Pour la radio RFI, la démocratie est "à l’épreuve du nationalisme et des fausses nouvelles"

E&R
11/01/2019
05:23

Pour la radio RFI, la démocratie est "à l’épreuve du nationalisme et des fausses nouvelles"

RFI a longtemps été une radio pas alignée sur l’idéologie mondialiste comme peut l’être aujourd’hui France Inter. On écoutait RFI pour ses sujets non conformes sur l’Afrique, le Proche-Orient, les États-Unis. C’était une sorte de Monde diplo en radio, de gauche certes, mais de la gauche sociale, internationaliste et surtout informée.

Frédéric Rivière est l’un des journalistes emblématiques de RFI. Il reçoit le 7 janvier 2019 le député LReM Laetitia Avia, qui a reçu une lettre raciste après avoir mordu un chauffeur de taxi (on a le CV politique qu’on peut)... De la violence sociale, il ne sera pas trop question : surtout de la violence des Gilets jaunes, soit un débat déplacé sur le terrain du pouvoir.

Si Rivière n’est évidemment pas comparable à une Elkrief ou un Aphatie, qui sont les courroies de transmission absolues du pouvoir profond (ce qui permet de critiquer le pouvoir visible), au vu de la montagne d’erreurs et de mensonges du pouvoir macronien, un journaliste véritablement indépendant aurait pulvérisé Avia et la politique répressive qu’elle défend. Là on reste dans la gentillesse... un peu coupable !

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Aujourd’hui, RFI désinforme autant que ses consœurs de Radio France. Avec ce titre qui amalgame le nationalisme aux fausses nouvelles, la mutation est achevée.

Nous nous sommes permis de couper la lecture du texte – « Stop ! » – pour commenter, analyser et compléter en gras les paragraphes démocratiques de l’article. En toute honnêteté et en toute objectivité, comme eux.

- La Rédaction d’E&R -

 

C’est une Europe désunie qui se rendra aux urnes en mai prochain. Non seulement pour la première fois de son histoire un pays membre de l’Union européenne l’aura quittée, mais les crises et sujets de divisions ne manquent pas. Immigration, renforcement de la zone euro, budget, ou encore conflit en Ukraine, urgence climatique, voilà autant de défis à relever où le consensus est difficile à trouver. Mais l’un des plus importants enjeux du scrutin concerne l’avenir même de la construction européenne, remise en question par les mouvements nationalistes, autoritaristes et europhobes.

Stop ! Un scrutin remis en question par une autre tendance politique que la social-démocratie qui est en fait un libéralisme plus ou moins libertaire, c’est le jeu même de la démocratie. Si l’on organise un scrutin démocratique et que des gens votent LFi ou RN en France, AfD, NPD ou Die Linke en Allemagne, La Lega ou le M5S en Italie, c’est le jeu. Il faut se plier aux résultats sinon on arrête d’organiser des élections et on impose un pouvoir sans discussion.

De la droite conservatrice à la social-démocratie, les forces politiques classiques et pro-européennes reculent, un peu partout en Europe, sous les coups de boutoir de mouvements qui prônent le repli sur soi et des exécutifs durs. Hongrie et Pologne ont des gouvernements autoritaires et nationalistes, l’extrême droite est au pouvoir en Italie avec les populistes, et en Autriche avec la droite, elle émerge en Espagne avec le parti Vox. Cette cartographie politique est un élément clé du prochain scrutin européen estime le professeur Thierry Chopin, de l’université catholique de Lille et de l’institut Jacques Delors :

Stop ! Jacques Delors étant un européiste convaincu et un parangon du libéralisme sans frontières, le choix de l’analyse pose problème, surtout quand on n’a pas de parole pour faire poids en face. On veut bien écouter les propos d’un analyse X, mais on veut alors aussi ceux de l’analyse non-X. Sinon il y a déséquilibre, et manipulation de la pensée.

« L’un des principaux enjeux est le clivage qui risque de structurer les prochaines élections européennes et qui oppose d’un côté les modérés aux radicaux, qui oppose les partisans de la démocratie libérale à des formes d’autoritarisme majoritaire, qui oppose encore finalement une économie sociale de marché ouverte à des tentations de repli sur les frontières et qui oppose aussi sur le plan extérieur la défense d’un système international multilatéral à une multipolarité très agressive de l’autre côté. »

Stop ! Qui sont les radicaux, du point de vue de la population : les italiens qui offrent un revenu de base aux pauvres (appauvris par le libéralisme) ou ceux qui poursuivent des politiques de rigueur synonymes de chômage de masse permanent et de souffrance sociale ? Quant à l’économie sociale de marché, elle n’en a que le nom, le joli oxymore que voilà !

