"Si on est au SMIC, faut peut-être pas divorcer" Dans la série Z’avez qu’à pas être pauvre

E&R
05/11/2019
01:04

"Si on est au SMIC, faut peut-être pas divorcer" Dans la série Z’avez qu’à pas être pauvre

D’aucuns se demandaient pourquoi la jonction entre la Manif pour tous et les Gilets jaunes n’avait pas eu lieu. Peut-être parce qu’elle n’était pas possible. S’il est souvent ici question de cette droite décomplexée pour laquelle tous les musulmans applaudissent à chaque attentat antifrançais, cette même droite pense aussi, depuis longtemps et sans beaucoup s’en cacher, que les pauvres sont les premiers responsables de leur pauvreté. À cet égard, Julie Graziani en est une militante exemplaire.

Éditorialiste et chroniqueuse, Julie Graziani est aussi militante, à la Manif pour tous, au mouvement politique L’Avant-Garde, du côté de la droite catholique. Elle est désormais aussi connue sur les réseaux sociaux pour sa déclaration sur le plateau de 24h Pujadas, tout en subtilité et charité chrétienne.

Il est certain que son commentaire aurait pu et dû s’arrêter à « je connais pas son parcours de vie à cette dame », ça lui aurait éviter de dire de belles âneries. En résumé, qu’a-t-elle donc fait et que n’a-t-elle pas fait pour en arriver là ? À la suite de cette déclaration, sur Twitter, Julie Graziani ne fait pas profil bas.

Madame Graziani est aussi auxiliaire de justice. Comme procureur ?

Pour preuve que « quand on veut, on peut », eh ben elle, elle a pu. Comprendre que dans sa logique, cela veut dire que si vous n’avez pas pu, c’est que vous n’avez pas voulu. Un beau raisonnement pour celle qui est diplômée de HEC et agrégée de lettres modernes.

Mais le temps passant et le buzz ne faiblissant pas, bien au contraire, le rétropédalage s’avère quand même nécessaire.

On peut défendre les valeurs de courage et de travail sans sombrer dans l’arrogance de classe. De ceux qui sont parvenus à se sortir de l’ornière, mais le plus souvent de ceux qui n’ont pas eu à batailler pour se hisser socialement. L’ascenseur social serait en panne, entend-on parfois. Mais cet ascenseur n’a jamais existé que pour les catégories les plus favorisées : on descend au rez-de-chaussée par les escaliers, égalité des chance oblige, puis on remonte en ascenseur. Pour les autres, il n’y a jamais eu que les escaliers, avec des marches dont la hauteur a toujours dépendu des difficultés de l’époque. Et l’époque n’est pas facile…

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