L’opération Zemmour-Macron et le grand remplacement de l’extrême droite Un article de Youssef Hindi (exclusivité E&R)

E&R
05/10/2021

L’opération Zemmour-Macron et le grand remplacement de l’extrême droite Un article de Youssef Hindi (exclusivité E&R)

L’opération Zemmour-Macron
et le grand remplacement de l’extrême droite
(Youssef Hindi)

Le spectacle pré-électoral commence, et les grandes manœuvres en coulisse qui l’ont précédé sont occultées par ce brouhaha médiatique.
Hier propulsée par son père à la tête du Front national au détriment de Bruno Gollnisch [1] et promue par l’appareil médiatique, Marine Le Pen est aujourd’hui marginalisée par ces mêmes médias qui organisent, pour le compte de l’oligarchie, son grand remplacement par Éric Zemmour.

Mais ce n’est que la partie émergée d’une vaste opération du Système visant à renouveler son bail et faire réélire le golem attalien, Emmanuel Macron, lequel suscite une colère populaire sans précédent, et qui se vérifie à chacune de ses sorties publiques (gifle, jet d’œuf, insultes…).

Toutes ces agitations, ces ombres projetées sur vos écrans, ces informations superficielles, ces unes de journaux, les photos de vacances de Zemmour avec Sarah Knafo (alias l’Esther de l’extrême droite), visent plusieurs objectifs, excepté vous faire comprendre les dessous de la politique…

Prospective : les analyses du passé éclairent le présent et le futur

Afin de donner au lecteur une vision diachronique des manœuvres de l’appareil politico-médiatique, je vais reprendre ici mon analyse prospectiviste là où je l’ai laissée au sortir des élections présidentielles de 2017 ; car ce qui se met en place actuellement est précisément la réalisation de ce que j’annonçais il y a un peu plus de quatre ans.

En effet, dans un article du 29 mai 2017, intitulé La mort des idéologies modernes et des partis politiques [2], j’annonçais plusieurs choses :

- l’implosion du Front national en deux partis distincts : un parti gaullo-chevènementiste à la tête duquel on aurait un Florian Philippot (quatre mois plus tard il fondait son parti politique Les Patriotes) ; et un parti néoconservateur identitaire et libéral sur le plan économique.

- que Zemmour œuvrait à la neutralisation d’une partie de la France de droite, identitaire et catholique par la création de ce futur parti néoconservateur, identitaire et libéral, en opérant une union des droites par une jonction entre ce qui restera de LR et du RN. La double OPA de Zemmour sur LR et le RN est en cours alors que je rédige ces lignes. [3]

- que Marion Maréchal Le Pen – la petite-fille de Jean-Marie et la nièce de Marine – pourrait revenir en politique jouer le rôle d’égérie de cette future formation politique. Ceci semble se confirmer. Le 24 septembre 2021, Marion Maréchal Le Pen était avec Éric Zemmour en Hongrie, tous deux invités au rassemblement nationaliste européen par le Premier ministre Viktor Orbán. Marine Le Pen, tout de même à la tête d’un des plus importants partis politiques de France, n’a pas reçu d’invitation. Et Zemmour a rencontré Viktor Orbán à sa place.

J’ajoutais, toujours dans cet article du 29 mai 2017, que Jean-Luc Mélenchon jouait à gauche le même rôle que Zemmour à droite, en précisant qu’ils avaient un ami et conseiller commun, Patrick Buisson. L’union du duo Zemmour/Mélenchon, qui tous deux ont pour rôle de repolariser le spectacle politique, a été officialisé le 23 septembre 2021 par la télévision du milliardaire israélien Patrick Drahi, BFM TV, qui a organisé un débat au format « élections présidentielles », minutés. Là encore, cela a été une façon d’exclure Marine Le Pen et de la remplacer par Zemmour.

Mais comment l’extrême droite en est arrivée là ? Comment est-elle passée du leadership du menhir breton, l’homme du point de détail, à accepter de suivre un petit juif berbère algérien, la synthèse de tout ce qu’ils vomissent ?

Dédiabolisation : Marine Le Pen tue le père et se « met à jour sur la Shoah »
pour faire plaisir au CRIF

Alors qu’elle s’apprêtait à prendre la tête du Front national, en 2011, le meurtre politique de Marine Le Pen et la destruction du FN était déjà programmés. Les médias encensaient Marine (tout comme son père d’ailleurs), qui la présentaient comme plus talentueuse que Jean-Marie Le Pen, capable de réussir là où il avait échoué. [4]

En réalité, sa mission principale, qu’elle a accompli avec succès, était de tuer le père, ce qu’il incarnait, et vider le Front national de sa substance, de ce qui faisait sa raison d’être. Le Front national agrégeait l’électorat déçu des partis politiques traditionnels. Ce que n’a pas compris Marine Le Pen, qui s’est suicidée en se normalisant au point de ressembler à LREM. Mais le théâtre politique n’a pas besoin d’un Macron bis ; d’où son remplacement par Zemmour, mais nous y reviendrons.

Les questions qui nous intéressent pour le moment sont les suivantes : QUI a soufflé à l’oreille de Marine Le Pen que son salut et celui du FN passaient par la dédiabolisation ? QUELLES étaient les conditions de la dédiabolisation ?

