L’humour subversif est-il mort en France ?

E&R
11/01/2020
05:10

L’humour subversif est-il mort en France ?

Sur le plan sociétal, les tendances américaines sont souvent une bonne illustration de ce que l’Europe va subir quelques décennies plus tard. Les dernières ont placé les États-Unis sous le sceau de la montée en puissance des thématiques communautaristes (féminisme, multiculturalisme, etc.), qui ont amplement pris pied dans les débats occidentaux au point de souvent les encombrer voire de les paralyser. Cependant, les choses évoluent…

L’arrivée d’un Trump à la Maison-Blanche est probablement le signe le plus saillant de cette évolution où la parole avait été de plus en plus corsetée par des ligues de vertu autoproclamées ainsi que des réseaux sociaux à l’agressivité croissante pour les déviants et ceux qui ne pensent pas « comme il faut », et qui se libère progressivement.

Il y a quelques jours (le lundi 6 janvier), c’est le discours de Ricky Gervais pour l’ouverture des Golden Globes Award qui a justement agité les médias pour son ton résolument décalé avec ce qu’Hollywood produit habituellement. Dans une courte succession de vannes et de piques à l’encontre des stars du moment présentes à la cérémonie retransmise en direct, l’hôte s’est véritablement déchaîné en rappelant quelques vérités :

 

[...] comme le remarque Gervais et d’autres avant lui, ces mêmes célébrités sont souvent assez mal placées pour donner des leçons de bienséance, de bonne tenue ou de moralité : entre les distributeurs de moraline dont l’instruction (y compris scientifique) ne surpasse pas toujours celle de Greta Thumberg qu’elles prennent souvent comme référence, et leurs accointances pas toujours reluisantes (Gervais cite l’exemple d’Epstein, mais l’ouverture du procès Weinstein en est un autre), tout ceci montre que ces célébrités ont une forte propension à dégoiser des âneries quand elles ne déploient pas une souplesse quasi-olympique pour s’accommoder d’us et coutumes carrément criminelles.

[...]

Et toujours par contraposée, ce qui se passe aux États-Unis met en lumière ce qui se passe, ou plutôt ce qui ne se passe pas encore en France, ou encore bien trop rarement : là où, d’un côté de l’Atlantique, on peut encore entendre un son de cloche différent, où la liberté d’expression est constitutionnellement garantie par le premier amendement, le continent européen en général et la France en particulier semblent s’enfoncer avec un délice éhonté dans l’auto-censure puis la censure assumée voire le politiquement correct le plus compact imposé par une clique médiatique et politique de plus en plus violente.

En plus des dérives de plus en plus nombreuses et de plus en plus évidentes dans le pays — la dernière en date du fait d’Anne Hidalgo qui réclame, pour des motifs parfaitement idéologiques et en toute décontraction, la suppression d’une campagne publicitaire pourtant parfaitement légale mas pas à son goût, et se fait heureusement débouter en justice — il suffit de voir ce qui agite régulièrement la sphère médiatique française pour se convaincre qu’il y a bien un problème de liberté d’expression au pays des Lumières.

Il y sévit ainsi, très régulièrement, des groupes de pression qui ont tôt fait de faire taire ceux qui ont l’impudence de sortir des clous de la bien-pensance : depuis ces collectifs prétendument citoyens dont le but affiché (combattre la haine sur les réseaux sociaux) se traduit par des déchaînement trop souvent haineux vis-à-vis de ceux qui osent ne pas penser comme eux, jusqu’aux habitués de la poursuite en justice grâce aux lois mémorielles et crimes « d’incitation à la haine » dont les définitions et contours sont chaque jour plus flous, l’actualité se remplit quotidiennement d’atteintes toujours plus fortes à la liberté d’expression.

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Le second degré c’est comme la nourriture en Union soviétique : tout le monde n’en a pas.

[...]

C’est probablement à cause de cette étouffante chape de moraline que certains rares humoristes ont, en France, choisi d’éviter autant que possible d’entrer dans le moule du politiquement correct (on peut citer Blanche Gardin, dans une certaine mesure ou Walter). Mais en pratique et comme le souligne justement Walter, l’écrasante majorité des humoristes est résolument pour le politiquement correct, pour les combats menés par les Social Justice Warriors et pour qu’on musèle, au moins par la pression des réseaux sociaux si ce n’est par la loi, les voix dissidentes, les opinions décalées et notamment ceux qui ont des positions nuancées et – ô affront – pas dans le sens général.

Ces humoristes (qu’on retrouve un peu partout dans les médias subventionnés ou, pire, publics) n’ont rien d’esprits libres et se retrouvent plus souvent qu’à leur tour à répandre la « bonne parole officielle » en se moquant des déviants de façon souvent cruelle et avec un talent fréquemment microscopique.

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