La LICRA en fusion : mémorial vandalisé à Marseille, vidéo antijuive tournée à Lyon !

E&R
02/05/2021
02:44

La LICRA en fusion : mémorial vandalisé à Marseille, vidéo antijuive tournée à Lyon !

Décidément, la jeunesse est la période de toutes les bêtises. Que ce soit inconscient ou pas, produit par une bouffée délirante ou pas, un effet des hormones qui bouillonnent au printemps (c’est le moment du rut animal et des accouplements nécessaires à la conservation de la Vie sur Terre) ou pas, ou alors un mélange de tout cela (inconscient freudien, hormones de ouf et bouffées trop délire), dans une vidéo tournée à Lyon, des jeunes se sont amusés à dire des méchancetés sur les juifs et les gays, qui sont pourtant deux espèces désormais protégées.

C’est avec une extrême parcimonie et une multitude d’avertissements que nous les diffusons – de toute façon la LICRA l’a fait, donc autant pas se gêner –, tout en mettant en garde les jeunes qui regardent : ne dites et ne faites pas ça ! Car c’est mal.

« Moi c’est simple, wallah j’fais un génocide, wallah génocide direct. Après, ça, comment dire, t’as vu en Palestine ce qui se passe, les juifs et tout, j’vais faire un génocide d’une bonne partie des juifs, mais pas tous, tu vois, vraiment ceux qui tuent les... (...) Nan mais voilà après y a des juifs qui sont gentils tu vois, j’vais pas les mettre dans le même sac, mais j’parle de ceux, zarma, qui soutiennent et tout, tu vois... Et après les homosexuels tu vois, genre euh, ah c’est compliqué ça refrè, wallah, pas tous. »

 

Les jeunes interrogés, qui à vue d’œil ne doivent pas avoir plus de 20 ans, n’ont mathématiquement pas pu connaître la Shoah qui a vu beaucoup de juifs persécutés en Europe de 1941 à 1944 inclus. On pourrait dire qu’ils ne se sentent pas concernés par une période que les moins de 90 ans ne peuvent pas connaître, mais ce serait trop facile : et les cours d’histoire, alors ?

On le sait tous, l’école républicaine est farcie de cours d’histoire sur la Shoah, même pendant les maths, et normalement, un élève français un peu assidu – pas comme ces vilaines racailles qui sèchent un max de cours pour faire de la moto sur une roue – ne peut pas sortir de 13 ans de scolarité sans connaître par cœur la Shoah, même s’il ne sait pas parler correctement le céfran.

Maintenant, wallah, y a l’esclavage qui arrive, et dans la tête de nos jeunes NRJ-douzés, y a peut-être pas la place pour deux génos, du coup si on parle un peu plus de la Traite on devra moins parler de Shoah, car la mémoire vive des ados n’est pas extensible. D’où les conflits inter-génos...

Pendant ce temps, enfin, quelques jours avant, des gerbes de fleurs ont été dispersées devant un mémorial de la déportation à Marseille. Le maire Benoît Payan a aussitôt réagi – car la promptitude de la réaction est bien vue par les communautés organisées –, nous apprend RT (ça a fait les gros titres parce qu’aujourd’hui y avait que dalle en actu ou presque) : « La police municipale est saisie et une plainte sera déposée ». Voici les éléments pour l’enquête : les fleurs ont été déposées le 25 avril, et le 27, elles étaient foutues. À part le fleuriste du coin et les fascistes de l’ultradroite antisémite survivaliste du fils Cardoze, qui avait intérêt à ce « Saccage Marseille », à l’image du « Saccage Paris », sauf que là, ce sont les écolos et les socialistes qui salopent la ville Lumière ?

La chaîne russophile RT a listé les sempiternelles réactions des élus (le tweet dans ces cas-là permet de se placer tout en haut de la pile de dénonciations de l’outrage moral, un peu comme quand on largue quelqu’un par tweet, plutôt que de lui expliquer en face pourquoi on rompt) :

Renaud Muselier, président LR de la région PACA, a fait une allitération (ou une anaphore inversée) en « able » :

« Impensable, inacceptable, impardonnable.
Le saccage des gerbes posées à un monument aux morts de #Marseille, quelques jours après la Journée du souvenir des victimes de la #déportation, est une véritable profanation. L’enquête doit être méticuleuse et les sanctions implacables. »

Ensuite on a eu Valérie Boyer, et bien sûr Benoît Payan, le maire qui a un peu magouillé électoralement pour reprendre la mairie à la bonne femme écolo qui avait été élue. Bref, Benoît a fait un peu mieux que Renaud, qui lui a dû sortir sa liste des phrases indignées toutes faites :

« Parce que le racisme, l’antisémitisme et le négationnisme n’auront jamais le dernier mot, le mémorial de la déportation a de nouveau été fleuri ce matin.
Marseille sera toujours plus forte que la bêtise et que la haine. »

Pas mal comme indignation, un peu mieux que Renaud, mais pas encore top. Le maire en a rajouté une couche dans La Povrence, le journal local : « La police municipale est saisie et une plainte sera déposée. L’antisémitisme et le racisme doivent être combattus sans relâche ». Du coup, n’écoutant que son courage, il a fait refleurir le mémorial, pour marquer la victoire du camp du Bien (celui des fleurs bien arrangées) sur le camp du Mal (celui des fleurs éparpillées).

On va hélas finir sur une note plus triste, en revenant aux petits gredins de Lyon. Non contents d’avoir dit des méchancetés sur les juifs qui tuent des Palestiniens, il s’en sont pris aux homosexuels, ce qui est interdit, car les homosexuels sont discriminés dans notre société hétérosexuelle patriarcale. Là encore, nous déconseillons aux personnes sensibles de regarder et surtout d’écouter ce qui suit. Pour info, on n’a pas noté scrupuleusement, comme on le fait d’habitude, les propos malfaisants, car un, c’est dimanche et deux, c’est pas évident de réécouter 15 fois un topo, même de 31 secondes, qui revient à traduire du sanskrit ancien.

 

Il va sans dire que 18 ans, c’est un peu l’âge bête immonde, celui où les garçons font et disent des bêtises nauséabondes : ils se vantent de combats imaginaires, s’en prennent aux figures de l’autorité, et pincent les nichons des filles. Faut-il leur en tenir rigueur ?

Cependant, ce débat est quelque peu faussé par l’ambiance très Sarah Halimi du moment, où l’on ne parle que bouffées délirantes, haschisch et autres abolition du discernement. On a bien aboli la peine de mort (c’était ce bon vieux Badinter), pourquoi on n’abolirait pas le discernement, hein ?

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