Pour éviter les procès d’intention et d’arrière-pensées, je vais citer un article du 1er avril 2016 publié dans le journal L’Express – autre propriété de Patrick Drahi – qui nous dit tout ou presque. Le titre de l’article et son chapeau désignent ceux à qui il faut plaire pour être admis dans l’arc républicain :

« Comment Marine Le Pen cherche à séduire la communauté juive
Le soutien de la communauté juive, par sa puissance symbolique, est un enjeu majeur de la dédiabolisation du FN. Sa présidente travaille au corps les réseaux pour être un jour reçue avec les honneurs en Israël. » [5]

Marine Le Pen prend la tête du Front national le 16 janvier 2011. Elle dîne en tête-à-tête à ce moment-là avec un des représentants d’Israël en France, Gilles-William Goldnadel, qui lui demande « sinon de tuer le père, au moins de se mettre à jour avec la Shoah. Ce fut chose faite lors d’une interview donnée au Point en février 2011, dans le mois qui a suivi son accession à la tête du Front national, où elle qualifie les crimes nazis de "summum de la barbarie". Depuis, c’est avec la communauté elle-même que la fille de Jean-Marie Le Pen souhaite se mettre à jour, en tentant de consolider ses réseaux. Tous azimuts. »

À en croire L’Express, il existe donc bien de puissants réseaux juifs qui exercent une influence sur la politique française.

Goldnadel n’est pas le seul représentant de la communauté juive organisée à avoir travaillé au corps Marine Le Pen qui courait comme un âne derrière l’inatteignable carotte de la respectabilité :

« Olivier Rafovitch, ancien porte-parole de Tsahal, proche de l’ex-ministre israélien d’extrême droite Avigdor Lieberman, participe aussi à ce mouvement. "Ici, Rafovitch répète partout qu’il ne faut pas condamner Marine Le Pen", raconte le journaliste Jacques Benillouche, installé depuis 2007 à Tel-Aviv. Rafovitch a par ailleurs pour ami Guy Millière, un très prolifique contributeur de Dreuz.info, un site francophone du courant néoconservateur israélien, souvent conciliant avec les prises de position de Marine Le Pen. »

La franc-maçonnerie juive, le B’nai B’rith (« Les fils de l’alliance » en hébreu) était également à la manœuvre pour normaliser/dissoudre le Front national :

« De manière moins voyante, Richard Abitbol joue aussi un rôle dans la dédiabolisation. L’homme dirige la Confédération des juifs de France et amis d’Israël, mais également une loge du B’nai B’rith - sorte de franc-maçonnerie juive -, la loge Deborah Sam Hoffenberg. Abitbol aurait déjà rencontré Marine Le Pen à plusieurs reprises et, si Bruno Gollnisch le cite régulièrement sur son blog, cela ne doit rien au hasard.
Dans un texte publié en 2015 sur le site de sa Confédération, Richard Abitbol, applaudissant le laïus de Roger Cukierman sur l’irréprochabilité de Marine Le Pen, écrit : "Le passage à l’acte du vote Front national n’est plus un sacrilège !!!" »

« Sacrilège » ? C’est donc le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) qui dit le vrai et le faux, le bien et le mal, en République française ? Il se serait substitué à l’Église ?

Le président du CRIF, Roger Cukierman, a fait momentanément miroiter à Marine Le Pen l’ouverture des portes de l’arc républicain dont il aurait les clefs. Mais la présidente du FN ne comprenait pas qu’elle était méthodiquement ballotée, secouée, elle et son parti dans un tamis, afin qu’elle aille de concession en concession, jusqu’à réduire au néant tout ce qui faisait l’attrait du parti de son père. Et finalement, Roger Cukierman, le Caïphe de la République qui s’est substitué au pape, a changé d’avis :

« Échouant à dépasser le stade des débauchages individuels, le FN peine toujours, en 2016, à obtenir un assentiment officiel, institutionnel. Marine Le Pen est une fois de plus restée à la porte du dîner annuel du CRIF au début de mars. Plus dommageable, son président, Roger Cukierman, semble revenir sur ses propos conciliants en multipliant les déclarations hostiles à l’égard de Marine et Marion Le Pen : "Nous devons être exemplaires et sans faille dans le rejet des héritières de Jean-Marie Le Pen", a-t-il attaqué lors du dîner. »

Il s’agit de détruire la maison Le Pen comme doit l’être celle d’Edom (Rome) ; la communauté juive organisée ne raisonne pas exclusivement en termes de tactique politique mais selon une doctrine religieuse.

Marine a été utilisée contre son père, qu’elle a exclu de son propre parti, et Marion contre sa tante, qu’elle trahie à son tour au profit de Zemmour. Pourquoi vouloir se débarrasser de la fille et de la petite-fille Le Pen (après utilisation) alors qu’elles sont aussi soumises que des esclaves ?

