Le top 10 des astuces pour ne pas (trop) haïr les journalistes système

E&R
09/01/2019
17:56

Le top 10 des astuces pour ne pas (trop) haïr les journalistes système

On est tous devenus fous un jour devant un Haziza, un Ruquier, un Barthès qui transpiraient à grosse gouttes autour de la commissure des lèvres la soumission à l’ordre dominant et qui tentaient d’y soumettre leurs invités.

C’est une réaction saine mais il ne faut pas en abuser : de temps en temps, un petit ONPC fait office de piqûre de rappel qui immunise contre des dizaines d’autres ONPC. On regarde une fois, on s’écœure, on vomit un shlouk et on peut vaquer à des occupations normales.

Certains pères – à l’ancienne –, pour enseigner à leur fils les dangers du boire et du fumer avant l’âge, et même après, leur collaient une clope dans le bec à 8 ans et une ou deux bières dans le cornet, histoire de leur apprendre la santé [1]. Méthode efficace qui rappelle le principe homéopathique de guérir par les semblables : un peu de poison contre le poison, le système immunitaire se réveille et hop, tout va mieux après un moment de panique.

En 2019, la révolution jaune a par effet de contraste révélé l’ignoble alignement des médiateurs sur l’idéologie dominante. On le savait avant, mais il fallait les choper au coin de la rue, les écouter (longuement), les recouper, pour les piéger. C’était un full time job, et ce boulot à haute pénibilité (BHP) vient de disparaître d’un coup, grâce aux Gilets jaunes et à leur effet dévastateur sur la caste journalistique.

C’est simple : les GJ déclenchent une telle haine chez les voleurs/possédants de la parole publique qu’à chaque fois qu’on allume sa télé ou sa radio, mais plus la télé que la radio quand même, on tombe sur une dose de poison à la limite du supportable.

La preuve : nous qui sommes immunisés contre tous ces poisons on a du mal à tenir le coup plus de trois minutes sur un Praud, plus de deux sur un Lemoine et une sur une Mabrouk. Pourtant, il y a encore un an c’était pas la pire d’entre tous la Sonia. Là elle a pulvérisé le soumissiomètre en invitant le philosophe Cespedes :

1 – Ne plus rien regarder ni écouter : c’est tentant, mais on se coupe du monde, des autres, de l’actu et on ne comprend au final plus ce qu’il se passe. Ensuite on harcèle ses potes de questions :

« Quoi ? Trump a envahi le Viêt Nam ? Mais pourquoi ?
– T’avais qu’à suivre, casse-toi. »

Se désintoxiquer des médias pourris c’est bien, vivre en ermite c’est pas vraiment mieux. Et puis quelle femme (jolie) va accepter de vivre dans une caverne ?

2 – Ne choisir que les émissions intelligentes : excellente idée, sauf qu’il doit en y avoir deux maximum, donc fausse mesure. On a même trouvé des Taddeï barbantes sur RT, celles où il est obligé d’inviter du bien-pensant pour faire contrepoids aux (rares) mal-pensants. De plus, des gens intelligents peuvent dire des choses extrêmement bêtes (Onfray sur Noël, Ferry sur les Gilets), du coup il y a toujours un risque de dérapage dans la connerie.

Dernière chose : il est important pour le système immunitaire de se frotter à des virus et à des bactéries. Sans une Ruquier ou une Barthès de temps en temps, on peut finir par croire que tout va bien et péricliter, à l’image des herbivores sans prédateurs (syndrome du gnou mou dans une réserve).

3 – Répondre en direct aux conneries énoncées : insulter Moix qui raconte ses salades de mytho sur les filles asiatiques qu’il tringlerait à la chaîne ou sur les Victor Hugo afghans du camp de migrants de Calais, c’est peut-être bon pour l’équilibre mental mais on peut devenir fou à force de hurler contre un objet mort. À éviter ou à ne faire qu’une fois.

4 – Couper le son et doubler les dialogues : pas mal mais pas facile. En d’autres temps, le duo Kad & O arrivait à déconner à pleins tubes sur n’importe quoi. Cela demande un peu de travail de caler la voix et les phrases sur la bouche de l’animateur ou de l’invité honnis. Mais après si vous l’enregistrez avec un bon texte et un bon son vous pouvez faire une bonne petite chaîne YT. Évitez quand même d’y passer votre vie.

