Tromperie féministe : Le Jeu de la dame, la série Netflix sur le génie féminin des échecs

E&R
02/11/2020
57:54

Tromperie féministe : Le Jeu de la dame, la série Netflix sur le génie féminin des échecs

Le monde échiquéen risque de sourire, mais pas longtemps, car le progressisme s’insinue partout, et malheur à celui qui osera entraver cette progression vers la parité ultime. Pourtant, le monde des échecs est très masculin, et d’aucuns y voient la preuve ou la matérialisation que le cerveau gauche, ou plutôt l’hémisphère gauche, serait plus développé chez les hommes que chez les femmes – on simplifie, pour la démonstration –, ce qui les rendrait supérieurs dans l’approche logique des choses.

(Si vous la voyez tourner dans le sens des aiguilles d’une montre, c’est que vous regardez spontanément avec votre cerveau droit ; sinon, vous l’avez vue avec votre cerveau gauche)

L’hémisphère gauche serait le lieu de la création du langage, de la parole, de l’écriture, des chiffres, de la logique et de l’analyse. Il produirait plutôt une pensée séquentielle, se déployant dans le temps, reliant un mot, un chiffre, un concept après l’autre, comme on bâtit une phrase mot après mot, un mur pierre à pierre, un raisonnement pas à pas.

L’hémisphère droit, lui, serait le lieu où le cerveau perçoit la notion d’espace, la pensée sans langage, le rêve, l’imagination, les couleurs, l’intuition, la synthèse. Il pourrait associer simultanément plusieurs concepts, et procéderait plutôt par association d’éléments disparates. (reussirmavie.net)

Ceci étant posé, même si les choses sont évidemment plus complexes (il y a des femmes qui ont le sens de la logique et des hommes qui vivent dans le monde du rêve), le progressisme vient donc de frapper dans le petit monde très fermé et très masculin des échecs. Les chiffres parlent :

Aux échecs, pour la licence A (compétition), il y a 12/100 de féminines mais seulement 7/100 de féminines adultes, ce qui nous place à peu près au même niveau que le cyclisme ou le tir sportif. Si on inclut les licences B (sport loisir), on passe à 20/100 de féminines mais seulement 11/100 de féminines adultes.

Une première constatation s’impose : le passage à la compétition ou à l’âge adulte fait nettement chuter la participation féminine. Donc déjà l’explication culturelle de la désaffection féminine généralisée pour les échecs a du plomb dans l’aile : avec 20/100 nous sommes assez loin de la moyenne de 35/100 mais pas ridicules, beaucoup de petites filles s’essayent donc aux échecs.

C’est le passage à la compétition qui est un premier obstacle, mais il l’est aussi dans d’autres sports. Par contre l’abandon assez massif des féminines à l’âge adulte (quasiment la moitié des effectifs) semble être un problème spécifique aux échecs.

Quelles peuvent être les explications ? Il y a manifestement une forme de désillusion, mais pas propre aux jeux intellectuels, puisque le bridge ou le scrabble s’en sortent bien mieux. Alors quoi ? Un milieu échiquéen plus « macho » qu’ailleurs ? Un jeu plus individualiste, plus guerrier, qui finirait par lasser les femmes ? Une ambiance moins attirante ? (À part les tentatives de notre amie Christine et son célèbre gâteau au chocolat !) Ou bien encore la constatation que « finalement les échecs c’est un jeu de mecs ». Probablement un mixte de tout cela. (France échecs )

Netflix a produit une petite série à la gloire d’une joueuse d’échecs incarnée par une espèce d’Amélie Poutalin à l’américaine, Anya Taylor-Joy.

Les Inrocks, l’hebdomadaire culturel gauchiste déficitaire, ne tarit pas d’éloges sur ce projet qui sent bon le féminisme :

Si le sujet n’a pas l’air des plus alléchants à première vue – du moins pour passionner sept heures durant – il est, au contraire, habilement choisi : les spectateurs restent friands de ces personnages hors du commun. D’autant plus lorsque ces derniers se révèlent être des mathématiciens hors pair, type Will Hunting et autre Homme d’exception, domaine dans lequel le commun des mortels n’y comprend généralement rien.
Ajouté à cela le choix d’une héroïne, incarnée par l’étoile montante Anya Taylor-Joy, au jeu magistral et à l’élégance d’une jeune Hepburn (déjà aperçue dans The Witch, Split et bientôt à l’affiche du prochain préquel de Mad Max), vous obtiendrez une mini-série qui se regarde d’une traite sans le moindre effort.