Parce qu’il faut par principe détruire tout ce qui peut raviver le souvenir du patriarche Le Pen, ce qu’il représente. La maison Le Pen, française de souche, doit être réduite au néant, comme si elle n’avait jamais existé. Et parce que dans le religion juive, les enfants sont tenus responsables des méfaits de leurs aïeux sur plusieurs générations :

« Yahvé poursuit le méfait des pères sur les enfants, sur les petits-enfants, jusqu’à la troisième et à la quatrième descendance. » (Exode 34, 6-7)

D’où la déclaration de Cukierman sur « le rejet des héritières de Jean-Marie Le Pen ». Et les deux traîtresses à leur propre famille, Marine et Marion, se crêpent le chignon pour savoir laquelle des deux sera la première à se prosterner devant Israël, à Yad Vashem :

« Pas de pèlerinage en Terre sainte pour Marine Le Pen ; pas question pour la présidente du Front national de laisser la place aux autres pour autant. Quand, en janvier 2016, au sortir d’un déjeuner de presse, a fuité dans Le Monde la rumeur d’un prochain déplacement de Marion Maréchal en Israël, sa tante a piqué une familière colère. Les mails échangés avec sa nièce, laquelle lui indique l’avoir déjà prévenue de ce projet par ailleurs peu imminent, n’y changent rien. Dans l’entourage de la députée, on a compris que la première Le Pen à visiter Yad Vashem, le bouleversant mémorial de la Shoah à Jérusalem, ne devait pas être Marion. »

Marine lâchée par Goldnadel, son conseiller en dédiabolisation,
au profit de Zemmour

Marine Le Pen faisait face à quelques good cops, comme Goldnadel (ancien membre du comité directeur du CRIF) ou Abitbol, et les bad cops, Cukierman, la LICRA et tous les intellectuels juifs de gauche. Goldnadel peut ainsi dire qu’il aura fait tout son possible pour faire accepter la goya Marine :

« ‘‘Il faut reconnaître que c’est plutôt Israël qui fait la gueule’’, explique Gilles-William Goldnadel, dont la vie se partage entre Paris et Tel-Aviv. C’est une connerie de ne pas recevoir Marine Le Pen. Israël ne manque pas d’ennemis, mais le gouvernement Netanyahou a peur de la réaction de la communauté juive organisée française." »

 

Pourtant Marine y croyait, naïvement. Elle confiait au journaliste Jacques Benillouche que :

« Le jour où on comprendra que des juifs nous soutiennent, on aura gagné la dédiabolisation. »

Et ce sont ceux-là mêmes qui l’ont poussée vers la dédiabolisation, contre son père, qui la trahissent maintenant au profit de Zemmour. C’est le cas de Robert Ménard, qui a d’ailleurs pour avocat Goldnadel, qui compte parmi ses clients Florian Philippot [6], lequel a été de ceux qui ont œuvré à l’exclusion de Jean-Marie Le Pen du parti qu’il a fondé. [7]

Goldnadel, qui a été le conseiller en dédiabolisation de Marine Le Pen, a torpillé cette dernière sur CNews le 23 septembre 2021 avec l’aide d’une autre représentante de la communauté juive organisée, Élisabeth Lévy, ainsi que le très servile Pascal Praud (salarié du protecteur de Zemmour, Bolloré).

« Le problème que rencontre Marine Le Pen, explique Goldnadel, c’est qu’elle a la double peine. D’une part, elle a mis de l’eau dans son vin jusqu’à tolérer l’intolérable Cour européenne des droits de l’homme, pour quelqu’un qui n’est pas européiste, c’est vraiment manger son chapeau, et en même temps elle paye quand même le fait de s’appeler Le Pen. »

« Ça c’est vrai » abonde Élisabeth Lévy qui vient d’une famille où « on pratique le pilpoul, cet usage hérité de l’étude talmudique devenue au fil des siècles un jeu et une gymnastique d’esprit.  » [8]

On en revient encore à cette culpabilité héréditaire du yahvisme. Pour ces gens-là, qui ne sont toujours pas sortis de l’archaïsme tribal, la responsabilité individuelle n’existe pas ; une famille, un peuple, un pays, une civilisation est coupable ad vitam æternam des « fautes » et « crimes » de leurs aïeux, de leur concitoyens et coreligionnaires.

Et Goldnadel de poursuivre :

« Raison pour quoi par exemple un Ciotti a moins de surmoi pour dire au deuxième tour je voterai Zemmour que de voter Le Pen. C’est cruel, c’est injuste, mais c’est un fait que je constate. Donc, bien entendu, elle a un gros cailloux dans sa chaussure. »

Et pour enfoncer le clou de la moquerie, Goldnadel conclut son propos ainsi :

« Je voulais dire, à propos de Marine Le Pen, son calcul de la dédiabolisation n’était valable qui si un autre diable ne sortait pas de la boîte. » [9]

Sous-entendant que la dédiabolisation était une erreur, puisqu’elle laissait la place vacante à un remplaçant de Jean-Marie Le Pen et de Marine, en l’occurence Éric Zemmour.

Mais ce qu’oublie de rappeler Goldnadel, c’est qu’ils étaient, lui et une partie de la communauté juive organisée, à l’origine de la dédiabolisation, ils en étaient les artisans. Dédiabolisation qui s’est avérée être un piège mortelle pour Marine Le Pen et le FN/RN.