5 – Trouver des explications psychologiques : Haziza est une boule de haine, c’est acquis. Mais pourquoi ? Qu’a-t-il vécu dans son enfance pour être aussi haineux ? D’où vient cette exécration qui suinte de chacun de ses tweets ? Pourquoi déteste-t-il autant les Français ? Pourquoi a-t-il une dent (en or) contre E&R ?

Audrey Pulvar essaye de s’intéresser au gloubi-boulga
du fils Haziza : elle n’a pas le choix, c’est ça ou la porte

Il serait intéressant de scruter à la loupe l’enfance de Fredo-la-main au cul, on y trouverait peut-être un camarade de classe légèrement moqueur sur son physique complexe, sa religion mutilante, son intelligence hésitante... Tout est possible, les enfants sont si cruels. Alors, une fois découvert le trauma, on comprendrait mieux sa haine chronique et on lui pardonnerait ce tourment. Car la haine éprouvée est d’abord un tourment pour soi. En vérité on n’a pas le temps de faire tout ça.

6 – Se dire qu’il faut de tout pour faire un monde, même des menteurs et des escrocs : certes, mais ça ne suffit pas pour les supporter. On appelle ça la distanciation philosophique, on s’éloigne des choses matérielles et des soucis de ce monde pour se réfugier dans un monde plus abstrait, c’est-à-dire sans trous du cul, mais le détachement a aussi ses travers. Après un trop grand détachement, on devient comme invisible, plus personne ne vous calcule et on finit attaché en HP. L’HP, on ne vous conseille pas, surtout dans le public (le privé ça va) : c’est Zombiland.

7 – Rire de tant de démagogie et de bassesse : ça va 5 minutes. Après le rire vire au jaune, et à la révolte du même nom. On peut même casser sa télé 4k, et on vient d’apprendre qu’une télé 8k est en préparation. Tout ça pour voir Yann Barthès en supermégadéfinition. Quel progrès.

8 – Écrire un article, une thèse ou un livre sur la relation mathématique entre le Mensonge et la Connerie. Le Mensonge des journalistes-système a besoin de la Connerie des consommateurs de médias, mais l’augmentation de la dose mène à la violence sociale, on l’a vu. La réponse des médiatisés est fulgurante. On découvre une loi : il y a un seuil en deçà duquel les gens ne peuvent pas descendre. Ensuite, il y a la violence pure. Le Système prend donc un énorme risque à imposer des Cyril Hanouna et des Anne-Élisabeth Lemoine. Ces employés de la Désinformation massive produisent de la violence sans le savoir, on le voit avec l’exemple de l’exaspération anti-BFM TV.

Voici à ce propos le communiqué président du la SDJ (Société des journalistes) de BFM, François Pitrel :

« L’ensemble du service reportage, appuyé par la rédaction, a décidé d’un commun accord, de ne pas se rendre sur un rond-point ou une quelconque mobilisation du mouvement des "gilets jaunes" ce lundi en signe de protestation. On sait que la totalité des "gilets jaunes" n’est pas en cause, mais là les faits sont extrêmement graves et inquiétants de notre point de vue, pour la liberté de la presse et la façon dont on travaille au quotidien avec ces manifestants depuis plusieurs semaines. »

C’est le « de notre point de vue » qui résume tout. Car en face, on se fout complètement que les journalistes du Système boycottent les manifs, au contraire, les faits et la vérité seront ainsi moins déformés à l’antenne. Nous ne souscrivons évidemment pas à la violence – qui reste avant tout verbale (« BFM enculés ») – contre les JRI (journalistes reporters d’images) de la chaîne israélienne, mais quand Ruth (Elkrief) sème le vent, les petits soldats sur le terrain récoltent la tempête.

« Ce que l’on fait dans sa vie résonne dans l’éternité »

On n’a pas compté le nombre d’astuces mais on doit être pas loin des 8-9. Chacun sa méthode devant la désinformation généralisée des médias du Système. Le mieux étant de produire sa propre information. Nous sommes bien dans une société concurrentielle, nous apprend le libéralisme aux commandes. Donc on concurrence, on concurrence.

Mais on s’aperçoit que la concurrence est faussée : on nous interdit quasiment de gagner de l’argent, alors que BFM a le droit d’en gagner plein et que Le Monde reçoit des millions de l’État... sur notre argent ! Du coup on en est réduits à la mendicité (électronique, ouf), ça s’appelle le financement participatif et ça permet de déBFMiser le pays. C’est en haut à droite en sortant de l’article, melsi missiou, milsi madame.