Le Brexit n’est pas pour rassurer ceux, spécialistes ou responsables politiques, qui craignent pour la survie, à terme, de l’Union européenne. « Le risque d’implosion pour l’Europe est évident ! » estime même le sénateur La République en Marche (LREM), André Gattolin, membre du Mouvement Européen :

« Après le Brexit, ce risque existe en Italie, et dans d’autres pays d’Europe qui ne sont pas satisfaits, comme ceux du groupe de Višegrad (Pologne, Hongrie, Slovaquie, République Tchèque), qui disent qu’il y a “trop” d’Europe. Ces pays veulent bien obtenir davantage de subventions et d’aides européennes mais veulent pouvoir avoir la main sur une gouvernance “illibérale” ».


Gouvernance qui fait fi en effet de règles européennes comme l’indépendance de la justice ou la liberté de circulation.

Stop ! Encore un libéral convaincu appelé en renfort par les journalistes de RFI. Et il n’y a pas pire européiste antisocial que les élus LReM ! Décidément, soit RFI a des consignes, soit le ménage a été fait dans la rédaction. Sinon, pour ce qui est de l’indépendance de la justice – tous ceux qui y ont affaire pouffent – et la liberté de circulation, on nage là encore en plein dans les euphémismes : dans la bouche des eurocrates, liberté de circulation égale liberté d’invasion !

Un Parlement éclaté, sans majorité

Le risque de voir les fondements de l’UE remis en cause se situe toutefois davantage au niveau du Conseil européen des chefs d’État, analyse Thierry Chopin qui doute que les forces europhobes soient en mesure de se regrouper à l’issue des élections :

« Ces différentes forces politiques populistes comme on les appelle - et le terme est peut-être un peu trop général - désignent de manière assez confuse à la fois l’extrême droite, les conservateurs souverainistes et nationalistes, les eurosceptiques, les europhobes ; et bien sûr il englobe parfois même sous l’étiquette populiste la gauche radicale. Ce sont autant de forces qui siègent dans des groupes politiques différents au Parlement, et qui n’ont que peu de chances de s’unir davantage en mai prochain qu’en 2014. »

Stop ! C’est certain mais c’est bien l’objectif du Système, que ce soit en France ou chez ses voisins européens, que d’organiser la coupure du peuple en gauches et droites diverses, en extrême gauche et en extrême droite incompatibles. On appelle ça une prophétie autoréalisatrice ou autoréalisée.

L’idée d’une majorité parlementaire hostile à la construction européenne, et son corollaire, un vote dicté par l’idée de « faire barrage » à l’extrême droite et au populisme ne convainc pas l’eurodéputé écologiste José Bové, pour qui ces forces politiques n’auront « mécaniquement » jamais la majorité, du fait de cette hétérogénéité.

« Ils peuvent rêver comme ils veulent, aucun groupe parlementaire ne peut être majoritaire et nous travaillons donc par consensus ou par compromis. Donc il y aura, clairement, un barrage à toutes ces idées. Et c’est pour cela que je ne crois pas aujourd’hui à ce risque de Parlement européen “brun-noir” ».

Stop ! Pauvre José Bové, autrefois promis à un grand avenir polirique à gauche, avant de tenir des propos prolaestiniens en revenant de Palestine... Pauvre José Bové donc, qui tombe dans le piège oligarchique tendu pour les idiots, ou les cyniques.

Toutefois, même si le départ annoncé du Royaume-Uni, fin mars normalement, va entraîner celui d’un important contingent de députés hostiles à l’intégration comme le rappelle José Bové, toutes les études montrent que les partis eurosceptiques devraient progresser lors du scrutin du 26 mai.

À qui profite l’euroscepticisme ?

Stop ! On n’a pas encore lu la suite mais on sent venir le Russe, la Russie, le FSB, Poutine, l’ogre rouge, les chars qui déferlent sur l’Ouest... Si cela s’avère, ça prouverait que la rédaction de RFI est tombée vraiment bas, au niveau de BFM TV !

D’autant que cette évolution politique intérieure de l’Union européenne la fragilise aussi face à ses adversaires extérieurs :

« le nationalisme virulent, la forte animosité à l’égard de la construction européenne crée des tentations du côté des gens qui sont hostiles à l’Europe, en partie du côté des États-Unis, mais plus encore de la Russie, redoute André Gattolin. Tentation par exemple de renforcer la présence et les moyens d’action de cette contestation ambiante tant au niveau des Etats qu’à l’encontre des institutions européennes. »

Stop : bingo ! Gattolin n’a pas pu s’empêcher d’incriminer la Russie, même s’il a mis un petit « États-Unis » devant, histoire d’équilibrer la terreur...