Finalement, pour se venger de sa fille traîtresse, le père Le Pen a déclaré, lors d’un entretien publié par Le Monde le 2 octobre dernier, qu’il soutiendrait Zemmour si ce dernier était le candidat du camp national. [10]

Résumons : la fille trahit le père sur ordre de la communauté organisée ; la nièce trahit la tante pour faire plaisir aux mêmes ; et le grand-père valide ceux qui ont organisé son éjection en utilisant sa fille. Ainsi disparut la maison Le Pen.

« Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut subsister ; et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister. » (Marc 3 : 24-25)

Robert Ménard, le cheval de Troie à la manœuvre
pour grand-remplacer l’extrême droite

Le maire de Béziers et ancien secrétaire général de Reporters sans frontières – qui a été financé par George Soros et la CIA [11] – fait partie de ceux qui travaillent au grand remplacement de Marine Le Pen, et à l’organisation de l’union des droites autour de d’Éric Zemmour.

Je rappelle que Robert Ménard est celui qui, entre les deux tours de la présidentielle de 2017, attaquait, comme le faisait Zemmour, le programme économique de Marine Le Pen, la candidate que Ménard devait soutenir, en principe, puisqu’il a obtenu la marie de Béziers grâce au Front national. Au lieu de cela, Ménard déclarait sur France Inter le 4 mai 2017 :

« Je suis contre la sortie de l’euro, c’est un de mes désaccords avec le Front national, comme je suis contre la sortie de l’Union européenne. Je trouve que ce n’est pas la bonne solution, qu’on a bien d’autres problèmes qu’on peut régler sans sortir de l’euro. »

Plus récemment, le 11 mars 2021 au micro d’André Bercoff, à l’antenne de Sud Radio, Robert Ménard s’est dit être à la recherche du « candidat qui incarnerait une droite audacieuse, pas rétrograde, mal élevée, qui ne manque pas de panache, qui sache nous parler de la France. »

Mais il a tout de même tenu à rassurer l’oligarchie qui tient la France ; il a affirmé ne pas être opposé à la politique économique destructrice menée par Emmanuel Macron. Il a également précisé que sa femme, Emmanuelle Ménard, députée, a voté pour la réforme macronienne de la SNCF. [12]

Pour Robert Ménard et son champion Éric Zemmour, point de souverainisme économique. Pas un mot sur les Gilets jaunes éborgnés et emprisonnés, pas un mot sur le confinement et la fermeture des restaurants et commerces, pas un mot sur l’appauvrissement des Français, et rien non plus sur les paysans qui se suicident.

Toujours au micro de Bercoff, Robert Ménard a fait mine d’être perplexe en évoquant une éventuelle candidature d’Éric Zemmour :

« C’est un journaliste de talent, cultivé », mais « est-ce que de tout ça on peut faire un homme politique ? », estimant Zemmour « plus utile en faisant entendre un autre son de cloche sur CNews que dans l’arène politique ».

Toutefois, les propos du maire de Béziers contrastent avec son rôle en coulisse. En effet, une enquête de L’Express publiée le 11 février 2021 révèle que Robert Ménard était en 2020 déjà très actif pour convaincre Zemmour de se présenter à la présidentielle de 2022 :

« À l’automne 2020, les questions du polémiste se sont faites plus précises. "On s’organiserait comment pour récolter les signatures d’élus ? Pour le financement ?" demande-t-il au maire de Béziers, Robert Ménard, au détour d’un café dans une brasserie parisienne du XVIIe arrondissement. L’ancien secrétaire général de Reporters sans frontières sort de là avec le sourire jusqu’aux oreilles : ce partisan de l’union des droites, critique infatigable de Marine Le Pen, fait partie de ceux qui poussent activement Zemmour à se lancer en politique. Les deux hommes ont décidé d’échanger au moins une fois par mois. "Je ne l’ai jamais senti aussi près de franchir le pas qu’aujourd’hui", se félicite Ménard. En coulisses, l’élu biterrois tente de fédérer des soutiens parmi ceux qui veulent à tout prix éviter un match retour entre la présidente du Rassemblement national et Emmanuel Macron en 2022. » [13]

Le 8 septembre 2020, Ménard organise à Paris un déjeuner confidentiel près du Trocadéro. Autour d’Éric Zemmour, le maire de Béziers a invité Jacques Bompard, maire d’Orange, et son directeur de la communication, Joseph-Marie Joly. « L’objectif premier du déjeuner était de le convaincre d’y aller », raconte ce dernier. « Les convives n’ont pas besoin d’attendre le dessert pour constater que leur entreprise est plutôt bien reçue ».

L’union des droites en marche

L’éditorialiste du Figaro a ensuite rencontré les chefs de partis de droite en vue de 2022. Le 5 février 2021, Zemmour rencontrait un des candidats à la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan, qui lui demande :

« Est-ce que tu veux y aller ? Si oui, on avisera. Il faudra qu’on prenne une décision en laissant notre ego de côté. »

Précisons que ces deux-là sont des « amis de trente ans », et que Dupont-Aignan, crédité de 7 % d’intentions de vote, est certes un petit candidat, mais ajouté aux 13 % (il est monté magiquement à 15 % ces derniers jours) potentiels de Zemmour, il pèse dans la balance. Il est possible que Nicolas se retire au profit d’Éric, moyennant un arrangement.

