Ruffin, Macron, même combat !

E&R
29/11/2019
27:07

Ruffin, Macron, même combat !

Décidément, notre proverbe « la gauche est un sous-programme de la droite pour baiser les pauvres » se vérifie une fois de plus. Le Ruffin s’est fait choper la main dans le sac macronien avec cet enregistrement qui fait mal à la Cause, à la Pureté, à la Gauche :

Ruffin  : « Moi je pense que si on réfléchit stratégie, il faut que vous soyez vivement interpellé, et publiquement, par les salariés d’Ecopla, ça fera un épisode. Et ensuite, que vous y répondiez en disant : "Moi je suis prêt à aller me déplacer sur place, ben ça fait un deuxième épisode."

Macron  : Ok, ok. […] Un : on échange sur le dossier. Deux : on vous tient au courant des avancées. Trois : vous, vous m’interpellez publiquement. Quatre : dans la foulée, on cale ensemble une date de déplacement. Le 5 octobre, ou courant fin septembre, et on voit comment on la communique ensemble.

Ruffin  : Et je pense qu’on sort d’ici en n’étant pas contents…

Macron  : Oui. En disant "vous avez fait part de"… Voilà.

Ruffin  : Tout ça, voilà. »

Seuls les naïfs seront stupéfaits devant ce petit arrangement de pré-campagne, ou déjà de campagne en 2016, sur le dos des ouvriers. La gauche française, et cela inclut la gauche de la gauche, sert de rabatteur d’électeurs pour le libéralisme (on ne parle pas de la droite, qui défend ouvertement le libéralisme), car il n’y a qu’un camp : le libéralisme. Le libéralisme possède deux faces, la droite et la gauche, mais c’est la même pièce.

D’un côté il y a Macron, de l’autre Mélenchon, ou Ruffin, puisque Mélenchon est un peu hors-jeu actuellement, et que le libéralisme, ce parti unique, a besoin de nouvelles têtes pour faire croire à un changement, une évolution. Il met en scène de nouvelles têtes dans chaque camp pour affoler les médias qui affolent un peuple en quête perpétuelle de changement. Le peuple veut du changement ? On va lui en servir, mais du changement qui ne change rien. C’est l’astuce des ingénieurs sociaux qui bossent pour le pouvoir profond, celui qui nous fait les poches par la dette.

On avait déjà révélé, entre les deux tours de la présidentielle 2017, le tour de cochon des mélenchonistes qui, après une campagne populiste de gauche, se sont ralliés à l’ennemi de classe, Emmanuel Rothschild Macron. Un rabattage parfait qui amènera 20 % des voix (du 1er tour) à un Macron qui n’en demandait pas tant, mais qui avait besoin d’un plébiscite pour sa politique de dérégulation brutale, du jamais vu en France, même celle de Sarkozy.

On pourrait se moquer des petites gens qui se sont fait berner par la paire Mélenchon-Macron hier ou Ruffin-Macron aujourd’hui, dans ce petit théâtre de boulevard à deux voix qui lisent un texte écrit dans la coulisse par un unique auteur, mais il n’est pas dans notre objectif de railler la partie crédule du peuple, ce peuple français travailleur et croyant, qui cherche toujours la sécurité et la paix. Ce peuple-là a besoin d’informations pour accéder à une lucidité qui lui permettra de mieux voter, ou de ne pas voter, au choix, ce peuple-là n’a pas besoin d’être rabaissé plus encore.

Et pourtant, ça démange quand on voit les souris qui votent pour le chat avec la complicité du chien !

Normalement, le Ruffin ne devrait pas se relever d’une telle opération, qui est somme toute bénigne : c’est ça la politique. Le service de vérification des faits de Libération a nuancé le scandale en reprenant les faits depuis le début entre le pas encore président et le pas encore député.

« Dans quel contexte cette séquence a-t-elle été enregistrée ? Au QG de campagne d’Emmanuel Macron, en septembre 2016 donc, où François Ruffin, accompagné par plusieurs salariés d’Ecopla était venu plaider la cause de l’entreprise d’aluminium alors menacée de fermeture. Le détail importe : les salariés étaient donc associés à la discussion avec Macron, là où le tweet de Juan Branco peut laisser à penser que François Ruffin a agi dans leur dos. »

Voici la défense de Ruffin publiée par Le Figaro :

« Il reste alors deux mois pour mobiliser le plus de personnes possible, pour qu’Ecopla devienne un sujet médiatique pour sauver l’entreprise. On utilise alors tout ce qui est possible pour ça. S’il faut utiliser l’aura de Macron, on l’utilise. J’étais dans un combat pour sauver des salariés d’une boîte située au fin fond de l’Isère. J’avais une carte Macron à jouer, je l’ai jouée. Et j’ai d’ailleurs joué d’autres cartes avec d’autres candidats à la présidentielle au même moment »

On pourrait croire, à entendre Ruffin, qu’il a utilisé Macron, que le futur président a été manipulé par le futur député, sinon que chacun avait à gagner dans cette opération de communication conjointe. Les salariés d’Ecopla passeront, eux, à la trappe un peu plus tard. Comme les électeurs de Mélenchon après le passage du cyclone libéral Manu.

En d’autres temps, toute entente entre la droite et la gauche était impossible, ça se tirait dessus en Russie de 1917, en Allemagne de 1930 ou en France de 1934, et à balles réelles. Le conflit gauche/droite ou peuple/oligarchie s’est adouci avec le temps et aujourd’hui, on a du mal à distinguer la droite de la gauche, elles se sont même (con)fondues dans le mouvement de Macron depuis 2017.

La gauche française est laminée, la droite française est laminée, le parti libéral unique a gagné, et les Français doivent comprendre qu’il n’y a plus de gauche ni de droite, ou alors pas celles-là. Tout a été fait pour neutraliser la lutte des classes. Alors, il reste soit à redéfinir la droite et la gauche, soit à trouver une autre ligne de partage qui ne soit pas utilisable par le pouvoir, le vrai, celui qui a avalé son opposition ou qui la contrôle.

Cette nouvelle ligne de partage peut être celle entre souverainistes et libéraux, mais les souverainistes sont peu à peu aspirés par la dominance, on le voit avec les nationaux-sionistes, ce deuxième fer au feu du pouvoir profond. Si l’on pose que ce dernier est libéral et sioniste, ce qui semble raisonnable, alors la seule ligne d’opposition est antilibérale et antisioniste. On ne nous laisse pas le choix, ou alors on arrête la politique.

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