Masques en entreprise : le président du MEDEF demande à Castex moins de brutalité

E&R
27/08/2020

Masques en entreprise : le président du MEDEF demande à Castex moins de brutalité

« Le nouveau protocole sanitaire pour lutter contre la propagation du coronavirus dans les entreprises en cette rentrée devra laisser “un peu de souplesse aux entreprises”, a-t-il affirmé en ouverture de l’Université d’été du Medef, baptisée cette année “Renaissance des entreprises de France”, à l’hippodrome de Longchamp dans l’ouest de Paris. » (20 Minutes)

 

Le Premier ministre Jean Castex a fait un cadeau à 10 milliards à un grand patronat grognant (le petit patronat n’a pas la préférence du gouvernement) lors de l’université d’été du MEDEF qui a eu lieu à l’hippodrome de Longchamp les 26 et 27 août 2020. Car ce qui gêne les patrons, enfin ceux qui sont syndiqués chez Geoffroy Roux de Bézieux, c’est le port du masque obligatoire dans les entreprises.

 

Le gouvernement est donc pris entre son idéologie libérale qui consiste à favoriser et réaliser les désirs du MEDEF et son ingénierie sanitaire foireuse qui consiste à foutre un masque sur la gueule de tout le monde, quitte à foutre en l’air une partie de l’économie.

Ce qui veut dire, en creux, que le politique prime aujourd’hui sur l’économique, à la manière des grands plans quinquennaux sous Staline aux débuts de l’Union soviétique. Cependant, le politique ne prime pas sur l’économique pour de bonnes raisons, puisque une politique débile s’applique à une économie fragilisée. De l’autre côté de l’Atlantique, avant l’attaque mondialiste baptisée Covid-19, Trump avait rétabli le primat du politique sur l’économique, mais avec une visée productive, ou productiviste.

En France, aujourd’hui, c’est l’inverse : le secteur productif, pas assez rentable selon les néolibéraux, est peu à peu abandonné ou vendu par morceaux à l’étranger, qui prend le meilleur et laisse le pire. Les bénéficiaires ? Les grandes banques d’affaires qui font dans la fusion-acquisition, et un gouvernement intéressé par ces megadeals. On se souvient tous des discours des Salomon et autres Buzyn lorsque les Français ont découvert, au début de l’épidémie de grippe saisonnière dans notre pays, soit en février-mars 2020, que les stocks de masques avaient été réduits ou détruits.

 

Malgré le changement de paradigme économique imposé par les néolibéraux (Castex ne dit que ça) qui misent, grâce à l’opération Covid, sur une économie financiarisée (à l’anglaise) fondée sur le télétravail et la réduction des lois du travail par rapport à une économie productive fondée sur l’emploi, et donc une certaine idée du social, il est assez savoureux de voir le patron des patrons demander, en substance, d’arrêter les conneries.

« Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a appelé ce mercredi le gouvernement à laisser de la “souplesse” aux entreprises pour organiser le port du masque obligatoire sur les lieux de travail, estimant que l’annonce du gouvernement avait été “un peu brutale”. »

La réponse de Castex, au lieu d’arrêter les conneries, c’est de continuer à aider les entreprises. C’est-à-dire à creuser la dette, qui se paiera un jour, avec intérêts. Pour les grandes, cela suffira à passer le cap, mais pas pour les petites.

Mais Geoffroy Roux de Bézieux n’est pas devenu socialiste pour autant, il n’a pas oublié son libéralisme naturel et son objectif de détricotage des lois du travail qui protègent encore (pour combien de temps ?) les salariés français (pour les non salariés, la protection économico-sociale n’a jamais existé) :

« Devant un public de chefs d’entreprises réduit pour cause d’épidémie, le patron du Medef a aussi réitéré son appel à rouvrir le débat sur le temps de travail, après avoir déjà suscité un tollé en évoquant ce sujet durant le confinement. »

Bonus : pour les passionnés de Castex, le discours entier du PM

 

Castex, qui se targuait d’être le monsieur Déconfinement de la Macronie, est devenu le monsieur Reconfinement du gouvernement lors d’une conférence de presse jeudi 27 août 2020. Il semble que les ordres d’en haut ont encore changé...

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