Quelques jours auparavant, fin janvier, Zemmour rencontrait Laurent Wauqiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes et ancien patron des Républicains (LR). Un proche de ce dernier rapporte :

« Éric Zemmour n’a pas essayé d’enrôler Laurent, et vice-versa. »  [14]

Le tapage médiatique et les sondages gonflés ont pour objectif de faire monter Zemmour et de l’imposer comme leader de la droite. Un message de l’oligarchie envoyé aux chefs des partis de droite – sans parler des tractation en coulisse – pour qu’ils se rallient à lui. Une façon d’impressionner et d’affaiblir Marine Le Pen et de faire pression sur elle. Le 22 septembre dernier, Jean-Frédéric Poisson s’est dit « prêt à effacer » sa candidature derrière celle de Zemmour. [15]

En somme, l’opération consiste à établir une union des droites pour siphonner partiellement l’électorat du parti politique de Marine Le Pen. L’idée est de réitérer l’exploit de Nicolas Sarkozy qui avait, grâce à Patrick Buisson, attiré à lui une partie de l’électorat du Front national en 2007. Mais cette fois-ci il s’agit de détruire le RN et Marine, et, à partir des ruines du parti fondé par Le Pen père et de LR, construire un parti ou un mouvement de droite, néoconservateur et libéral, enterrant définitivement le gaullisme et toute idée de sortie de l’OTAN, de l’UE et de l’euro. Il ne restera que la lutte verbale contre l’immigration et le discours obsessionnel anti-islam.

L’idéal pour Zemmour serait un désistement de Marine Le Pen à son profit. Mais ce n’est pas une mince affaire. Il faut lui faire suffisamment peur et lui proposer un arrangement avantageux. Car, quelle que soit sa décision, l’élection de 2022 l’achèvera politiquement – elle agonise depuis son débat face à Macron en 2017. Et c’est le rôle de Ménard que de la faire plier. Le 15 février 2021, cet ancien agent des États-Unis reconverti dans le souverainisme rencontrait Marine Le Pen avec qui il a eu un échange « paisible ». Il s’agissait « d’oublier un peu les rapports exacerbés, passionnels, et les propos qui pouvaient être tenus de part et d’autre un peu désagréables, pour essayer de voir comment on pouvait parler politique et faire des choses ensemble », a déclaré le maire de Béziers. Et d’ajouter :

« Ça ne gomme pas les désaccords sur les questions économiques – nous on a une vision plus libérale de l’économie, moins étatiste – mais ça ne nous empêche pas de faire du travail ensemble. »

Durant cette discussion, Ménard a fait part à Marine Le Pen des « qualités » de son remplaçant, Éric Zemmour, qui selon le maire de Béziers, aurait tout d’un coup « plus envie qu’avant » d’être candidat à la présidentielle, mais qu’il ne voulait pas porter tort à Marine, qui devrait être au second tour d’après les sondages du premier trimestre 2021. Ménard a confié à l’AFP que la « présence d’Éric Zemmour » dans la course présidentielle était « souhaitable pour Marine Le Pen parce qu’il est capable d’attirer à lui des gens qu’elle n’est pas capable d’attirer. » [16]

Ménard, qui joue manifestement le rôle du petit télégraphiste au service de Zemmour et de ses patrons, a fait passer le message suivant à Marine Le Pen : soit elle se rallie au chroniqueur politique de CNews (qui n’a rien fait de sa vie sinon du bavardage et du plagiat [17]), soit elle subira des humiliations répétées venant de Zemmour et de toute la meute médiatique derrière lui tout au long de la campagne, pour l’empêcher au final, peut-être, d’accéder au second tour.

Du point de vue de Zemmour et de ses patrons, Marine Le Pen est un énorme caillou dans leur chaussure, qui refuse de s’écarter au premier claquement de doigts. Les sondages qui donnaient Marine Le Pen au coude à coude avec Emmanuel Macron expliquaient également l’agitation de Ménard, messager du camp Zemmour, en février dernier.

« Si Marine Le Pen a beaucoup de chances pour 2022, les ardeurs en faveur d’Éric Zemmour pourraient se rafraîchir », déclarait Paul-Marie Couteaux qui accompagne Zemmour dans cette aventure. Mais si les sondages plafonnent à 40 %, Éric Zemmour « a des chances de se présenter » ajoutait-il.

Le 2 mars 2021, Marine Le Pen disait ne pas croire en la candidature de Zemmour. [18] Mais le tapage médiatique dont bénéficie son remplaçant au point d’occulter son existence politique doit la faire sérieusement réfléchir aujourd’hui.

