Mort de Bernard Tapie : relire son portrait par Emmanuel Ratier

E&R
03/10/2021
05:52:34

Mort de Bernard Tapie : relire son portrait par Emmanuel Ratier

Réussir sa vie, c’est avoir envie de tout devenir

Emmanuel Ratier dans le tome 1 de son Encyclopédie politique française (1992) présentait Bernard Tapie comme un « directeur de société » dont la biographie réelle était difficile à établir (à l’image de son casier judiciaire) tant cet « aventurier » (on commence gentiment) s’est échiné à brouiller les pistes sur son parcours...

Même son âge était sujet à interprétation. Vraisemblablement né le 26 janvier 1943 à Paris XXe, Bernard Tapie est le petit-fils d’un Ariégeois devenu dirigeant de la CGT après son installation en région parisienne (au Blanc-Mesnil en Seine-Saint-Denis) et le fils de Jean Tapie, frigoriste communiste (non encarté) né en 1922.

Raymonde Nodot, sa mère, fut une aide-soignante militante du PCF.

Sans être aisée, la famille Tapie possédait après-guerre sa propre maison au Bourget puis son pavillon ainsi que sa voiture.

Durant sa jeunesse, Bernard Tapie participe à quelques réunions des Jeunesses communistes du Bourget avant d’effectuer deux années d’études à l’École d’électricité industrielle de Paris (sans en obtenir le diplôme d’ingénieur, malgré ses dires). Il devient ensuite représentant chez Volkswagen puis Téléconfiance (télévisions). Après son service militaire (effectué à Frileuse et Montpellier), il devient prospecteur (recherche de contrats de vente automobile) chez Panhard (ce qui deviendra « ingénieur au bureau d’études de Panhard » dans les biographies autorisées) entre 1963 et 1965.

Entre 1966 et 1967, il sort trois disques sous le pseudonyme de Bernard Tapy (prononcer « Tapaï »), rencontrant un petit succès dans le courant yé-yé.

En 1969, il lance avec le « gaulliste de gauche » Marcel Loichot, fondateur entre autres de la Sofres (institut de sondages), le Club Bleu, une centrale d’achats et de services pour les consommateurs adhérents. Deux ans plus tard, face à l’échec du Club Bleu, les deux partenaires fondent le Grand dépôt, un des premiers magasins à prix réduit (discount) de France. Faute d’une rentabilité suffisante, la faillite sera prononcée en 1972...

Bien décidé à rebondir et ayant apprivoisé les « procédures collectives », Bernard Tapie devient dirigeant des opérations de vente d’appartement de vacances en multipropriété (Maillot 2000).

Sa cagnotte reconstituée, il lance en janvier 1975 Cœur Assistance et Cœur Assistance distribution (« Le seul échec de ma vie » selon l’intéressé) : les 350 malades cardiaques adhérents étaient assistés en cas d’incident par une ambulance et une moto. L’opération sera stoppée après la mort d’un des malades (pourtant secouru) et le dépôt de bilan sera déposé en juin 1975...

En 1977, il rachète le casino de Luc-sur-Mer (Calvados). L’agrément du ministère des Finances lui ayant été refusé, il revend l’établissement à un groupe d’investisseurs. Il se toume alors vers l’industrie, où il va se tailler un empire, avec l’apport de Jean-Louis Borloo, futur « chevalier blanc » de Valenciennes, et divers syndics. Grâce à sa « science » de la Loi sur les faillites de 1967, des procédures peu connues en France comme le leverage-buy-out et l’appui de banques comme la SDBO (Crédit lyonnais) dirigée à l’époque par Pierre Despessailles, il rachète d’abord des entreprises dans le domaine de l’imprimerie : Doverger, Diguet-Deny, Sapap, Brochage-express, etc.. Suivra l’épisode rocambolesque du rachat des propriétés et biens de l’ex-empereur de l’Empire centrafricain Jean-Bedel Bokassa (annulation de la vente).

