La tribune des femmes pour l’asile sans conditions aux Afghanes Quand le féminisme s’essaye à la géopolitique

E&R
07/09/2021
13:40

La tribune des femmes pour l’asile sans conditions aux Afghanes Quand le féminisme s’essaye à la géopolitique

Un cri du cœur, de rage et un exercice de sororité sans pareil. Dans une tribune que nous révélons, des femmes artistes, écrivaines, militantes, soignantes, politiques, des cheffes d’entreprise… toutes réclament au président de la République Emmanuel Macron un « accueil inconditionnel » des femmes afghanes et de leurs familles, dont le pays est désormais en proie au régime ultra-rigoriste des talibans.
De l’actrice et réalisatrice Agnès Jaoui, en passant par la femme de lettres Virginie Despentes pour les plus connues, ou encore des femmes au RSA, toutes ont paraphé le texte d’un collectif monté en 48 heures sur Facebook : « Urgence pour les femmes afghanes et leurs proches ». [...]
« Pendant que des hommes font de la géopolitique, nous sommes là pour rappeler que des femmes nous écrivent actuellement depuis l’Afghanistan, pour nous dire qu’elles vont mourir. C’est à nous de leur montrer que la démocratie et les valeurs de la République valent mieux que le régime des talibans. » (Les signataires de la tribune people dans Le Parisien du 20 août 2021)

 

À tout seigneur, tout honneur ! Causeur a fait le boulot antipeople et antiféministe, du coup on relaye, un peu automatiquement. Il s’agit de la énième tribune people propagée par la presse mainstream, Le Parisien en l’occurrence, ce coup-ci en faveur des femmes afghanes menacées par la prise du pouvoir des talibans, cette engeance qui est pour la femme à la maison et dans la cuisine, pour s’occuper des enfants et de leur mec. Tout ce que nos féministes détestent, elles qui voient du féminicide partout. Mais quand on lit bien la contre-tribune, on trouve qu’il y a un peu beaucoup de Zemmour et de Huntington dedans !

Elles s’appellent Virginie Despentes, Agnès Jaoui, Sandrine Rousseau, Cécile Duflot, Giulia Foïs ou Paul B. Preciado. Elles, et cinquante autres, ont signé une tribune pour que la France accueille inconditionnellement toutes les Afghanes « et leurs proches » qui en feront la demande. Elles dénoncent « des hommes, à commencer par notre président, qui trouveront toujours mille raisons de ne rien faire et de ne pas être le pays des droits des femmes, eux qui ont toujours trouvé des excuses pour ne pas être celui des droits de l’homme. » Étrange phrase, tant pour le fond que pour la forme. Mais on comprend quand même où elles veulent en venir.

Cette tribune (celle des « femmes » dans Le Parisien) est un nouvel exemple de bug dans la Matrice : on sait depuis Caroline de Haas que les pauvres migrants qui insultent et agressent les Parisiennes dans le quartier de Stalingrad (Paris XIXe) sont les victimes de l’étroitesse des trottoirs (suggérer à Caroline de faire des trottoirs hommes et des trottoirs femmes, comme les chiottes, sans oublier d’ajouter des trottoirs trans, même si ça prend un tiers de la place pour trois travs en goguette dans la capitale).

Le bug est évidemment la résultante du heurt entre la considération féministe et la considération antiraciste, les femmes et les immigrés étant les deux principales victimes du vilain patriarcat blanc machiste occidental. Mais si un jeune Afghan moralement torturé par une jolie Française en robe moulante l’agresse (qu’il ne se risque pas à faire ça une seconde sur une de nos copines), comment gérer les contradictions internes du progressisme ?

C’est ce que nos sœurs d’intelligence ne disent pas.

La rabbine Horvilleur rappelle à sa façon, c’est-à-dire très BHLienne, la persécution des Afghanes :

 

Avertissement !