L’opération Zemmour-Macron était prévisible

L’opération Zemmour-Macron était prévisible. En 2020, avant que la candidature de Zemmour au mandat suprême ne soit envisagée, j’ai expliqué à plusieurs reprises, notamment lors d’une interview accordée à Rivarol le 12 novembre 2020 [19], qu’Éric Zemmour et ses camarades néoconservateurs travaillaient déjà à la réélection d’Emmanuel Macron. Un Macron transfiguré, disais-je, un Macron néoconservateur qu’on nous présentera comme néo-souverainiste. Et j’ajoutais que l’argument de Zemmour serait le suivant :

« J’ai été finalement entendu, le réel a donné raison à mon discours, et je me réjouis de voir le Président y adhérer… »

C’est précisément ce qui est en train de se produire. Et cela vient de s’illustrer à l’occasion de l’affaire des visas. Emmanuel Macron décide de réduire de 50 % le nombre de visas octroyés aux Maghrébins (-50% pour les Marocains et Algériens, et -30 % pour les Tunisiens), et ce sous l’influence d’Éric Zemmour qui a révélé que Macron lui avait demandé au téléphone de lui rédiger une note sur l’immigration. [20]

Près d’un an après ma prédiction, Zemmour s’est félicité, dans une vidéo du 28 septembre 2021, d’avoir inspiré Macron :

« Soudain, le gouvernement modéré d’Emmanuel Macron adopte les méthodes des “extrémistes”. En l’occurence, de réduire le nombre de visas qu’on accorde aux ressortissants des pays qui ne veulent pas reprendre leurs illégaux. Très bien. On attendra que cette mesure soit effectivement mise en œuvre, mais au moins sur le principe on félicite Gabriel Attal et Emmanuel Macron. Mais, puisque maintenant, j’ai été consacré par Gabriel Attal inspirateur de la politique d’Emmanuel Macron, donc je vais être généreux avec lui et je vais lui donner d’autres mesures pour réduire les flux migratoires et renvoyer les illégaux qu’on ne renvoie jamais... » [21]

Le but de la manœuvre zemmourienne, je le répète, c’est de faciliter la réélection de Macron en affaiblissant Marine Le Pen par le siphonnage d’une partie de son électorat (comme jadis Sarkozy), pour s’assurer qu’elle n’arrive pas au second tour ; et quand bien même elle serait au second tour face à Macron, Zemmour pourrait appeler à voter pour le président sortant en arguant qu’il l’a influencé et que Marine Le Pen est une incompétente incapable de diriger un État. Autre scénario, Marine Le Pen se désiste au profit de Zemmour qui devient le candidat de l’union des droites et principal opposant de Macron. Un opposant-allié qui fait opérer au président réélu un tournant droitier qui satisfera le bourgeois. Emmanuel Todd parlait de macro-lepenisme, il faudra parler demain d’un macro-zemmourisme.

Pour ce faire donc, Zemmour doit prétendre rassembler les droites, leur leader, pour créer un grand parti ou un mouvement opérant la jonction entre l’électorat du RN et de LR. La condition étant la destruction de ces deux partis, avant ou après l’élection, peu importe.

Lors d’une interview accordée le 27 septembre 2021 à Sud Radio, Zemmour disait que son objectif était de faire renaître le RPR, c’est-à-dire opérer la jonction entre l’électorat de LR et celui du RN :

« Le RPR c’était une synthèse entre les classes populaires de droite, qui ne votaient pas pour les communistes, et la bourgeoisie. Entre le petit artisan, le petit commerçant et les grands commis de l’État, ce qu’on appelle aujourd’hui les technocrates. À l’époque, c’était positif, il y avait cette alliance. C’était ça le RPR. » Et aujourd’hui, ajoute Zemmour, le problème c’est que « vous avez les classes populaires qui votent Rassemblement national, vous avez les bourgeois CSP+ et les retraités qui votent LR. L’un et l’autre séparés ne peuvent pas gagner. Donc il faut rassembler, refaire le RPR sociologiquement. » [22]

Or Zemmour, favorable à l’euro, à l’Union européenne et au pass sanitaire, ne peut être le candidat des classes populaires.

D’ailleurs, mon analyse du rôle de Zemmour, en tant que soutien de Macron et agent de déviation de la colère populaire contre l’oligarchie, vient d’être confirmée par le politologue et sondeur Jérôme Sainte-Marie, lors d’un entretien accordé à L’Opinion le 30 septembre 2021, où il explique qu’une candidature Zemmour renforcerait « mécaniquement » Emmanuel Macron :

« Dans les derniers sondages Marine Le Pen conserve un soutien très fort parmi les classes populaires, et notamment chez les ouvriers : plus de 40 % d’entre eux votent Le Pen au premier tour, contre seulement 3 % des cadres. Cette baisse très sensible de Marine Le Pen chez les cadres, correspond à leur départ chez Éric Zemmour. L’initiative de ce dernier vise à ressusciter le clivage gauche-droite à la place du clivage bloc élitaire/bloc populaire qui a structuré le quinquennat jusqu’à présent. Cette tentative peut-elle réussir ? On n’a pas encore abordé les thèmes économiques et sociaux, Éric Zemmour s’en tient à grande distance. Par ailleurs, les classes populaires se politisent plus tard que les autres, généralement en février. On est donc dans un moment où on a l’impression que ces lignes-là sont troublées et que la gauche et la droite retrouvent droit de cité. Je ne suis pas sûr du tout que cela se confirme...
À terme, le destin d’Éric Zemmour sera de contenir le score de la droite classique, puisqu’il a un programme économique, social et identitaire qui correspond à la frange de la droite qui a voté Villiers ou Fillon. » [23]

Les laissés pour compte du macro-zemmourisme seront les catégories populaires et les classes moyennes qui n’auront pas d’autre choix que de recourir à la violence politique pour se faire entendre. D’autant plus que la disparition du RN laisserait les catégories populaires sans parti politique faisant encore mine de les représenter. Il n’y aura plus de soupape politicienne et électorale.