En 1979, il crée sa holding, le Groupe Bernard Tapie (GBT). L’année suivante, il rachète Manufrance avec le blanc-seing du maire communiste de Saint-Étienne Joseph Sanguedolce. Vidant l’entreprise centenaire de sa substance, Tapie réalise là sa première grosse opération. L’ancien journaliste devenu homme politique et chef d’entreprise Christophe Bouchet résume :

« Les branches de Manufrance sont élaguées une à une (...) Bernard Tapie encaisse. II s’est vanté en 1984 d’avoir réalisé un bénéfice de 63 millions de F pour Manufrance. Sa vantardise est dérisoire, cynique. Certes Manufrance a bien réalisé 63 millions de F, fruit du dépeçage en règle. Ce chiffre n’a aucun sens, Manufrance se contentait de toucher les bénéfices des locations-gérance et des cessions, alors que d’autre part, elle n’avait plus de charges. L’activité, les usines, les salariés, ont disparu. Bernard Tapie n’est d’ailleurs pas fier de l’épisode. Sur son CV d’industriel publié par le Who’s Who, où il nomme toutes le sociétés qui ont fait un jour partie du Groupe Bernard Tapie, il a oublié Manufrance. »

Le « Zorro de l’industrie » va ensuite racheter La Vie Claire (diététique, revendue en 1992 à Pierre Botton, gendre de Michel Noir), Testut (pesage), Terrallion (pesage), L’Herbier de Provence, Toshiba France (avec Georges Tranchant qui a par la suite porté plainte contre Tapie), Soleillou, Tournus (revendu à Seb), Donnay (raquettes, revendu à Carbon Valley), Trayvou, Wrangler, Léonard, Soubitez, AMAP, Karo, Ferme Saint-André, Grès production parfums, Vivalp, Look...

Grâce à Look, société de fixations de ski installée à Nevers et rachetée en 1983, il se fera un obligé du nouveau maire Pierre Bérégovoy, qui n’a, depuis lors, cessé de le soutenir, en particulier auprès des banques.

« Disons que la gauche a permis le phénomène Tapie, en m’ouvrant les robinets. Avant, j’étais tricard, interdit de télé, de rendez-vous avec les banquiers ou les fonctionnaires des Finances (...) Je n’ai pas de bord politique. Il y a trop de charlos à droite comme à gauche (...) Je suis un libéral. Mais je ne suis pas sûr que la droite soit libérale. » (Libération, 11 avril 1986)

Ayant compris avant beaucoup d’autres l’intérêt du sponsoring dans le sport, il développe sa notoriété et celles de ses marques grâce au cyclisme (l’équipe de Bernard Hinault et de Greg Lemond qu’il sponsorise remporte le Tour de France en 1984 et 1985).

En 1984, il reprend le groupe Wonder (alors en difficulté) et s’associe dans cette affaire à 50 % avec Francis Bouygues. Ayant rapproché Wonder de Mazda, il cède l’entreprise au groupe américain Ralston Purina (470 millions de francs de bénéfice pour Tapie à l’époque). Alors en bons termes avec Bouygues (ce qui ne durera pas), il obtiendra d’entrer dans le capital de TF1 pour 1,66 % (participation revendue en 1992). Président pendant un temps du Comité stratégique de TF1 (avant de se faire débarquer), il présentera sa propre émission de télévision, Ambitions, aux frontières de l’économie et du show.

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Avec Robert Maxwell, actionnaire de TF1 lié au Mossad

En 1987, il crée Bernard Tapie Finances (BTF) qu’il introduit en bourse au second marché en 1989. BTF contrôle alors Terraillon, Testut et Adidas.

Après avoir rencontré (dans un dîner à l’ambassade d’URSS) le maire de Marseille Gaston Defferre fin 1985, Tapie prend le contrôle de l’Olympique de Marseille avec la bénédiction de ce dernier, peu de temps avant sa mort début 1986. Président du club depuis 1981, le limogé Jean Carrieu sera retrouvé suicidé en 1987.

Sur les « conseils éclairés » de Jacques Séguéla, qui le présente à François Mitterrand, Bernard Tapie se lance en politique fin 1987. Il avait pourtant déclaré en 1984 : « Le jour où je ferai de la politique, je serai baisé comme les autres. » Invité régulier d’Anne Sinclair dans l’émission Sept sur Sept, il dénoncera le « lepénisme » et vantera les mérites du « mitterrandisme » quelques jours avant l’élection présidentielle de 1988.