Sur sa lancée, le gauchisme culturel ne freine aucunement son euphorie en fin d’article :

Beaucoup tenteront d’y voir le récit de l’émancipation d’une jeune femme dans le monde sexiste des années 1960 et le milieu exclusivement masculin des échecs. Si ce constat est en grande partie vrai, Beth ne fait face en réalité à aucune résistance, aidée même par les hommes qui l’entourent, tous amoureux et admiratifs de son talent – du geek Harry Beltik au cow-boy Benny Watts. Ce parcours idéal nous laisse un peu sceptique, pas sûr qu’il colle cette fois à un quelconque réalisme.

Traduction : une femme qui battrait des hommes ne pourrait pas être admirée ou soutenue par des hommes, ces sexistes (racistes du sexe opposé). Les Inrocks, qui se trompent de déni de réalité, oublient que les compétitions d’échecs ont été scindées en deux groupes distincts, sauf évidemment chez ceux qui les pratiquent en loisir : les hommes à gauche, les femmes à droite. Seule Judit Polgár, la grande championne hongroise, a fait une intrusion chez les mâles. Mais elle reste une exception et dans les échecs féminins, aucun nom n’a remplacé le sien dans la mémoire collective.

Jeune prodige des échecs, elle obtient en décembre 1991 la dernière norme pour le titre de grand maître international — à moins de quinze ans et cinq mois — et devient la première personne à battre le record de précocité de l’Américain Bobby Fischer, qu’il détenait depuis plus de 33 ans. Son titre de grand maître lui est décerné officiellement par la Fédération internationale des échecs au début de 1992.
Meilleure joueuse de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle avec une très confortable avance, Judit Polgár a été parfois surnommée « La Reine des Échecs ». Du fait de son haut niveau de jeu, elle ne participait plus aux compétitions réservées aux femmes mais affrontait directement l’élite masculine mondiale dans les compétitions mixtes. Elle est, à ce titre, considérée comme la meilleure joueuse d’échecs de tous les temps. (Wikipédia)

Cette série féministe qui a vocation à susciter les vocations chez les filles, ce qui est très bien pour le jeu (et pour leur cerveau gauche), si elle avait été réaliste, aurait dû être une série sur Judit Polgár ou Robert James Fischer. Malheureusement, Bobby était un homme et en plus il avait mauvais caractère : c’était un juif américain antisioniste et anti-américain, comme quoi une grande intelligence peut (et même doit) aller contre l’essentialisme.

Quoi de mieux que Biltztstream pour montrer le génie du jeune Bobby, ici âgé de 13 ans seulement ?

Conclusion sans appel

Il y a de très fortes joueuses aux échecs, mais ce n’est pas la norme. Il ne s’agit pas de machisme, mais de réalité statistique. On peut contester les chiffres, faire œuvre de fiction pour rétablir un déséquilibre naturel ou une discrimination imaginaire, mimer une crise de nerfs, imposer une loi sur la parité (la marité ?), mais la Nature s’en fout : elle n’est pas très progressiste...

Bonus dérangeant : la joueuse polonaise tricheuse

La Fédération polonaise des échecs a suspendu 2 ans de toute compétition Patrycja Waszczuk, 17 ans, pour avoir prétendument utilisé un téléphone en jouant. Le père de l’accusée a fait appel de cette décision, en clamant que les preuves étaient circonstancielles.

Waszczuk, actuelle championne de Pologne des moins de 18 ans, a été exclue du festival d’échecs d’Ustron le 16 août 2020 pour la possession d’un appareil électronique. Le résultat de sa partie de la quatrième ronde a été modifié, passant d’une nulle à une défaite. Il existe une forte suspicion de l’utilisation d’un téléphone durant ses parties, ce qui a conduit à ce bannissement de deux ans. (chess.com )

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Ouh, la tricheuse !

C’est le pompon ! Une info qui tombe très mal pour la promo bien-pensante du Jeu de la dame.

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