Zemmour : le candidat anti-Système soutenu par toute l’oligarchie,
de Bolloré-Goldschmidt au New York Times

Depuis la rentrée 2019, Éric Zemmour est omniprésent dans les médias, tandis que l’on entendait rarement parler de Marine Le Pen. Tout porte à croire que l’opération pour préparer le lancement de Zemmour dans la course à la présidentielle a démarré il y a deux ans. Aujourd’hui les chaînes de télévision, les journaux et les radios ne parlent plus que de lui tandis qu’il se dit censuré. Ce type d’opération promotionnelle et politique est décidée en haut lieu.

Zemmour est propulsé par le milliardaire sarkozyste Vincent Bolloré-Goldschmidt, propriétaire du groupe Canal+. L’éditorialiste fait sa rentrée sur CNews avec son émission propre, Face à l’info, le 14 octobre 2019. Il occupe depuis lors l’espace médiatique comme jamais.

Huit mois plus tôt, le 6 février 2019, le New York Times lui consacrait vingt pages entières. Ce grand journal central de la gauche juive américaine [24], lu dans tout le monde occidental (imprimé à 1 160 000 exemplaires et ayant 5 millions d’abonnés), dressait un portrait valorisant de Zemmour, le présentant comme une sorte de leader de la droite conservatrice :

« L’historien pop Éric Zemmour s’est imposé comme un évangéliste de la culture française – avant de devenir une force directrice de la droite conservatrice. »

L’affirmation du New York Times est erronée, Zemmour ne s’est pas imposé, il a été imposé par les milliardaires et oligarques « français » qui le tiennent à bout de bras.

Le candidat Zemmour soutenu par des macroniens,
des sarkozystes et des banquiers de Rothschild

L’équipe de campagne, l’identité et le pedigree de ceux qui entourent Zemmour valident complètement mon analyse du rôle de ce dernier.

Libération rapporte que le programme présidentiel de Zemmour serait presque finalisé, « alimenté par des notes de diverses personnes dont on ne sait pas grand-chose, comme ce Jonathan N., un jeune banquier de chez JP Morgan, encore un proche de Sarah Knafo, qui demande à garder son nom secret. »

Celui dont le journal appartenant à Édouard de Rothschild et Patrick Drahi tait le nom de famille s’appelle Jonathan Nadler, banquier chez JP Morgan qui est passé par la banque Rothschild. L’autre personnage clef dont la presse a tu l’existence est Julien Madar [25]. C’est le rédacteur en chef de Faits & Documents, Xavier Poussard, qui a dévoilé au public l’existence de ce pilier de la campagne zemmourienne. Julien Madar vient également de la banque Rothschild et il s’occupe de la levé de fonds pour la campagne de Zemmour.

Julien Madar, qui ne voulait pas que son nom apparaisse, a finalement été interrogé par Radio France, et il a admis :

« Jonathan Nadler gère la cellule économique. Je discute avec lui. »

Et Radio France confirme les informations révélées par Xavier Poussard :

« Selon un proche d’Éric Zemmour, les rôles seraient en fait bien répartis. Julien Madar dirigerait la partie opérationnelle du financement de ce qui s’apparente à une précampagne, tandis que Jonathan Nadler se concentrerait plutôt sur le programme économique. Jusqu’ici ces deux hommes le faisaient en toute discrétion, la question des finances reste taboue dans l’entourage d’Éric Zemmour. Ils préfèrent rester dans l’ombre, et laisser la lumière médiatique aux réseaux traditionnels de financements de la droite nationale. Notamment à l’entrepreneur ultralibéral et identitaire Charles Gave, qui pourrait quant à lui faire profiter Éric Zemmour de son carnet de chèques et de son réseau londonien. » [26]

En somme, le bourgeois catholique, « Charles Gave le financier d’extrême droite qui roule pour Zemmour » [27] (titre d’un article de Libération), doit jouer le rôle de bouc émissaire, porter le chapeau du zemmourisme, être traîné dans la boue publiquement, tandis que les banquiers issus de la communauté de Zemmour, ses véritables appuis, sont préservés.

Autres soutiens de Zemmour, l’imprimeur Gilbert Caron qui devrait fournir les clips de campagne, et le publicitaire Daniel Kazan, ex-directeur créatif chez Apple, qui s’est dit disponible pour « donner un coup de main » car « la nation a besoin qu’il se passe quelque chose ».

