Marie Portolano contre Pierre Ménès ou la "salope" contre le macho

E&R
25/03/2021
07:56

Marie Portolano contre Pierre Ménès ou la "salope" contre le macho

Isabelle Moreau : « La télécommande décapsuleur, c’est quand même l’objet du fan de foot. »
Pierre Ménès : « C’est pour les mecs qui sont célibataires ça. »
Isabelle Moreau : « Ben pourquoi ? »
Pierre Ménès : « Ben sinon y a la bonne femme pour changer les canettes ! »
Isabelle Moreau : C’est minable Pierre. »
(Le Canal football club, Canal+, 15 juin 2010)

Ça devait lui arriver. Dans une atmosphère metoofiée à l’extrême, l’homme blanc de plus de 50 ans et 100 kilos Pierre Ménès, adepte des petites phrases machistes et des sorties dites beaufoïdes, est sur la sellette. Les féministes du groupe Canal l’ont désigné comme responsable de ce fameux rabaissement patriarcal qui aurait constitué, depuis plus de dix ans, un plafond de verre pour les candidates à la notoriété maison. La journaliste sportive Marie Portolano est le fer de lance de cette offensive anti-Ménès, où se mêlent féminisme, ambition et calcul médiatique.

Le dilemme est simple : soit Canal se sépare de son atout d’audience numéro un qui tire le puissant service des sports (le foot y est importantissime, surtout depuis l’effondrement de l’offre espagnole en Ligue 1), soit il le conserve et devient un bastion antiféministe. Avec tout ce que cela implique comme attaques de la presse progressiste.

En fait, la solution se trouve dans le bureau du patron de la chaîne, mister Bolloré. S’il a envie de dire « merde » aux féministes, c’en sera fini de la révolte des femmes. Elles rentreront au garage, ou dans la cuisine, pour paraphraser les sexistes. Et comme Bolloré penche nettement du côté de la droite zemmourienne – il a défendu l’agent national-sioniste attaqué en interne par la société des journalistes de CNews – , on peut s’attendre à un bras de fer épique, prélude à un changement de paradigme sociétal dans une presse qui commence à virer de bâbord à tribord.

 

En attendant, tout le monde tombe sur Pierre Ménès, qui coche plein de mauvaises cases. N’a-t-il pas, un jour de grand émoi, embrassé une journaliste sexy – Isabelle Moreau – sur la bouche ?

 

Que nos lecteurs ne se trompent pas : on n’est pas ici pour jouer aux avocats de Ménès, mais pour comprendre en quoi cette polémique intra journalistos porte en elle les enjeux de demain.

L’accusé est passé chez le juge Hanouna, dans TPMP, le 22 mars 2021, avec, on s’en doute, la bénédiction de Bolloré.

Marie Portolano invite Pierre Ménès à revisionner le geste déplacé qu’il avait eu avec sa consœur sur le plateau du show de Canal – un bisou sur la bouche – tout en lui demandant s’il regrettait son acte et s’il le referait. Ménès répond par l’affirmative avant de voir, ensuite, la réaction de la principale intéressée. Interrogée par Marie Portolano, Isabelle Moreau réagit avec émotion en revoyant les images, expliquant qu’elle trouve l’image « dévastatrice » et regrettant que ce passage circule encore sur internet. « Cette scène, je la trouve moche. Elle n’aurait pas lieu aujourd’hui, je crois. Je pense, j’espère qu’il le regrette (…) Je n’ai pas été victime de harcèlement, attention, mais je trouve que cette image est dévastatrice. Je m’en suis aperçue trop tard ».

Une nouvelle fois invité à réagir, Pierre Ménès rétorque : « Cela ne se passerait plus aujourd’hui. Je ne sais pas combien de temps ça a. 10 ans ? Elle l’a dit, au moment où ça se passe, elle ne le prend pas mal. C’est la société qui lui dicte ce qu’elle dit là (…) Elle ne s’est pas détournée. Ce n’est pas un “smack” qui va te salir, faut se calmer, quoi ! Si tu ne peux pas faire un bisou sur la bouche à une copine… Au secours, quoi ! L’image dévastatrice ? Mais là aussi faut avoir conscience de ce qu’on dit. Elle ne m’en a jamais parlé ! C’est aussi ça que je ne comprends pas. Je ne comprends pas que tu juges un truc d’il y a 10 ans à l’aune de ce que te dicte la société d’aujourd’hui. Je trouve ça malhonnête. Je regrette ? Non. Je regrette sa réaction ! Profondément. Je suis même assez choqué… ». ( Football365)

