Municipales : Marine Le Pen en mode prédation sur les Les Républicains

E&R
13/01/2020
04:46

Municipales : Marine Le Pen en mode prédation sur les Les Républicains

La présidente du RN a lancé de la Maison de la chimie à Paris son offensive pour les élections municipales des 15 et 22 mars 2019. Son parti, qui intronie 600 candidats, vise, pour ce qui concerne par exemple l’Occitanie, entre 30 et 50 villes, alors qu’il en gère deux aujourd’hui dans cette région. Marine a lancé un appel aux électeurs de droite qui ont été tentés par « le macronisme (...) semeur de désordre, cynique, arrogant, souvent blessant, de plus en plus violent et inefficace ».

Le parti de droite républicaine, LR, est aujourd’hui fracturé entre les libéraux, qui sont macrono-compatibles, et les nationaux, qui sont lepéno-compatibles. En politique, la moindre faiblesse attire les prédateurs. Le grand mouvement de droite est devenu en un demi-siècle une proie boiteuse, sans chef (ou avec trop de pseudo chefs), et sans direction politique claire. Les Républicains risquent la même fin que le PS, écartelé puis dépecé entre LFI et les écologistes, qui ne laisseront qu’un noyau dur, le fruit ayant disparu, souvenir du grand parti de gauche qui aura tenu 100 ans.

Marine Le Pen, qui a montré tous les gages possibles de « républicanisme », c’est-à-dire de compatibilité avec les réseaux de pouvoir réels (depuis son voyage à New York devant les représentants de la communauté juive en 2003), dispute aujourd’hui à Jean-Luc Mélenchon la place très désirée d’outsider à Emmanuel Macron pour une finale en 2022.

L’appel lancé aux électeurs et aux élus LR se fonde sur la trahison de la Macronie, une « trahison » nationale et sociale.

Pour prendre les villes dont son parti a besoin – car il n’est point de conquête nationale et de caisses pleines sans assise locale forte –, Marine a ouvert les candidatures à des candidats extérieurs au RN, des candidats de la société civile (ou militaire).
Son ex-compagnon Louis Aliot se présente à Perpignan, ville qui étouffe sous les problèmes sociaux et ethniques. Voici un sujet de France Culture sur cette grande cité du Sud-Ouest :

 

La main tendue de la présidente du RN se fraye un passage à travers le cordon sanitaire, celui-là même que Chirac avait établi autour du FN dans les années 80 sur « proposition » du lobby sioniste. Dans la bouche de Marine, pour la droite et son union éventuelle, il s’agit d’un « verrou suicidaire ». Mais LR, comme le PS, si son score s’est effondré nationalement, reste un parti à ancrage national : lors des dernières municipales en mars 2014, la droite a emporté 572 villes de plus de 10 000 habitants contre 149 à la gauche.

La droite molle préférera-t-elle la tombe à l’union ?

Une partie de la droite parlementaire se tournant vers la Macronie, Marine compte sur les trahisons sociales et nationales de cette dernière pour récupérer des déçus du macronisme de droite. D’où la proposition de Thierry Mariani, ex-sarkozyste devenu eurodéputé grâce au RN : « Là où ils sont aujourd’hui, ils sont trahis. Vos idées, c’est ici qu’elles sont aujourd’hui défendues ». Traduction : retour au bercail !

Le message prédateur de Marine passe bien chez les militants de droite de base, moins chez les élus. Entre ce qui reste de l’UMP et le RN, il y a maintenant des passerelles qui permettent de franchir le cordon sanitaire sans trop de dégâts médiatiques : la Droite populaire de Mariani, le Pari Chrétien-Démocrate de Poisson, et Debout La France de Dupont-Aignan. Devant la menace, le président LR du Sénat, Gérard Larcher, a tenté une cordon sanitaire en invoquant la « barrière hermétique » entre la droite nationale et la droite parlementaire et des « valeurs » différentes.

C’est tout l’inverse du discours de Zemmour (mais aussi de Mégret dans les années 90) qui n’a de cesse, depuis Sarkozy (2007-2012), de dénoncer cet interdit (dont il ne donne pas l’origine) et de militer pour cette union des droites qui est en outre majoritaire dans le pays.

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