Dîners mondains clandestins : qui est visé et qui tombera ? Lorsque le sage montre la lune

E&R
05/04/2021
06:54

Dîners mondains clandestins : qui est visé et qui tombera ? Lorsque le sage montre la lune

Nous relayions hier dans nos colonnes l’impunité qui sévit à la faveur d’une certaine catégorie de la population face aux restrictions sanitaires, catégorie sur laquelle d’ailleurs le coronavirus semble n’avoir aucun effet. Aujourd’hui, le buzz a pris de l’ampleur et les internautes mobilisés sur Tweeter demandent des noms (#onveutlesnoms). Mais, à part Pierre-Jean Chalençon (et son inefficace mezouzah, visiblement), il semble qu’aucun nom sérieux ne veuille sortir.

Retour sur la petite séquence qui fit polémique :

La sagacité de quelques internautes (et/ou la délation ciblée de certains autres) a rapidement livré en pâture un nom : Pierre-Jean Chalençon. Comble de malchance pour ce personnage qui avait eu la drôle d’idée (mais il ne faisait que passer) de se retrouver à l’anniversaire de Jean-Marie Le Pen aux côtés de Stéphane Blet et de Dieudonné. Une première correction publique lui fut infligée par Jean-Marc Morandini et c’est en larmes qu’il nous assura qu’il ne pouvait pas être antisémite puisqu’il était homosexuel.

Mais sa mezouzah n’y suffira pas, voilà qu’il réapparaît dans un scandale de bien plus grande ampleur. Car ce scandale touche désormais directement les Français, scandalisés de découvrir (en raison de leur ingénuité habituelle qui leur a fait avaler un certain nombre de couleuvres depuis trop longtemps) que selon que tu seras puissant ou misérable, les lois te concerneront ou pas.

Ne vous y trompez pas, malgré le caractère avenant de l’invitation, vous n’êtes pas conviés. Les invités sont des invités de marque, pas les prolos. D’ailleurs le maître des lieux ne fanfaronnait-il pas dans l’extrait du reportage M6 :

« J’ai dîné cette semaine dans deux ou trois restaurants qui sont justement d’ailleurs des restaurants soit-disant clandestins avec un certain nombre de ministres. »

Mais à peine la polémique eut-elle enflée que Pierre-Jean Chalençon ravalait sa saillie bravache de matamore de salon pour signifier, par la voie de son avocat :

« Pierre-Jean Chalençon, grand collectionneur des objets de Napoléon, a toujours apprécié faire de l’humour (...). C’est ainsi que quand celui-ci précise qu’il dîne avec des ministres dans des restaurants clandestins, il manie avec brio le sens de l’absurde... »

D’ailleurs Gabriel Attal « ne croi(t) pas une seule seconde » à la participation de ministres à de telles soirées, insistant sur le « devoir d’exemplarité » des responsables politiques.

Pourtant c’est bien encore Pierre-Jean Chalençon qui déclamait, fier comme artaban (c’est-à-dire aussi de manière un peu ridicule et surtout très gênante pour ses « amis »), la liste de ses prestigieux copains du gouvernement : Jean-Baptiste Lemoine, qui est un copain, Franck Riester que j’adore, Roselyne Bachelot que j’apprécie énormément, Gabriel Attal qui doit venir d’ailleurs dîner prochainement, Florian Bachelier, le premier questeur de l’Assemblée nationale, etc.

Pour l’instant des noms tombent, avec les réserves d’usage bien sûr : Patrick Poivre d’Arvor, Ulysse Gosset, Raphaël Mezrahi, et de nombreuses personnes de la haute société dont les noms ne parlent pas aux communs des mortels. Quelques silhouettes habituées de ces raouts guindés :

Tout cela sous la houlette culinaire du chef des stars, le bien controversé Christophe Leroy dont le travail n’a d’ailleurs pas convaincu les fins palais de la Rédaction d’E&R :

Pendant ce temps le petit peuple est martyrisé depuis désormais plus d’un an et gare à lui si les distances de sécurité ne sont pas respectées ou les masques non portés :

Et le moindre barbecue entre copains est sévèrement puni :

C’était notre moment populiste, certes. Mais il y a peut-être plus ennuyeux : comme nous le rappelions dans notre papier précédent au sujet du magistrat et du commissaire dont l’affaire fut aussitôt classée sans suite, il est bien possible que tout ce ramdam populaire n’accouche que d’une souris. Et la souris pourrait bien être Pierre-Jean Chalençon, sauf coïncidence troublante, selon l’adage du ni pardon, ni oubli.

Quoiqu’il arrive, on a vu de mémoire d’homme d’autres affaires bien plus graves faire pschitt en un rien de temps. Mais en ces époques-là, la population française n’était pas chauffée à blanc par une année de privations, de brimades et de mauvais traitements.

Or cela pourrait changer la donne. Et les Gilets jaunes changer de couleur.

Pierre-Jean Chalençon, acte I :

La vraie cuisine, validée par E&R :

 






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