Les témoins défilent au procès. Après l’accusation de sexisme, vient l’accusation de racisme. En général, dans l’éventail des péchés du progressisme, tout va ensemble. Quand on coche la case sexisme, on coche homophobie, racisme, antisémitisme et compagnie. Dans les petites phrases de Ménès, nous avons retrouvé ça :

Le SMS de Laurent Nicollin, président délégué de Montpellier : « On va les enculer ces PD de Nîmois. »
Pierre Ménès : « Mais enculé et pédé c’est de la ponctuation dans le midi, c’est pas grave. » (100% Foot, M6, 9 novembre 2008)

Mais le plus grave arrive : le jeu FIFA avec la voix de Pierre Ménès !

Là encore, on a été chercher des saillies ménésistes.

L’animateur explique l’insuccès de l’équipe nationale d’Angleterre : « Pis y a trop d’étrangers. Enfin, y a trop d’étrangers… » (100% Foot, M6 25 mars 2007)

Sur l’équipe de Portsmouth : « Y a que des Blacks, y a Campbell, Lauren, Benjani, Kanu, Muntari, Lassana Diarra, David James dans les buts, c’est une originalité, c’est une équipe où y a que des Blacks sauf un joueur de banc. » (Match retour, L’Équipe TV, 18 janvier 2008)

« Trouve-moi une équipe de Ligue 1 où y a pas au minimum 5 Blacks dedans et quand je te dis 5 Blacks c’est vraiment un minimum. […] En Angleterre y a aucun problème de racisme, je suis désolé, aucun. » (100% Foot, M6, 24 février 2008)

« Oui, enfin, les tensions qu’il y avait dans l’équipe des Pays-Bas, c’était en général le clan des Noirs contre le clan des Blancs, hein, y a quasiment que des Blancs, donc y a moins de clans. » (100% Euro, M6, 13 juin 2008)

Alors, raciste ou pas raciste ? Tout n’est donc pas si simple !

Pierre Ménès, qui évolue depuis des décennies dans le milieu du foot, n’est pas raciste. C’est juste un patriote qui, à la manière d’un Thierry Roland, balance parfois quelque vanne ou perfidie franchouillarde. Mais ce n’est rien à côté de la violence qui gangrène le foot amateur ! Pas besoin de vous faire un dessin ou de revenir sur les matches du dimanche qui finissent mal, avec l’équipe visiteuse barricadée dans les vestiaires, la moitié de la cité faisant le siège de la forteresse avec pics, hallebardes et brise-têtes.

Mais pour la presse gauchiste, il n’y a pas de circonstances atténuantes : l’impudent a trop péroré sur son puissant canal, attirant chaque dimanche soir dans son Canal Football Club plus de fidèles que Téléfoot sur TF1. Et en cas de PSG-OM, on passe de un à deux millions de téléspectateurs, et Maxime Saada est content. Toujours, dans le capitalisme, le résultat compte plus que la manière. La Morale, si le Profit ne peut pas faire autrement, il s’assoit dessus.

Cette résistance de la chaîne, qui protège (pour l’instant) son atout populaire devant les hurlements des chiens et chiennes de garde des médias, est un drôle de renversement si l’on songe que Canal+ a constitué pendant plus de trois décennies le réacteur nucléaire de la bien-pensance, la chaîne donnant le la du progressisme.

 

Cette contradiction interne se reflète dans la petite coupe qu’a subi le documentaire de Marie Portolano intitulé Je ne suis pas une salope, je suis journaliste !, une polémique résumée par le média Les Jours, une escouade de journalistes issus de l’écurie Libé.

Démasquer et faire face aux biais inconscients et au sexisme en particulier au travail. » Une entreprise qui organise ce genre de conférence à l’attention de ses salariés, y a pas à dire, c’est une bonne boîte. Et cette boîte, c’est Canal+ qui, ce mardi, proposait ce rendez-vous à ses employés avec, promettait l’annonce sur l’intranet du groupe consultée par Les Jours, « des exemples concrets de biais générateurs de racisme ou de sexisme (qui) nous permettront de commencer à réfléchir à la manière de les corriger ». Attendez, mais Canal+, n’est-ce pas cette chaîne qui, ainsi que le révélaient Les Jours dimanche, a expurgé le documentaire de Marie Portolano Je ne suis pas une salope, je suis journaliste ! des séquences mettant en cause Pierre Ménès ? La chaîne qui a ainsi couvert ses atteintes sexuelles envers deux femmes, à commencer par l’autrice du film ? Les « exemples concrets » ne seront pas à chercher bien loin. Tenez, selon nos informations, c’est fait pour la journaliste de sport Laurie Delhostal : poussée dehors, elle quittera formellement la chaîne au mois de juin.