Que nos jeunes lecteurs, pas encore au jus de toutes les subtilités politiques, ne se laissent pas entraîner dans le conflit de civilisations (Occident contre Orient) et le conflit triangulé interethnique ou intercommunautaire (chrétiens contre musulmans) prôné par Zemmour sur notre sol, « conflits » envenimés Causeur. C’est typiquement le cas dans ce paragraphe :

Que retient-on de ce texte émétique ? Que les seuls, uniques et sempiternels coupables sont la France et les Français. Raison pour laquelle Mme Despentes n’a jamais soutenu Mila mais se tient régulièrement aux côtés d’Assa Traoré quand il s’agit de dénoncer le supposé racisme systémique des Français. Mme Despentes a aussi écrit une lettre à ses « amis blancs qui ne voient pas où est le problème » après avoir participé à la manifestation en soutien à la famille Traoré mais n’a écrit ou signé aucun papier à la mémoire de Timothy Bonnet, ce jeune homme tué par un demandeur d’asile afghan à Villeurbanne, ou de Théo tué par un Sénégalais ou de Samuel Paty décapité par un Tchétchène. Le tort de ces hommes est d’avoir été français tandis que leurs assassins ne le sont pas. Sans doute Mme Despentes, qui a le dégoût sélectif, nous aurait-elle vomi quelque texte bien senti si cela avait été l’inverse.

Ce qu’il faut retenir, c’est la profonde ignorance de ces femmes qui ne veulent voir que leur petite obsession féministe dans un fait géopolitique asexué. Mais Causeur revient à la charge avec sa propre obsession, la dénonciation du danger musulman, c’est-à-dire des immigrés, qui ont pourtant été amenés chez nous par une politique d’ouverture socialo-sioniste : d’abord à l’époque du couple Chirac-Durafour (1976), sous l’autorité du couple Giscard-Veil, politique prolongée et augmentée sous le couple Mitterrand-Fabius (1983).

En gros, on a déjà du taliban arabo-musulman chez nous, pas besoin d’importer du taliban afghan, il y a déjà trop de racailles et de radicalisés dans les cités antisionistes où les flics et la justice ne rentrent plus et où les Françaises sont assassinées ! On résume, n’est-ce pas ?

Petite info en passant, tirée de Wikipédia, à propos du regroupement, cet euphémisme pour invasion programmée ou défrancisation de notre pays :

Un an plus tard, en pleine augmentation du chômage, le gouvernement Barre suspend pour trois ans l’application du décret du 29 avril 1976 : le regroupement familial est ainsi stoppé, sauf pour « les membres de la famille qui ne demandent pas l’accès au marché de l’emploi ». Mais ce décret est annulé par le Conseil d’État, qui consacre le droit au regroupement familial, le 8 décembre 1978.

Merci qui ? Merci le Conseil d’État !

La tribune des féministes géopoliticiennes est dans la lignée de cette porte française grande ouverte sur le monde... et ses problèmes, voire ses dangers. Causeur poursuit :

« Mobilisons-nous pour l’accueil en urgence absolue des femmes afghanes, de leurs proches et des personnes des minorités de genre et d’orientation sexuelle. […] pour l’assouplissement immédiat des conditions nécessaires au regroupement familial », écrivent ces dames patronnesses qui réclament l’impossible, sachant que la prudente ONU prévoit au bas mot le départ de 500 000 Afghans de leur pays. Gonflées de bons sentiments usés jusqu’à la corde, ces donneuses de leçons de morale parlent de « sororité internationale. » « Ce que nous voulons, nous le voulons pour toutes », écrivent-elles encore. Très bien. Alors où sont, mesdames, vos tribunes à propos de vos sœurs nationales, tuées, harcelées, maltraitées, sous protection policière : Sarah Halimi, Mila, Mireille Knoll, Zineb El Rhazoui, les jeunes musulmanes françaises mariées de force, voilées de force, les Françaises insultées qui ne peuvent plus s’habiller comme elles le désirent dans certains quartiers ? Où sont, pour reprendre les mots de la journaliste du Parisien, vos « cris de rage » ? Où est votre « exercice de sororité sans pareil » ?

Encore un paragraphe et Causeur appelait l’armée américaine pour nous protéger des « talibans » français, ou à moitié français, dans les quartiers. Mais quand on voit l’effet désastreux de 20 ans d’intervention américaine en Afghanistan, on peut se demander comment finira l’opération Ronces qui fait tant fantasmer Éric Zemmour et les généraux nationaux-sionistes... On en a un aperçu avec la débandade de Saïgon en 1975 et de Kaboul en 2021 !

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