Un autre publicitaire, Frank Tapiro, inventeur de slogans pour Sarkozy en 2007, qui a soutenu Macron, apporte son aide à Zemmour :

« Je lui donne des conseils d’ami. Je le soutiendrai quoi qu’il fasse. Même si j’ai soutenu Macron, et que je suis tiraillé entre Pécresse et Bertrand. Ça manque d’offre politique aujourd’hui, Zemmour peut faire un électrochoc et en plus torpiller Marine Le Pen. »

Tapiro a au moins le mérite d’être clair. Ceux qui soutiennent Zemmour sont les mêmes qui sont derrière Macron. Zemmour compte aussi dans son équipe Nicolas Zysermann, le trésorier de l’association Les Amis d’Éric Zemmour, qui était en 2016 référent des Jeunes avec Macron, dans une université canadienne.

Dans un article du 8 juillet 2021, La Lettre A (LLA) – publication électronique d’informations politiques et économiques – a rapporté qu’Éric Zemmour a rencontré, lors d’un dîner au mois de juin 2021, quatre grands patrons, dans le cadre du lancement de sa campagne présidentielle. Au dîner était présent Henri de Castries, président-directeur général d’Axa de 2000 à 2016, administrateur de Nestlé et de HSBC, ancien président de l’Institut Montaigne, et président du comité de direction du groupe Bilderberg (le célèbre club de l’oligarchie occidentale) depuis 2012.

« Invité à titre personnel par un ami commun, le patron de l’Institut Montaigne réfute tout ralliement, mais justifie la rencontre. "Je ne crois pas que le fait d’échanger courtoisement sur des désaccords assez profonds puisse être interprété comme un ’éventuel rapprochement’", précise Henri de Castries, qui fut un soutien actif de François Fillon en 2017 et ne trouve aucun candidat de son cœur au sein de la famille élargie des Républicains (LR). »

Également présent, Godefroy de Bentzmann, président du Syntec Numérique depuis 2016 et coprésident de Devoteam. Il est venu au dîner avec son frère Stanislas de Bentzmann, qui dirige avec lui la société de conseil en innovation dont le chiffre d’affaires était de 760 millions d’euros en 2020. Ce dernier avait financé en 2018 le site Atlantico à hauteur de 500 000 euros (LLA du 18/06/18). « Le duo ne dément pas sa participation, tout comme Nicolas de Tavernost », PDG du groupe M6 qui faisait partie des convives. Nicolas de Tavernost pourrait d’ailleurs devenir le PDG du groupe TF1 après la fusion des deux groupes pilotant respectivement M6 (Bertelsman) et TF1 (Bouygues). [28]

Lors de cette rencontre, Éric Zemmour a tenu a rassurer ces grands patrons en leur confirmant qu’il ne défendra pas les intérêts du peuple et occultera les ennemis des Français en parlant d’islam :

« On ne peut pas, leur dit Zemmour, ouvrir cinquante chantiers en même temps. Si j’arrive au pouvoir, c’est pour traiter un sujet : le choc des civilisations. Sur l’économie, ce ne sera pas la révolution. » [29]

Philippe Izraelewicz, ex-LR et soutien actif de Zemmour, le confirme :

« Ce qui est sûr, c’est qu’il est contre la sortie de l’Union européenne et de l’euro. » [30]

En mars 2021, un soutien de Zemmour assurait que Vincent Bolloré-Goldschmidt s’intéressait au financement de la future campagne de son protégé. [31]

Et comme le précise La Lettre A, « pour Éric Zemmour, l’enjeu de ces agapes est sans doute en partie financier alors que l’association Les amis d’Éric Zemmour vient d’obtenir l’agrément pour récolter des dons. Au-delà de leur côté informel, ces rencontres revêtent une symbolique plus politique. Son entregent lui permet de se distinguer de Marine Le Pen – encore rejetée par les réseaux du CAC 40 et les syndicats patronaux. » [32]

Conclusion

L’effondrement des partis politiques, subséquent à la mort des idéologies structurantes, à laissé apparaître le clivage fondamental de la société française, à savoir l’opposition entre peuple et oligarchie. Une oligarchie qui a investi les organes de l’État et l’a transformé en système politique totalitaire, tyrannique ; utilisant la police comme une milice dans sa guerre privée menée contre le peuple.

L’opération Zemmour-Macron consiste à donner l’illusion de la recomposition du clivage politique gauche/droite. Débarrassée de l’extrême droite goy et de tout son héritage, la nouvelle droite, appuyée par la finance internationale et représentée par Zemmour, influencera Macron, ramené sur des positions néoconservatrices. C’est la naissance du macro-zemmourisme, qu’on devrait plutôt appeler le macro-sarkozysme.

Cette reconfiguration politique qui consiste à renouveler le bail du Système accentuera l’opposition oligarchie/peuple car les catégories populaires, la France périphérique et les classes moyennes paupérisées n’auront définitivement plus de représentant politique prétendant défendre leurs intérêts. Zemmour comme Macron valident l’euro, l’Union européenne, l’OTAN, la financiarisation de l’économie (sur laquelle Zemmour ne dit plus mot puisqu’il est soutenu par des banquiers), la tyrannie, le pass sanitaire et tout ce qui s’en suivra.

La violence politique augmentera alors en intensité et la désignation de l’ennemi principal (les faux opposants compris) sera facilité.

Youssef Hindi

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