Sur instruction directe de Jean-Louis Bianco, à la demande du président de la République François Mitterrand, Tapie est alors parachuté à Marseille avec l’étiquette « Majorité présidentielle » pour affronter Jean-Marie Le Pen dans la 6e circonscription. Son directeur de campagne sera Gérard Bismuth, responsable de la communauté juive de Marseille.

Bernard Tapie faillit d’ailleurs ne pas être candidat, n’étant ni électeur dans la circonscription ni inscrit sur une liste électorale (on trouvera après coup une « jurisprudence »). Son adverse, l’UDF-PR Guy Tessier, que Tapie traitera de « crapule raciste » (il sera condamné) ne l’emporte que de 84 voix le 12 juin 1988. Battu, Tapie rate ainsi son entrée au gouvernement de Michel Rocard. Toutefois grâce à la diligence du cacique socialiste Charles-Emile Loo, il obtient l’annulation du scrutin. Comme « représentant de la société civile », il est finalement élu le 29 janvier 1989 avec 623 voix d’avance. Son seul document politique de campagne sera une photo le représentant avec sa famille sous la légende « Marseille unie »...

Ses comptes de campagne ont été visés par David Azoulay, commissaire aux comptes de la campagne présidentielle de François Mitterrand et de la société de blanchissage de fausses factures Urba. Ne disposant pas d’un délai suffisant, Tapie ne pourra concurrencer Robert Vigouroux aux élections municipales de mars 1989.

Quoique Bernard Tapie ait utilisé sa qualité de député à des fins publicitaires lors de l’introduction au second marché de BTF (ce qui est formellement interdit par la loi), le ministre de la Justice Pierre Arpaillange estimera qu’il n’existait « pas assez de présomptions suffisantes » pour que l’industriel soit déféré devant le Conseil constitutionnel. La droite n’insistera pas, craignant que le siège remis en jeu ne revienne au Front national.

En tant que député, siégeant sur les bancs des non-inscrits, il a toujours voté avec le PS (il n’a d’ailleurs pratiquement jamais mis les pieds au Palais Bourbon et n’a posé aucune question écrite en 1989 et une seule en 1990). Contrairement à ce qu’il affirme régulièrement, il a voté la loi d’amnistie sur le financement des partis politiques les 6 et 9 décembre 1989 (les rectifications ne sont que de pure forme). Il n’a d’ailleurs même pas rectifié son vote lors de la dernière navette le 22 décembre 1989.

Le 17 juillet 1990, en utilisant habilement la presse dans un « raid médiatique », ce « jongleur financier » (dixit la presse allemande) prend le contrôle du groupe Adidas.

« Lors du rachat d’Adidas, Bernard Tapie n’avait pas le sou pour payer. Pis, le jour même de son annonce, il part en croisière à bord du Phocéa pour brouiller les pistes. Le tohu-bohu médiatique obligera les banques à se mouiller, à se prononcer sous la pression et sous le regard d’un pouvoir qui détient la majorité de son capital. Tapie les met bruyamment devant le fait accompli. Elles n’auront pas la possibilité de reculer, sous peine d’être accusées d’avoir arrêté un petit Frenchie culotté parti à l’assaut d’un symbole teuton. » (Christophe Bouchet)

Tapie, comme d’habitude, propose aussitôt ses propres solutions pour relancer Adidas :

« Pour lancer le truc, il faut être un peu arrogant et impertinent. J’ai réfléchi et mon idée, c’est un modèle d’Adidas de soirée, pour que les 5000 bonnes femmes à la mode dans le monde se baladent avec une robe longue et une paire d’Adidas. Dès 1991, un truc en strass, tout en paillettes, hyper-sophistiqué, avec les trois bandes. C’est un pied de nez, qui doit m’ouvrir les portes. Si je passe du stade au sportswear c’est une étape nulle. Il faut passer du stade au cocktail Chanel. Et après je peux redescendre. »

En mars 1991, Pierre Mauroy, premier secrétaire du PS, déclare à propos de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) : « Si Bernard Tapie le décide, il sera un excellent candidat, le meilleur que nous puissions avoir pour gagner la région. »

Depuis le 8 décembre 1989, où il avait réalisé une prestation « physique » face à Jean-Marie Le Pen au cours de l’émission L’Immigration en question, il était en effet devenu le joker présidentiel pour la région PACA.