La lutte contre les fausses nouvelles, à l’approche des élections, devient un autre enjeu essentiel. Le phénomène est avéré, et largement attribué à la Russie :

« Toute une série d’analyses montrent que dans les principaux scrutins qui se sont déroulés en particulier au cours des deux dernières années, il y a divulgation massive soit de fausses nouvelles soit de nouvelles dirons-nous propagandistes, rappelle André Gattolin. Ces nouvelles transitent très largement soit par des médias “officiels” comme Russia Today ou l’agence Sputnik, soit par des systèmes de faux comptes sur les réseaux sociaux. » Le vice-président de la Commission européenne, Andrus Ansip, s’en est d’ailleurs ému récemment.

Stop ! Oh non, là on tombe dans les analyses du niveau d’une Aurore Bergé ou d’une Marlène Schiappa, soit le degré zéro du sérieux, de la politique, de l’analyse.

Mais la propagande anti-Union européenne des États-Unis doit aussi être prise au sérieux. Certes l’allié de Bruxelles a toujours été, aussi, un rival, et Washington n’est pas en manque de moyens d’influence. Mais « que ces attaques viennent également aujourd’hui explicitement des États-Unis est un fait absolument nouveau, constate Thierry Chopin. Quand on voit que l’ancien conseiller du président américain Steve Bannon a récemment organisé un mouvement pour fédérer les extrêmes droites européennes, il est évident que cela doit nous inquiéter. »

Stop ! On sent que Gattolin vise plus Trump que les USA, qui sont le grand ami et le grand protecteur de l’Europe libérale. Normal, le marché européen est le premier du monde et le plus juteux pour les USA, grâce à sa faiblesse politique calculée et à ses lois pro-multinationales ! Et ce sont justement les nouveaux souverainismes qui pourraient enfin faire barrage à l’ogre américain mais ça, Gattolin ne le dit pas. Il ne va pas si loin, parce que ses principes pourraient vaciller très vite.

Faire poids face aux géants du net

Les électeurs, eux, ont parfaitement conscience des luttes d’influence et des dangers de manipulation sur Internet. Selon une étude de la Commission européenne, 59% des citoyens de l’UE redoutent l’influence d’acteurs étrangers ou de groupes criminels sur l’élection, et 67% craignent que leurs données personnelles en ligne soient récupérées à des fins de ciblage politique. En France, selon une autre étude réalisée par l’Ifop pour le colloque sur l’influence de la Russie en Europe, 68% des personnes interrogées pensent que le Kremlin a une responsabilité importante dans la propagation des fausses nouvelles.

Stop ! Le taux de fake news et d’études trafiquées dans ce paragraphe est tel que nous n’irons pas plus loin dans la contre-analyse. La preuve est faite que les médias qui étaient les plus indépendants de l’idéologie dominante ont cédé. Pour BFM TV et France Télévisions on le savait, ce n’est pas une surprise. Mais pour des médias plus sérieux et avec un acquis aussi solide que celui de RFI, ça fait mal.

En décembre, la Commission a annoncé un plan de lutte contre les fausses nouvelles et le piratage informatique, suite au vaste chantier lancé le printemps dernier sur le sujet. Mais ce pas important arrive toutefois bien tard et ses moyens sont limités. Obtenir en quelques mois des grandes plateformes numériques qu’elles jouent le jeu de la transparence relève de la gageure.

On voit bien que l’idée était de re-manipuler les opinions avant le scrutin du 26 mai. C’est loupé : une partie du peuple de France – appelée Gilets jaunes – est sortie de ce jeu truqué et ne croit plus en ces balivernes. La position des agents du Système avant ces élections qui opposeront le souverainisme au libéralisme est exactement celle des journalistes mainstream en France avant les législatives italiennes du 4 mars 2018. On connaît la suite : ils sont tous tombés de leur chaise.

Bonus

Devant Philippe Vandel d’Europe 1, le sénateur LReM André Gattolin demande à France Télévisions de faire des économies. Les journalistes de la radio qui relayent les propos de ce démocrate libéral devraient réfléchir deux fois avant d’interroger celui qui taillera peut-être dans leurs effectifs !

« 300 personnes à la communication de France Télévisions, franchement cette maison est blindée de placards ! »