Il manque juste l’écriture inclusive... Et maintenant, pour la bonne bouche, un florilège des petites phrases de Pierre Ménès. on remarquera que les saillies anti-gonzesses ne sont rien devant les saillies anti-footballeurs. Il faut donc relativiser les choses. On a retiré les sources mais que le lecteur pointilleux se rassure, tout est sourcé. La plupart des ménesseries ont eu lieu sur M6, dans l’émission culte 100 % Foot, très rentre-dedans, et sur Canal, dans le CFC, plus consensuel.

Mais avant toute chose, une déclaration faite chez Philippe Vandel sur Paris Première, avant son transfert sur Canal+...

« Le succès de 100% Foot, t’es venu une fois, c’est notre franchise, c’est le fait qu’on s’engueule, c’est le fait aussi qu’il y a une bonne ambiance sur le plateau, si on commence à faire du Canal+, à dire “tout le monde est formidable, le match exceptionnel, un but magnifique”, les gens vont s’emmerder. (...)
C’est toujours ça qui m’a bluffé, c’est quand même une chaîne extrêmement corrosive, y a eu Karl Zéro, y a Les Guignols, y a le Grand Journal que vous avez montré tout à l’heure, et dans le foot c’est Le Monde merveilleux de Walt Disney. »

Les ménesseries

« Les gens aiment pas quand je suis gentil. Les gens aiment le vice et la douleur. »

« Qui c’est qu’a recruté Kluivert  ? J’vais dire quelque chose, c’est pas la peine après d’envoyer sur les forums genre “t’es gros gna gna gna”, il est gras comme un goret Kluivert, il est énorme, là ils ont deux Kluivert, pour le prix d’un, c’est le seul mec peut-être à qui je pourrais demander un maillot ! »

« Gallas et Thuram ils peuvent remettre le même maillot sans le laver hein, ils ont fait 20 mètres dans le match, à un moment donné c’est gonflant, quoi. »

« Deuxième chose hyper choquante, c’est Lilian Thuram qui quand même depuis qu’ils porte des lunettes en gros nous bassine avec les droits de l‘homme… Et pour un mec qui nous bassine avec les droits de l‘homme je trouve qu’il a une conception extrêmement expéditive de la justice. »

« Je n’ai jamais entendu un joueur dire du mal de Laurent Blanc, ce qui n’est pas quand même faut bien le dire le cas absolu de Didier Deschamps. »

« Comment pouvez-vous imaginer que Patrice Evra portera encore le maillot de l’équipe de France après ça ?... Je pense qu’il est pas grillé, il est charbon, il est carbonisé ! »

« Félicitations à Thiriez quand même de vendre aussi cher un championnat aussi nul. »

« Il y a une commission de discipline pour ça, il n’y a pas besoin du conseil national de la branlette, je suis désolé ça ne sert à rien. »

« Quand même, Aulas et Houiller, si ils prennent pas les gens, là, à commencer par les médias, pour des cons, c’est quand même terrible. »

« Y a tellement de gens qui comparent Aulas à Ceausescu. »

« Le milieu du foot c’est bien un milieu de langues de putes. »

« C’est quand même beaucoup plus facile de sanctionner un Turc qu’un Allemand pour l’UEFA. »

« Franchement dès la Marseillaise j’ai trouvé qu’il [Benzema] avait une tête bizarre.. »

« Mais le mec [Cantona] avec la barbe là qui la ramène, c’est le mec qui a traité un sélectionneur de “sac de merde”, qui a jeté son maillot dans un match amical, qui a agressé un supporter pour tenir des propos comme ça, le minimum, le minimum c’est d’avoir le cul un peu propre. »

« Taiwo c’est pas un joueur de football, c’est une tondeuse à gazon. »

« Les meneurs de la grève hier sont Abidal, Gallas et Evra. »

On a gardé la meilleure pour la fin.

« Si Cissé avait piloté l’avion, les tours jumelles seraient encore debout. »

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L’ex-défenseuse des droits des femmes, devenue la pasionaria du national-sionisme, tout sourire chez Haziza, l’homme qui agressait des femmes sur LCP, un must !
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