L’émission en intégralité :

Sacré par Matignon et l’Élysée « expert en antiracisme », il devait « plancher » devant les membres du cabinet de Michel Rocard (notamment le 11 avril 1990). Quelques mois plus tard, à L’Heure de vérité (12 juin 1990) il affirmera :

« Je vous certifie, je vous affirme que si on applique la méthode que je vais vous suggérer, dans moins de dix-huit mois le Front national sera à moins de 10 % (...) Je n’ai jamais pris un engagement que je n’ai pas tenu. Je suis absolument sûr que ça sera fait. »

Il bénéficie dès lors d’un soutien sans faille des socialistes. Alors qu’il est l’objet d’enquêtes de la brigade financière et que plusieurs responsables de l’OM sont interrogés par la police, Michel Rocard l’assure du « soutien attentif et total tant de l’Élysée que de Matignon ». Peu après, il sera suspendu le 28 janvier 1991 par la Commission nationale de discipline du football sportif pour « manquements graves à la morale sportive, propos injurieux à l’égard des arbitres, menaces proférés contre les mêmes et tentatives d’intimidation »... Depuis juillet 1991, il fait également l’objet d’une demande du parquet de Marseille auprès de la Chancellerie pour l’inculper pour les comptes de l’OM.

En décembre 1990, il lance à Montfermeil, commune administrée par le divers droite Pierre Bernant, le Forum des Citoyens pour « casser la logique du ghetto ». Après quelques fausses hésitations, il conduit finalement la liste socialiste, sous le label Energie SUd, dans la région PACA en mars 1992.

De nombreux socialistes pensèrent comme l’ancien secrétaire d’État Max Gallo après sa désignation : « Tapie est le pire des candidat pour les socialistes. C’est scandaleux que nous le choisissions comme tête de liste dans les Bouches-du-Rhône. » Jacques Julliard, éditorialiste au Nouvel observateur, l’épinglera comme « petit industriel et pilleur d’épaves » tandis que Pierre Bergé le définit comme un « démagogue populiste ».

Toute sa campagne sera axée sur « la haine anti-Le Pen » :

« Il faut à tout prix culpabiliser les électeurs de Le Pen (...) Pour moi, le seul ennemi, c’est le Front. La République ne sera pas en danger demain si Jacques Chirac est élu président de la République : par contre, si soixante-dix députés fascistes siègent à l’Assemblée nationale, il y a un vrai danger (...) On ne peut pas mettre Chirac et Giscard dans le même panier. Chirac a toujours refusé toute alliance avec le Front national. Il en a toujours condamné les thèses avec la volonté affirmée de les combattre (...) Une autre droite joue à la surenchère vis-à-vis de Le Pen. C’est évidemment la technique et la stratégie de Giscard » (Radio Shalom, 20 novembre 1991).

À l’occasion d’un déplacement de l’OM à Jérusalem, il lancera même un appel à la diaspora juive : « Nous combattons en France ceux qui propagent des idées intolérantes, racistes et antisémites. Il ne faut pas que ceux qui s’allient au Front national en France, comme c’est le cas pour M. Gaudin, puissent se dédouaner en étant reçus par des officiels israéliens ».

Adepte du parler cru et du parler vulgaire, il traitera par exemple les électeurs du Front national de « salauds » (et sera condamné pour « injures publiques ») : « Si Le Pen est un salaud, ceux qui votent pour lui sont des salauds ».

Son concurrent Jean-Claude Gaudin sera affaibli dans une affaire embrouillée d’espionnage (affaire Saincené). Malgré les réticences du maire de Marseille Robert Vigouroux, fort des réussites de l’Olympique de Marseille ainsi que de la caution defferistes d’Edmonde Charles-Roux, et de celle de Lucien Weygand, président du conseil général des Bouches du- Rhône, il obtient 26,49 % le 22 mars 1992, dépassant de justesse la liste de l’UPF conduite par Jean-Claude Gaudin (26,15 %) et distance le FN de Bruno Mégret (22,6 %). Les têtes de liste et partenaires qu’il avait choisis (Maurice Genoyer, Mylène Demongeot, Elisabeth Guigou, Daniel Hechter, Enrico Macias, Jean-Louis Bianco, Léon Schwartzenberg, etc.) affaibliront toutefois les scores dans les autres départements et provoquèrent la création de listes dissidentes.

