. »

Les Francs-Tireurs, pourtant, ce n’était pas ça, et encore moins eux. C’était ça :

Le 16 juillet 1944, alors qu’il vient prendre le commandement de l’interrégion FTP, Jacques Chapou est arrêté à l’entrée de Bourganeuf par un barrage. Encerclé par les Allemands, blessé, il décharge son revolver, touchant plusieurs d’entre eux, et se tue avec la dernière balle. (Wikipédia)

Francs-Tireurs, qui a donc subtilisé le nom et l’honneur de ces résistants radicaux, puisqu’il s’agissait de communistes clandestins qui acceptaient de mourir pour leurs idées ou pour leur liberté (des centaines de fusillés) entre 1941 et 1944 (en 1943 le mouvement se fonde avec l’Armée secrète dans les FFI), lutte donc contre les radicalités, sous-entendu de droite et de gauche.

Bref, c’est ce bon vieux centre et ventre bourgeois bien-pensant secrètement attaché à ses privilèges de classe, mais avec une couche de légère radicalité antiradicale, histoire de pas passer pour les nouveaux collabos. Un exercice acrobatique à la limite de l’injouable nécessitant un super pilpoul pseudo-savant, au point que Sonia répète et reprécise sa question après la première réponse emberlificotée du Raphaël, qui se perd dans le maquis de son propre esprit, tortueux et tortuant.
D’ailleurs, à 4’26, après la seconde réponse du téléphilosophe, Sonia, énervée d’avoir été baladée dans le maquis raphaélite, reprend :

« Alors j’ai une question beaucoup plus simple et beaucoup plus concrète pour Christophe Barbier, peut-on lutter contre les radicalités et aimer la provoc et aimer la bagarre ? »

Là, Sonia a marqué des points ! Godwin, mais c’est pas grave, elle a du crédit, après avoir déroulé le tapis rouge à toute la sionosphère...

Réumé, tout pour Francs-Tireurs, rien pour Blast. C’est sûr que quand on s’en prend à BHL, on prend aussi des risques avec les relais de la Propagandastaffel !

On reconnaît que l’AFP ne se grandit pas en ignorant Blast, qui a sorti de bonnes infos, notamment sur la Syrie, le Qatar, BHL. Mais, et nous ? Qui se soucie de la mise au placard médiatique d’E&R, qui n’a même plus de compte Facebook, de compte YouTube, et qui produit pourtant de l’information de qualité à jets continus ?

Quand on avait ces relais sur les réseaux sociaux, les stats de nos papiers étaient multipliés par dix, parfois plus. Et quand on a été censurés brutalement, la gauche de la gauche n’a rien dit, trouvant la mesure peut-être normale. On n’a pas pleuré, on s’est battus, pour être toujours là. Aujourd’hui que les tenants de la gauche de la gauche sont traités comme de vulgaires suppôts de l’extrême droite, on les entend piailler. Peut-être qu’une solidarité entre punis...

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