Après son succès, il envisage de créer son propre parti, mais est alors choisi comme ministre de la Ville en avril 1992 par Pierre Bérégovoy. Il se dit fier de travailler « avec ses meilleures potes, Kouchner, Vauzelle, Lang et Bianco ». Sa nomination a entraîné des avis très mitigés, même à gauche. Délégué à la rénovation des banlieues, l’architecte Roland Castro démissionne, le traitant de « détrousseur de cadavres » : « Je ne travaillerai pas avec Bernard Tapie, que je ne considère pas comme un entrepreneur, mais comme un prédateur. Sa nomination. c’est une opération de prédation sur la gauche en déroute, la reprise d’un canard boiteux. » Pour le communiste contestataire Charles Fiterman, « on déconsidère la politique en faisant appel à des personnages de ce genre (..) C’est le triomphe du pouvoir et de l’argent associés. Et cela, il ne faut jamais s’y soumettre. C’est dangereux pour un pays et plus encore, c’est mortel pour la gauche. La gauche ce n’est pas l’affairisme. Il y a des méthodes qui s’apparentent au gangstérisme. »

Remplacé à l’Assemblée par son suppléant, Jean-Claude Chermann, professeur de médecine, spécialiste du SIDA (partisan d’un dépistage généralisé), Tapie a cédé la présidence de GmbH (filiale de droit allemand qui détient 95 % du capital d’Adidas) à sa proche collaboratrice Gilberte Beaux, ancienne trésorière de la campagne présidentielle de Raymond Barre, et la direction de BTF à Élie Fellous, directeur financier de BTF depuis 1989.

En 1992, la fortune personnelle de Bernard Tapie est estimée à environ 300 millions de francs (dont 100 millions pour son hôtel particulier et la même somme pour son quatre-mats, le Phocéa). Selon Christophe Bouchet, auteur de plusieurs livres sur le « système Tapie », Bernard Tapie n’était alors pas imposé sur la fortune et ne payait aucun impôt sur le revenu.

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Rédigé en 1992, ce portrait de Bernard Tapie par Emmanuel Ratier suffit à comprendre le personnage. Prédateur arriviste prêt à toutes les magouilles pour « réussir », le « libéral » Tapie incarne parfaitement le changement d’époque opéré en France dans les années 80 : l’individualisme forcené et l’impunité financière qui illustrent son parcours annonçaient déjà les désastres de la mondialisation pour le peuple français. Et si son itinéraire restera comme le symbole d’une époque où l’argent est devenu roi, il nous dévoile encore plus les véritables rois de cette époque : littéralement tenu par ceux avec lesquels il a pactisé, Bernard Tapie passera les trente dernières années de sa vie empêtré dans les affaires judiciaires, entre procès, condamnations et incarcérations d’un côté et reconversions foireuses dans le culturo-mondain de bas étage (films, séries télé et pièces de théâtre minables) de l’autre. Une déchéance relativement masquée par le bling-bling, la gouaille facile et une victoire en Coupe d’Europe de foot, mais une déchéance tout de même...

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Bernard Tapie évoque sa mort chez Thierry Ardisson (2006) :

Le personnage Tapie, emblématique des Guignols de l’info :

Bernard Tapie au théâtre avec... Agnès Soral !

Agression ou énième coup monté ? Le fils Tapie chez Hanouna :

Un documentaire sur les malversations de Bernard Tapie, dans lesquelles on retrouve Christine Lagarde et Robert-Louis Dreyfus :

Bonus : l’antiraciste dépassé Bernard Tapie face au national-sioniste Éric Zemmour : « Je vais t’en mettre une »

Quelques photos :

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Avec Robert-Louis Dreyfus
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Le Jordan Belfort français ?
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Le pacte est passé
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Bernard Tapie l’affairiste antiraciste
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